Désormais, les moins de 15 ans ne sont plus les bienvenus de partout. Que ce soit dans le monde du tourisme, dans les transports, dans certains restaurants ou dans des mariages, les espaces “adult only”, sans enfants donc, se multiplient. Même si cela reste encore souvent mal vu, notamment en France et à Monaco, rien n’y fait. Nonobstant le regard des autres, depuis une dizaine d’années, le phénomène “no kids” continue de prendre de l’ampleur, et ce type de prestation s’ancre toujours davantage. Voilà pourquoi, cette semaine, la rédaction de Monaco Hebdo a décidé de s’intéresser à ce sujet qui est pris de plus en plus au sérieux par les plus grands noms du secteur du tourisme. D’ailleurs, si pour le moment l’offre semble inexistante à Monaco, elle se développe très discrètement en France. Discrètement, car ce type de prestation risque de se heurter à la loi. En effet, le code pénal français et monégasque condamne les discriminations, et faire une distinction sur l’âge pourrait donc être condamnable. Si les professionnels du tourisme n’ont pas le droit d’interdire l’accès aux enfants, dans la pratique, il sera sans doute difficile de parvenir à démontrer les faits. Un hôtelier pourra toujours avancer un autre argument, ou écarter les familles autrement. Notamment en faisant une sélection par l’argent, en augmentant ses tarifs, comme l’a expliqué le président du SETO, le syndicat des tour-opérateurs français, René-Marc Chikli, à Monaco Hebdo. Alors, insupportable discrimination ou simple business ? À l’étranger, la question se pose moins, et de plus de destinations sont déjà réservées uniquement aux adultes. Le site Internet adultsonly.fr propose une liste de « plus de 1 000 hôtels à travers le monde dans plus de 100 pays », essentiellement en Espagne, en Grèce et en Italie. Reste à comprendre aussi ce que traduit la tendance “no kids”, et cette montée en puissance de l’individualisme. Si certains estiment que les enfants sont beaucoup plus pénibles aujourd’hui que dans le passé, à ce jour, aucune étude sérieuse ne permet d’affirmer cela. La crise de la parentalité est parfois invoquée, au même titre qu’une dénonciation de l’éducation « positive », accusée d’être allée trop loin. « Il faut apprendre aux enfants à gérer la frustration », a expliqué à Monaco Hebdo Olivia Troupel, maîtresse de conférences en psychologie de l’enfant à l’université Toulouse-Jean-Jaurès. D’autres estiment que le regard sur les enfants a changé, et qu’ils sont parfois vus comme une charge écrasante. En revanche, il semble évident que la tolérance des adultes vis-à-vis des enfants est plus fragile, au point que même des couples avec enfants réservent des vacances “adult only”. Un pas a donc été franchi. Désormais, assumer ouvertement des vacances sans ses enfants n’est plus un problème.
La rédaction de Monaco Hebdo marque une pause. Retrouvez Monaco Hebdo n° 1330 jeudi 9 mai 2024, chez votre marchand de journaux habituel.




