dimanche 19 avril 2026
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La sécurité financière, nouvelle composante de l’attractivité

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Henri RIEY
© Photo D.R.

Henri Riey, qui a travaillé dans le domaine de la gestion pour compte de tiers pendant 20 ans pour Paribas et Barclay’s, plaide notamment pour la création d’une Caisse des dépôts à Monaco.

«L’annonce par la banque américaine JPMorgan Chase & Co, d’une perte d’« au moins » deux milliards de dollars dans ses activités de trading pour compte propre montre, s’il en était encore besoin, que rien n’a changé ou presque dans le secteur financier et que l’autorégulation, maintes fois promise, ne fonctionne pas. Cette situation, alliée aux craintes que fait actuellement peser sur la liquidité du secteur financier l’accélération des retraits des déposants, en Grèce et en Espagne notamment, amène à penser qu’en matière de sécurité financière en général et bancaire en particulier, la Principauté, dont la réputation en matière de sécurité des biens et des personnes est mondialement reconnue, peut et doit être exemplaire, dans l’intérêt bien compris de ses résidents… comme dans le sien.
Bien sûr, François Hollande a promis de « (séparer) les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives » (engagement n° 7) mais cette formulation est suffisamment vague pour que, désormais Président de la République, il n’impose pas une stricte séparation des activités de banque de dépôt et de banque d’investissement, seule susceptible de mieux garantir les dépôts des clients. Et, dans ces conditions, la Principauté doit se préparer à agir vite et seule s’il apparaissait qu’effectivement la réglementation française n’allait pas assez loin dans cette direction.
Indépendamment de cette mesure, il est impératif de mettre un terme à la situation qui prévaut actuellement dans la gestion collective et qui veut que les professionnels du secteur, qui n’ont pour la plupart jamais géré que des fonds, jouissent d’un pouvoir exorbitant simplement parce qu’ils ne sont pas soumis aux mêmes règles de gouvernance et de transparence que les entreprises dans lesquelles ils investissent les capitaux que leurs clients, épargnants et investisseurs, leur confient.

Favoriser la création de SICAV
Pour cela, la Principauté doit favoriser la création de SICAV à Directoire et Conseil de surveillance qui sont certes déjà autorisées dans certains pays mais pas utilisées. Le Directoire aurait en charge la gestion opérationnelle de la SICAV tandis que le Conseil de surveillance, élu par les actionnaires et composé exclusivement de membres sans lien avec ceux du Directoire, aurait pour mission de s’assurer de la qualité de la gestion financière (les performances) et administrative (la comptabilité) de la SICAV de même que de la solidité du dépositaire des titres, élément longtemps négligé bien que déterminant. Et il pourrait demander aux actionnaires, réunis en assemblée générale, l’autorisation de lancer un appel d’offres pour désigner un nouveau prestataire (gestionnaire financier, comptable ou dépositaire), le choix de celui-ci, une fois arrêté, étant validé en assemblée générale (où le vote électronique serait autorisé afin de simplifier les procédures administratives).

Sécurité inégalée
On l’aura compris, en créant une structure permettant à la majorité des actionnaires de désigner non seulement le dépositaire de leurs capitaux mais aussi le gestionnaire et le comptable, on inverse le rapport de forces et remet le système financier à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter, celle d’un intermédiaire au service de ses clients. Ainsi, la Principauté serait en mesure d’assurer à ses résidents (comme à elle-même, sous réserve que soit créée une SICAV de ce type pour la gestion de la partie des capitaux du FRC investie sur les marchés financiers) une sécurité financière inégalée dont elle tirerait un triple bénéfice en matière d’attractivité, de réputation et de sécurité et que seule la création d’une « Caisse des Dépôts », au sens littéral du terme, auprès de laquelle les déposants seraient assurés de récupérer l’intégralité des sommes qu’ils y auraient déposées, quel que soit leur montant, serait susceptible de renforcer. »

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