Alors que le mois d’Octobre Rose, grande campagne annuelle de communication destinée à sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein et à lever des fonds pour la recherche, bat son plein à Monaco, la présidente-fondatrice de l’association Pink Ribbon, Natasha Frost-Savio, revient sur les actions menées cette année. Pour elle, « réussir à dédramatiser l’autopalpation, c’est l’une des clés pour sauver des vies ».
Une nouvelle fois, plusieurs bâtiments de la principauté ont été éclairés en rose dans le cadre d’Octobre Rose : c’est un symbole fort de l’engagement monégasque pour cette opération ?
Absolument. Certes, l’éclairage des bâtiments publics en rose n’est pas une idée uniquement monégasque, puisque cela se fait dans de nombreuses villes de par le monde, mais c’est incontestablement devenu un moment très fort, avec le soutien du gouvernement princier. Cela fait tout de même treize ans que ces illuminations ont lieu ! C’est le « vrai » démarrage d’Octobre Rose à Monaco, en plusieurs lieux emblématiques de la principauté : le Conseil national, le musée océanographique, le casino de Monte-Carlo, l’hôtel de Paris, le musée d’anthropologie, le Méridien Beach Plaza… Le tout avec l’idée de s’adresser à la fois aux femmes atteintes par un cancer du sein, qui luttent donc au quotidien contre la maladie, et à celles qui sont en bonne santé, mais qui doivent prendre l’habitude de vérifier, régulièrement, qu’elles se portent bien.
« L’auto-examen reste un acte de vigilance impératif pour les femmes, pour détecter très rapidement toute anomalie suspecte, et pour aller voir tout de suite un praticien de santé »
À l’occasion d’Octobre Rose, l’association Pink Ribbon a lancé une nouvelle brochure consacrée à l’auto-examen : de quoi s’agit-il exactement ?
Notre brochure vient rappeler que l’auto-examen reste un acte de vigilance impératif pour les femmes, pour détecter très rapidement toute anomalie suspecte, et pour aller voir tout de suite un praticien de santé. Il faut que cela entre dans l’hygiène de vie des femmes. Comme on va chez le dentiste pour faire le point et pour faire un détartrage, il faut penser à l’autopalpation. Il y a une raison toute simple à cela : détecté à temps, le cancer du sein se soigne très bien, avec plus de 90 % de rémission. Plus on retarde le dépistage, plus les risques grandissent.

Quel est l’objectif de cette brochure ?
Avec notre brochure qui est en cours de distribution et qui sera prochainement disponible sur le site Internet de Pink Ribbon, nous essayons d’aborder ce sujet de manière décomplexée, ludique, et légère. Tout en restant, évidemment, pertinents et éducatifs. Au fond, l’idée, c’est qu’il faut décomplexer les femmes face à l’autopalpation, face aux examens que pourrait être amené à réaliser un médecin, et face à la mammographie. Réussir à dédramatiser cela, c’est l’une des clés pour sauver des vies.
« Détecté à temps, le cancer du sein se soigne très bien, avec plus de 90 % de rémission. Plus on retarde le dépistage, plus les risques grandissent »
La société monégasque est-elle réceptive à ce message ?
Ce message n’est plus tabou, ce qui est déjà un bon point. Monaco est en endroit très réceptif, avec une véritable ouverture d’esprit. Cela ne signifie pas qu’il n’est plus nécessaire de parler du cancer du sein, mais cela veut dire que l’on peut faire de très belles choses en matière de sensibilisation. Nous travaillons, par exemple, en étroite collaboration avec le centre hospitalier princesse Grace (CHPG), qui vient notamment de faire l’acquisition d’un buste pédagogique d’autopalpation, baptisé Rosie. Désormais, et tout au long de l’année, les entreprises de la principauté peuvent bénéficier, dans leurs locaux, d’ateliers Pal’Patrouille, composés de professionnels du CHPG, destinés à sensibiliser les femmes à l’autopalpation.
« Tout au long de l’année, les entreprises de la principauté peuvent bénéficier, dans leurs locaux, d’ateliers Pal’Patrouille, composés de professionnels du CHPG, destinés à sensibiliser les femmes à l’autopalpation »
Vous avez d’autres partenaires ?
L’AS Monaco reste un partenaire très engagé à nos côtés. Le club communiquera prochainement sur ce qu’il compte mettre en place lors du match Monaco-Metz du 22 octobre 2023 [Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 17 octobre 2023 — NDLR], mais je sais déjà qu’il y aura à cette occasion une belle mise en valeur de l’opération Octobre Rose. Au sein de l’ASM, ils ont compris que le message de l’autopalpation ne concerne pas que les femmes, et que les hommes ont aussi un rôle à jouer pour apprendre à leurs compagnes et à leurs filles, les gestes qui pourraient les sauver. Enfin, je souhaite souligner l’importance du comité des droits des femmes de Monaco, qui s’associe pleinement à nos actions tout au long de l’année. Protéger la santé des femmes, apprendre à mieux connaître son corps, c’est aussi une façon de lutter pour les droits sociaux des femmes.

CHPG : un parcours en une journée autour du cancer du sein
Depuis quelques mois, le centre hospitalier princesse Grace (CHPG) propose en ses locaux un « BreastDay Center », un parcours en une journée autour du cancer du sein. Il repose sur un parcours rapide de diagnostic des pathologies du sein, en un seul lieu, avec la réalisation de tous les examens nécessaires, et la mise à disposition des résultats le jour même. Ce parcours s’adresse à deux types de femmes : toute patiente souhaitant consulter pour un avis médical devant une suspicion de cancer du sein d’une part, et, d’autre part, toute patiente ayant une anomalie radiologique à la mammographie ou à l’échographie, ayant ou n’ayant pas encore eu de biopsie, souhaitant un deuxième avis. Pour prendre rendez-vous, il convient de contacter le +377 97 98 99 55, ou d’envoyer un e-mail à l’adresse contact.sein@chpg.mc.
Examen : comment effectuer une autopalpation mammaire ?
L’autopalpation doit être réalisée au moins une fois par mois, en dehors de la période des menstruations. Pour cela, il faut se tenir assise ou debout, devant un miroir, le dos droit et les bras le long du corps. Ensuite, il faut tout d’abord évaluer visuellement votre poitrine à la recherche de toute rougeur, asymétrie, bosse, tâche, croûte, lésion, écoulement mamelonnaire, coloration de la peau, inversion des mamelons ou capitons inhabituels. Une fois cet examen visuel terminé, il faut palper chaque sein l’un après l’autre, avec la main opposée (main droite pour le sein gauche, main gauche pour le sein droit). Vous pouvez, par exemple, effectuer de petits cercles avec les bouts des doigts jusqu’à l’intérieur, en appuyant d’abord doucement, puis de plus en plus fort, à la recherche d’anomalies superficielles et profondes. N’oubliez pas la zone entre le sein et l’aisselle, et l’aisselle, en elle-même. Soyez attentive à tout ce qui sort de l’ordinaire : bosse, durcissement, poche, douleur, picotement, démangeaison, masse, bouton, durcissement… En cas de doute, consultez dans les plus brefs délais un médecin. Attention : l’autopalpation ne remplace pas l’examen clinique réalisé tous les ans par votre médecin, votre gynécologue, ou votre sage-femme. Il ne remplace pas, non plus, la mammographie pour les femmes de 50 à 74 ans, capable de dépister des anomalies qui ne seraient ni visibles, ni palpables.



