AccueilActualitésDe Michel Drucker à The Walking Dead, Monaco fait zapper les époques

De Michel Drucker à The Walking Dead, Monaco fait zapper les époques

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Pour sa 65ème édition, le festival de télévision de Monte-Carlo met résolument en lumière celles et ceux qui façonnent le petit écran. De Jeffrey Dean Morgan et Lauren Cohan, attendus pour l’avant-première de The Walking Dead : Dead City, à Michel Drucker, honoré pour l’ensemble de sa carrière, en passant par Ester Expósito, Matthew Broome, Kristin Scott Thomas ou Kurt Russell, la Principauté s’apprête à accueillir un concentré de talents internationaux. Par Clément Martinet

C’est une histoire de visages. Ceux qui, pendant quelques jours, donneront au festival de télévision de Monte-Carlo son éclat le plus visible, son rythme, sa respiration presque mondaine. Pour sa 65ème édition, la manifestation monégasque s’ouvre sous le signe d’un casting international où se croisent icônes installées et talents en devenir. Parmi les présences les plus attendues, Jeffrey Dean Morgan et Lauren Cohan viendront défendre l’avant-première mondiale de The Walking Dead : Dead City, prolongement direct de l’univers de The Walking Dead, dont le tout premier épisode a été diffusé en octobre 2010 aux Etats-Unis, sur la chaîne AMC. Accompagnés du “showrunner” Seth Hoffman, ils incarneront cette capacité de la télévision contemporaine à bâtir des franchises globales, capables de fédérer des publics sur plusieurs continents. Dans cette nouvelle saison, leurs personnages tentent d’ériger une forme d’ordre au cœur d’un Manhattan ravagé, où la mémoire des conflits passés menace de compromettre toute reconstruction.

La Nymphe d’Honneur sera remise à Michel Drucker, figure tutélaire du paysage audiovisuel français, en présence du prince Albert II

Michel Drucker à l’honneur

Le festival, fidèle à sa tradition, reste aussi un théâtre de consécration. La Nymphe d’Honneur sera remise à Michel Drucker, figure tutélaire du paysage audiovisuel français, en présence du prince Albert II. Une carrière de plus de soixante ans, traversant les âges de la télévision, du commentaire sportif à l’animation de formats devenus institutionnels, sera ainsi saluée. À travers lui, c’est une certaine idée du lien entre la télévision et son public qui est distinguée — faite de continuité, de proximité et d’une forme de fidélité rare. La relève, elle, s’avance avec assurance. Ester Expósito recevra la Nymphe d’Or du meilleur espoir international. Révélée par lors du lancement de la série Élite en 2021, elle incarne une génération d’acteurs dont la trajectoire se construit immédiatement à l’échelle mondiale, entre productions européennes, latino-américaines et américaines. À ses côtés, Matthew Broome sera distingué lors de la clôture, symbole d’un autre mouvement de fond : celui d’acteurs formés sur les scènes classiques, mais propulsés par les plateformes vers une visibilité globale.

La Nymphe de Cristal sera attribuée à Kristin Scott Thomas, dont la carrière traverse sans rupture cinéma, théâtre et télévision

Kristin Scott Thomas et Kurt Russell

Les hommages se poursuivront avec la Nymphe de Cristal, attribuée à Kristin Scott Thomas, dont la carrière traverse sans rupture cinéma, théâtre et télévision. Du Patient anglais (1996) à Quatre mariages et un enterrement (1994), elle a imposé une ligne de jeu à la fois sobre et exigeante, entre deux cultures. Autre figure célébrée, Kurt Russell incarne une longévité rare à Hollywood, des collaborations avec John Carpenter aux films de Quentin Tarantino, en passant par une filmographie qui mêle succès populaires et œuvres devenues cultes. Le 16 juin 2026, au Grimaldi Forum, la cérémonie des Nymphes d’Or viendra clore cette séquence, sous la conduite de Ricky Whittle et Louise Ekland. Fiction, information et formats digitaux y seront jugés par des jurys distincts, dans un contexte où la reconnaissance critique agit comme un véritable accélérateur de carrière et de diffusion. Mais derrière l’éclat des tapis « bleus » et la mécanique bien rodée des distinctions, ce festival revendique une profondeur plus ancienne. Depuis sa création en 1961 sous l’impulsion du prince Rainier III, il s’est imposé comme un observatoire des transformations du petit écran, accompagnant les mutations technologiques autant que les évolutions narratives.

Mutations

Dans une Principauté où la culture participe pleinement à son rayonnement à l’international, cet événement a su éviter l’écueil de la célébration figée. Il s’est construit comme un espace d’attention aux formes nouvelles, à la circulation des récits, à l’irruption des plateformes de télévision et à la redéfinition constante des usages. La télévision, ici, n’est jamais considérée comme un simple produit : elle est pensée comme un langage, un révélateur, et parfois un symptôme. Cette ligne se retrouve dans les mots de Laurent Puons, vice-président délégué du festival : « Lorsqu’un événement fête ses 60 ans, on peut penser qu’il atteint l’âge de raison […]. Le festival de télévision de Monte-Carlo est de ceux-là. De ces événements rares qui font partie du paysage audiovisuel international. » Et de poursuivre, dans une formule qui résume la singularité de l’événement : « Il est l’événement que l’on prépare lorsqu’on est un studio, que l’on attend lorsqu’on est un talent, et que l’on espère lorsqu’on est un fan. » Une manière de rappeler que ce festival n’est pas seulement une vitrine, mais un point de convergence. Au fil des décennies, il s’est ainsi affirmé comme « ce lien indéfectible entre la création et les téléspectateurs ». Soixante-cinq ans après sa création, il ne se contente pas d’exister dans l’histoire de la télévision : il continue, avec une forme de constance, à en accompagner l’écriture.

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