
Recrue phare du mercato hivernal monégasque, Nabil Dirar n’en reste pas moins un inconnu dans le football hexagonal. Pour Monaco Hebdo, il a accepté de revenir sur sa carrière et ses ambitions sous ses nouvelles couleurs. Rencontre.
Par Romain Chardan.
Tout a commencé en Belgique pour ce jeune Marocain arrivé au football presque par hasard. « A l’origine, je suis parti en Belgique pour mes études », confie-t-il. Ses premiers pas, il les fait en futsal. Un loisir qu’il ne pratiquait que par « pur plaisir », même si quelques tournois lui ont « rapporté un peu d’argent ». Le soir, après l’école, il accompagnait certains de ses amis à leur entrainement, dans un club amateur. Un test et sa première licence de footballeur est signée. Remarqué par l’entraîneur pour le fort potentiel qu’il affichait, il fait ses ensuite ses gammes dans une équipe de troisième division belge. Après deux saisons au Diegem Sport (une en junior, une en senior), il signe en 2006 au KVC Westerlo, modeste club de Jupiler League (D1 Belge). Cantonné à un rôle de remplaçant, cet ailier pur, qui peut également évoluer en soutien de l’attaquant de pointe, ronge son frein pendant quelques temps. Son concurrent direct se blesse, et le futur international marocain ne rate pas sa chance. Quelques 57 matchs plus tard, il franchit un cap en signant au FC Bruges, un des clubs emblématiques du pays.
Le début du haut niveau
En arrivant à Bruges, il porte déjà sur ses épaules l’étiquette du jeune joueur prometteur. Débordant d’ambition, il choisit ce club pour « gagner des titres ». Une lubie qui l’a parfois poussé à sortir de ses gonds. « Je suis un très mauvais perdant, et à une période où je n’étais pas bien, j’ai pété les plombs », explique le néo-Monégasque. Cette mauvaise période, il l’a payée en jouant avec l’équipe réserve après une altercation avec un coéquipier, mais aussi par des matchs de suspension. Annoncé partant à l’hiver 2011, il reste finalement au club. « Je ne voulais pas partir comme ça, je voulais montrer que je n’étais pas un mauvais garçon et que je pouvais apporter beaucoup plus à l’équipe ».
Une image qui lui colle à la peau malgré lui. Derrière cette envie débordante se cache une frustration, celle de n’avoir rien gagné avec Bruges. « A un moment, ça s’est mal passé parce que certains voulaient trop se mettre en avant, et ça desservait l’équipe ». Joueur plutôt altruiste, il dit préférer « faire des passes décisives que provoquer et partir seul au but ». Un recadrage et une reprise en main, cumulée à son mariage, et l’international marocain enchaîne les belles performances. De bons matchs, qui lui offrent un nouveau challenge.
Une nouvelle expérience
Recruté dans les derniers instants du mercato d’hiver, il était l’une des priorités de l’ASM. « Le coach a beaucoup parlé avec mon conseiller et a montré son envie de me faire venir, ce qui m’a motivé à rejoindre Monaco ». Bien qu’il ne connaisse pas encore vraiment ses partenaires, il se dit prêt à « aider le club à remonter dans l’élite, et jouer la coupe d’Europe ». Refusant l’idée selon laquelle il aurait signé pour l’argent, il précise d’ailleurs qu’il gagnait « presque autant en Belgique ». Compétiteur né, il pose ses bagages en principauté avec deux objectifs. « Je suis ici pour jouer, et participer à l’écriture d’une nouvelle page de l’histoire du club ». Celui qui a vécu devant sa télévision l’épopée monégasque en Ligue des Champions ne rêve que d’une chose, en réaliser une lui aussi.



