
Gêne à la Tate Britain, assaillie de toutes parts pour qu’elle refuse le sponsoring de British Petroleum, vandale du golfe du Mexique l’an passé. Cela nous vaut des performances émouvantes, comme celle d’il y a quinze jours, quand un homme nu est resté en position fœtale durant quatre-vingt sept minutes sur le sol même du musée, recouvert d’un drôle de matériau qui ressemblait à du pétrole. Pourquoi cette durée?? Parce que le pétrole de BP s’est écoulé pendant quatre-vingt sept jours sur les côtes de Louisiane. En période de rigueur budgétaire, la position de la Tate est délicate. Accepter la manne de BP?? Refuser?? Et voilà que l’establishment culturel anglais fait mine de découvrir que BP l’a noyé sous son argent aussi sûrement que son pétrole a anéanti la faune et la flore de l’océan?! Ce sont le British Museum, la Royal Opera House, le National Maritime Museum, le Science Museum, le Natural History Museum, qui bénéficient aussi des largesses du monstre pétrolifère. Sans compter le BP Portrait Award, doté de 25?000 livres, qui a aidé à lancer bien des peintres et des photographes. Tout autre saga d’hydrocarbure à Trondheim, en Norvège, où un architecte du cru, Sverre Max Stenersen, veut remorquer une plateforme pétrolière jusque sur la terre ferme, pour y construire des appartements et un centre d’art, histoire de rappeler aux Norvégiens que leur richesse vient de l’or noir… En Egypte, plus besoin de voler. Le nouveau ministre des Antiquités vient d’autoriser pour la première fois dans l’histoire du pays la réalisation de copies grandeur nature de la collection de Toutânkhamon, en vente dans les palaces de Charm el-Cheikh. Et pour ceux qui ne craignent pas le pétrole, retour à Londres, à la Tate Modern?: belle rétrospective Miró, envisagé comme peintre politique.



