Avec Tout l’art du cinéma, l’Institut audiovisuel de Monaco présente une série de films très variés, qui seront diffusés d’octobre 2025 à juin 2026. Cette fois, la formule a été revue, avec une programmation qui sera dévoilée trimestre par trimestre.
Mardi 18 novembre 2025, Théâtre des Variétés de Monaco : dans une salle de 300 personnes, le film All we imagine as light (2024) sera diffusé. Grand prix du festival de Cannes 2024, le film de la réalisatrice indienne Payal Kapadia fera son entrée à Monaco dans le cadre de Tout l’art du cinéma, un événement organisé par l’Institut audiovisuel. Pour Vincent Vatrican, qui a créé cette structure en 1997, ce rendez-vous est un moyen d’apporter de la nouveauté et de l’originalité dans un paysage cinématographique pauvre en principauté : « Imaginer que je ne peux pas voir, dans mon pays, le film qui a été récompensé du Grand prix à Cannes me rend triste. Je voulais remédier à ça. » Outre la soirée du 18 novembre 2025, ce sont 12 autres dates qui sont prévues. « L’objectif principal, c’est de sortir du prisme classique des films que l’on retrouve en principauté, et qui sont en grande majorité soit des productions américaines de type “blockbuster” [un film à gros budget, qui vise un large public — NDLR], soit des comédies françaises », ajoute Vincent Vatrican.
« Imaginer que je ne peux pas voir, dans mon pays, le film qui a été récompensé du Grand prix à Cannes me rend triste. Je voulais remédier à ça »
Vincent Vatrican. Directeur de l’Institut audiovisuel de Monaco







Des films de tous les horizons
Italie, Canada, Australie, Belgique, République Fédérale d’Allemagne, République tchèque… Vincent Vatrican, et son homologue Jacques Kermabon, ont souhaité réunir des films de divers horizons : « Pour comprendre le cinéma, il faut regarder partout, s’inspirer de toutes les cultures et analyser la manière dont les films sont tournés ailleurs. C’est aussi ça être cinéphile. Il faut plonger dans des univers les plus variés possibles. Or, à Monaco on ne peut pas. La programmation du cinéma des Beaux-Arts est pauvre. On joue donc le rôle d’ambulance, car Monaco mérite d’avoir de bons films. » Parmi cette sélection, plusieurs coups de cœur sont mis en avant par le fondateur de l’Institut, dont Mémoires d’un escargot (2024), un film d’animation australien réalisé par Adam Elliot. Pendant près de 15 ans, ce réalisateur a travaillé à la sortie de son troisième film. Concocté à partir de pâte à sel, façon Wallace et Gromit, ce passionné de cinéma d’animation propose un message d’espoir. En 2004, il avait remporté l’Oscar du meilleur court métrage d’animation pour Harvie Krumpet (2003). « Son dernier film remontait à 2009. Adam Elliot est un professionnel qui prend son temps, et c’est particulièrement agréable à voir, puisque ses courts métrages sont réfléchis et complets », explique Vincent Vatrican. Pour lui, les films d’animation ont toute leur place dans la programmation : « On en met depuis deux ou trois ans. C’est important de montrer que ce type de cinéma n’est pas uniquement réservé aux enfants. Un bon film d’animation peut-être pour l’ensemble de la famille, voire uniquement pour les adultes. C’est aussi ce que l’on cherche à faire avec notre sélection : casser les clichés. »
À noter également pour ce premier trimestre de Tout l’art du cinéma, la présence de la comédie américaine avec deux films : La Dame du vendredi de Howard Hawks (1939) et La Garçonnière (1959) de Billy Wilder
« Des démarches surprenantes, qui saisissent »
Une autre belle surprise annoncée par Vincent Vatrican, c’est le film La photo retrouvée (2023), réalisé par le Français Pierre Primetens. À partir d’images grappillées dans les archives départementales et régionales, ce réalisateur apporte une vision de sa propre enfance. Sur son œuvre, ce réalisateur explique : « Durant mon enfance j’ai vécu des événements traumatisants. Je n’ai jamais cessé de ressasser ces instants, de tenter d’en comprendre le sens, dans le but de rester vivant. Aujourd’hui je désire raconter cette histoire, mais je n’ai aucune image de mon enfance, ni de ma famille. Elles ont toutes été perdues ou détruites. Alors, j’ai décidé de raconter mon histoire, en empruntant les images des autres. » Pendant une heure et seize minutes, Pierre Primetens propose une version alternative de sa jeunesse, par procuration, « C’est une démarche très particulière que nous avons souhaité mettre en avant, car c’est aussi ça le cinéma : des démarches surprenantes, qui saisissent », s’émeut Vincent Vatrican. Ce film sera diffusé le jeudi 13 novembre 2025 dans la petite salle de l’Institut audiovisuel de Monaco, avec, en bonus, la présence du réalisateur qui répondra aux questions des spectateurs en fin de séance. À noter également pour ce premier trimestre de Tout l’art du cinéma, la présence de la comédie américaine avec deux films : La Dame du vendredi de Howard Hawks (1939) et La Garçonnière (1959) de Billy Wilder. « Avec Jacques Kermabon, on a voulu faire un cycle sur ce thème, car c’est un pan important du cinéma américain. On a chacun sélectionné des films de nos côtés, et on a croisé nos listes. »
« La programmation du cinéma des Beaux-Arts est pauvre. On joue donc le rôle d’ambulance, car Monaco mérite d’avoir de bons films »
Vincent Vatrican. Directeur de l’Institut audiovisuel de Monaco
« Un vrai travail de fond »
Et c’est la même chose pour le reste de la programmation. Les deux hommes fouillent, regardent des dizaines de longs métrages, débattent… « C’est un vrai travail de fond pour mettre en lumière cet art qui nous fait vibrer », résume Vincent Vatrican. Dans l’édito de présentation de la saison 2025-2026, le directeur de l’Institut audiovisuel de Monaco met en lumière son amour du grand écran en quelques mots : « Hier, aujourd’hui, le cinéma palpite encore. » Une phrase qu’il explique ainsi : « À l’époque où j’ai lancé Tout l’art du cinéma, je regardais dix à quinze films par semaine. Désormais, j’ai un peu moins le temps, mais je reste sur un rythme de 7 à 8 films. Le cinéma cache de nombreux trésors. Il suffit juste de bien chercher pour les dénicher. C’est mon travail, et j’ai envie de le partager pour montrer au public que oui, le cinéma est toujours magique, et que oui, la flamme est toujours là. » Depuis le vendredi 3 octobre 2025 et jusqu’au dimanche 21 décembre 2025, ce sont 13 rendez-vous qui sont proposés. L’ensemble des dates est à retrouver sur le site Internet de l’Institut audiovisuel de Monaco : institut-audiovisuel.mc. La programmation du second trimestre de l’événement sera dévoilée à la mi-décembre 2025. À noter : aucune réservation n’est nécessaire. Chaque place est à prendre le jour des diffusions.
« Le cinéma cache de nombreux trésors. Il suffit juste de bien chercher pour les dénicher. C’est mon travail, et j’ai envie de le partager pour montrer au public que oui, le cinéma est toujours magique, et que oui, la flamme est toujours là »
Vincent Vatrican. Directeur de l’Institut audiovisuel de Monaco
Tout l’art du cinéma 2025-2026 — 22ème saison : la programmation du premier trimestre
Une journée particulière (1976) d’Ettore Scola, vendredi 3 octobre 2025, 19 heures, Grimaldi Forum Monaco.
Les plages d’Agnès (2006) d’Agnès Varda, mardi 7 octobre 2025, 19 heures, théâtre des Variétés.
Le Cinéam au fil de saisons, florilège de films du club (1957-1986), jeudi 16 octobre 2025, 19 heures, Petite Salle de l’Institut audiovisuel de Monaco.
La dame du vendredi (1939) d’Howard Hawks, mardi 21 octobre 2025, 19 heures, Théâtre des Variétés.
Archives en musique (séance conseillée aux enfants), vendredi 24 octobre 2025, 18 heures, Petite Salle de l’Institut audiovisuel de Monaco.
Mémoires d’un escargot (2024), d’Adam Elliot, mardi 28 octobre 2025, 19 heures, théâtre des Variétés.
L’arbre de l’authenticité (2025) de Sammy Baloji, mardi 4 novembre 2025, 19 heures, Théâtre des Variétés.
La photo retrouvée (2024) de Pierre Primetens, jeudi 13 novembre 2025, 19 heures, Petite Salle de l’Institut audiovisuel de Monaco.
All We Imagine As Light (2024) de Payal Kapadia, mardi 18 novembre 2025, 19 heures, Théâtre des Variétés.
Des jazz au cinéma — conférence en images de Thierry Jousse, lundi 24 novembre 2025, 20 h 30, Salle Garnier.
Lili Marleen (1980) de Rainer Werner Fassbinder, mardi 2 décembre 2025, 19 heures, Théâtre des Variétés.
La garçonnière (1959) de Billy Wilder, mardi 16 décembre 2025, 19 heures, Théâtre des Variétés.
La danseuse (2015) de Stéphanie Di Giusto, dimanche 21 décembre 2025, 11 heures, Grimaldi Forum Monaco.



