Edito n°1313 : Ras-le-bol 

Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 19 décembre 2023, le Conseil national devait se prononcer sur le vote du budget prévisionnel 2024. Si tout n’est pas encore réglé entre les conseillers nationaux et le gouvernement, l’ambiance est un peu plus détendue qu’en octobre dernier. Le ton était monté au point que le prince Albert II intervienne par le biais d’un communiqué de presse pour calmer les esprits. Les élus ont étudié une loi de budget qui fait état pour 2024 de 2,046 milliards d’euros de recettes, pour 2,060 milliards d’euros de dépenses, et un déficit de 14 millions d’euros. Parmi les nombreux sujets abordé à l’occasion des quatre séances budgétaires, le dossier de la mobilité est une nouvelle fois revenu sur le devant de la scène. Les conseillers nationaux ont encore plaidé en faveur d’un plan global d’équipement et de mobilité. Parmi les solutions avancées par le gouvernement monégasque, le projet de création d’un parking relais à la Brasca a fait débat. « Je suis mal à l’aise avec l’idée de faire une cathédrale de béton pour pour stocker des voitures qui feront 90 % du chemin jusqu’à Monaco en polluant, et qui viendront s’y garer avec un impact carbone qui ne sera pas, je pense, très favorable. Alors qu’il existe déjà une infrastructure, le train, qui semble figée dans le temps, et pas améliorable », a lancé le conseiller national Roland Mouflard. Alors que Monaco verse 8 millions d’euros par an à la SNCF, la nouvelle convention avec l’Etat monégasque n’est toujours pas signée. En cause, un service jugé insuffisant et une communication difficile avec la direction de cette entreprise ferroviaire publique française. Après avoir exprimé son mécontentement lors d’une séance publique en octobre 2023, la conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement, et l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni, a estimé que cela avait été utile. Les discussions ont repris. « Nous sommes donc en train de remettre nos compteurs à zéro pour réécrire le service », a indiqué Céline Caron-Dagioni. Le passage au système européen de signalisation European rail traffic management systems (ERTMS), qui permet de faire circuler davantage de trains sur une ligne, a été présenté comme une bouffée d’oxygène pour les dizaines de milliers de salariés qui prennent quotidiennement le train pour venir travailler en principauté dans des conditions souvent très difficiles. Aux heures de pointe, les rames de TER sont saturées, entraînant parfois des malaises chez les usagers. Mais il faudra attendre 2027 pour que l’ERTMS soit déployé dans les Alpes-Maritimes, selon le vice-président chargé des transports à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), Jean-Pierre Serrus. D’ici là, il faudra trouver d’autres leviers à actionner pour améliorer le quotidien de salariés souvent ulcérés par les difficultés qu’ils rencontrent pour venir travailler à Monaco. Et éviter un ras-le-bol général.

Toute l’équipe de Monaco Hebdo se joint à moi pour vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année. Retrouvez Monaco Hebdo n° 1314 chez votre marchand de journaux habituel jeudi 11 janvier 2024.