Edito n°1367 : Piment

Après avoir changé de nom en février 2025 pour devenir le « Tag Heuer Grand Prix de Monaco », et disposer pour la première fois de son histoire un sponsor-titre, la course de Formule 1 (F1) monégasque va afficher une autre nouveauté pour son édition 2025. En plus de ce contrat avec la marque d’horlogerie suisse dont le montant n’a pas été révélé, le dimanche 25 mai 2025, les pilotes devront effectuer deux arrêts, au minimum, lors de la course, au lieu d’un seul pour les autres Grands Prix. Objectif : tenter d’insuffler de l’incertitude, et donc du piment, à cette course souvent critiquée ces dernières années pour son manque d’intérêt. En octobre 2024, Le Figaro a classé tous les circuits de la saison, et Monaco pointait alors à la 15ème place : « Le meilleur moment du GP de Monaco ? La qualification, où les pilotes prennent le maximum de risques entre les rails pour signer la pôle et les à-côtés où les stars se précipitent. C’est stress et paillettes. Pour le reste, l’ennui est souvent au rendez-vous. Il est quasi impossible de doubler (aucun dépassement en 2003 et 2021). Parfois, la pluie amène un peu de piment à un plat bien fade. » Avec un total de 82 dépassements, le Grand Prix inaugural de Las Vegas, en 2023, a enregistré deux fois plus de franchissements que les cinq Grand Prix de Monaco réunis, entre 2019 et 2024. De son côté, avec 41 dépassements en cinq Grand Prix, Monaco souffre donc d’un manque de spectacle, auquel la commission de la F1 a décidé de remédier, mi-février 2025, en imposant donc ces deux arrêts obligatoires sur le circuit monégasque. Cette décision a ensuite été validée par le conseil mondial du sport automobile de la fédération internationale de l’automobile (FIA), le 26 février 2025. Reste désormais à savoir si cette mesure sera suffisante pour tirer le suspense vers le haut. Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 4 mars 2025, les réactions des pilotes étaient peu nombreuses et discrètes. Certains observateurs estiment néanmoins que cette réforme sera quasiment sans effet, avec des dépassements qui se dérouleront dans les stands, et pas sur la piste. D’autres ont déjà des idées pour exploiter ce nouveau règlement. « Ma première pensée en lisant cela a été que si je partais dernier au Grand Prix de Monaco, je m’arrêterais dès le premier tour, puis au deuxième tour, et je n’aurais plus d’arrêts aux stands à faire. Je pourrais me rapprocher de l’arrière du peloton et, je l’espère, devancer les autres lorsqu’ils effectueront leurs deux arrêts plus tard », a expliqué à Auto Hebdo, Bernie Collins, ex-stratégiste chez McLaren et Aston Martin, désormais consultante pour Sky Sports F1. Quelle attitude adopteront les écuries de tête ? Pour l’instant, les réflexions sont sans doute en cours. Dans les tribunes et à la télévision, le public pourra juger fin mai 2025 si ce nouveau règlement impacte suffisamment le déroulement de la course dans les rues de la principauté. Faute de quoi, il sera difficile de faire l’économie d’une nouvelle réflexion à ce sujet.