« Bleue », l’édito de Monaco Hebdo n°1419

À l’occasion de son vingtième anniversaire, la fondation prince Albert II de Monaco ouvre un nouveau chapitre de son développement. La nomination récente de son vice-président et administrateur délégué, Romain Ciarlet, s’inscrit dans une continuité marquée par la poursuite de la montée en puissance des enjeux environnementaux à l’échelle internationale. Fort d’un parcours de quinze années au service du prince Albert II, dont plusieurs expériences diplomatiques en Allemagne et en Russie, ce nouveau dirigeant incarne une trajectoire transversale, à l’image des missions de cette structure. Ancien directeur exécutif de cette fondation, il a piloté une série d’initiatives liées à l’économie et à la finance bleue, avec pour objectif de parvenir à déployer un écosystème réunissant investisseurs, innovateurs et acteurs publics. Depuis sa création par le prince Albert II, la fondation participe aux actions de conservation environnementale, en particulier en Méditerranée, où elle soutient plusieurs initiatives. C’est sur ce territoire qu’elle concentre une part importante de ses actions, notamment en matière de protection des aires marines, de préservation d’espèces menacées et de lutte contre la pollution plastique. Mais il est aussi question de voir au-delà du bassin méditerranéen. La fondation entend renforcer son action dans les régions polaires et dans les pays les moins avancés, conformément aux orientations souhaitées par le prince. Ces initiatives visent à coordonner efforts scientifiques, philanthropiques et économiques, notamment à travers des rencontres internationales, comme l’explique Romain Ciarlet dans l’entretien qu’il a accordé à Monaco Hebdo. Le développement de la finance bleue constitue l’un des axes majeurs développé par la fondation. Ainsi, le fonds ReOcean, destiné à soutenir des entreprises innovantes, illustre cette volonté de mobiliser des capitaux privés au service de la transition écologique. Parallèlement, le Blue Economy and Finance Forum, organisé à Monaco en 2025, a réuni un large éventail d’acteurs internationaux, générant plusieurs milliards d’euros d’engagements. La fondation revendique également un rôle d’appui au rayonnement international de la Principauté. Sans se substituer à l’action gouvernementale, elle contribue au “soft power” monégasque, en mobilisant un réseau d’acteurs issus de la société civile, de la recherche et du secteur privé. Son implication dans des travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur l’océan et la cryosphère en témoigne. Dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, elle poursuit ses actions, en s’appuyant sur une vision de long terme, tout en misant sur des initiatives de sensibilisation pour maintenir l’attention sur les enjeux environnementaux. Et ce travail est très important, notamment face à la désinformation portée, par exemple, par des associations comme celle des « climato-réalistes » (ACR), qui dénonce un « complot » du GIEC. Créée en 2015, l’ACR est présidée par le mathématicien Benoît Rittaud et elle est intégrée au sein d’un véritable réseau international de déni climatique, notamment l’European Climate Realist Network (ECRN). Face à ce mouvement, les différents rendez-vous qui viendront rythmer cette année anniversaire pour la fondation prince Albert II ne seront pas de trop pour rappeler à quel point l’urgence climatique est plus que jamais une réalité.