« Avenir », l’édito de Monaco Hebdo n°1420

Cette semaine dans Monaco Hebdo, nous donnons la parole au président de la la Société d’Exploitation des Ports de Monaco (SEPM), Aleco Keusseoglou. Dans cet entretien, il présente un bilan, vingt ans après la création de cette entreprise chargée d’exploiter les ports de la Principauté. C’est l’occasion pour lui d’évoquer la modernisation du port Hercule, la diversification de ses activités, mais aussi la persistance d’une forte tension sur les capacités d’accueil. Depuis le début des années 2000, le port Hercule et ses installations ont été progressivement rénovées, avec le remplacement des pontons, la mise à niveau des équipements sous-marins et l’électrification complète des quais pour permettre le branchement des navires. Pour continuer à se développer, la SEPM a aussi misé sur d’autres leviers, notamment des services de conciergerie et la mise en place d’une tarification qui intègre des critères environnementaux via le Sea Index, qui classe les yachts selon leur impact. Quant à l’électrification de la digue destinée aux navires de croisière, elle est espérée pour 2030. Sur le plan économique, cette entreprise affiche une progression de son chiffre d’affaires, qui a atteint 33,4 millions d’euros en 2025, contre 30,6 millions en 2024. Elle emploie 45 salariés permanents, complétés par une dizaine de saisonniers en période estivale. Depuis vingt ans, la SEPM indique avoir reversé 281,5 millions d’euros à l’État monégasque, au titre des redevances, de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des dividendes. Les investissements réalisés sur les infrastructures, notamment la digue flottante et l’avant-port, sont amortis, précise Aleco Keusseoglou. Quant à la principale difficulté, elle est connue depuis longtemps. Il s’agit toujours de la gestion de la demande d’emplacements. La liste d’attente pour obtenir une place à Monaco reste longue, en particulier pour les unités de petite plaisance de moins de 14 mètres. Selon le président de la SEPM, l’ouverture du port de Cala del Forte, à Vintimille, en 2021, a permis d’accueillir une partie des grands yachts, mais elle n’a pas permis de résorber la demande globale. En effet, ce site affiche aujourd’hui un taux d’occupation qui frôle les 98 %. Problème : la majorité des demandeurs privilégie un emplacement en Principauté, et notamment les résidents monégasques pour la petite plaisance. Cette situation contribue à maintenir un écart durable entre l’offre et la demande. Le futur de la SEPM passe donc nécessairement par une croissance à l’extérieur des frontières de la Principauté. Ainsi, la SEPM est candidate à la reprise pour la gestion du port de Civitavecchia, à Rome. Ce projet d’aménagement prévoit l’équipement du bassin existant en pontons et en installations électriques. À Cap-d’Ail, la SEPM se dit aussi candidate à la reprise de la concession portuaire, avec un projet d’aménagement incluant la restructuration des installations et le développement d’une offre immobilière et hôtelière. C’est une certitude : plus que jamais, l’avenir de la SEPM se dessine hors de Monaco.