L’artiste italien Michelangelo Pistolleto expose chez Barclays Monaco (1) du 22 avril au 1er juin. Interview.
Le contenu de votre exposition à Monaco ?
Il s’agit de huit « tableaux miroirs. » Au total, il y a 8 œuvres.
Comment est venue l’idée de ces fameux « tableaux miroirs. » qui font de celui qui regarde un protagoniste de votre œuvre ?
Dans les année 1950 je travaillais à la recherche de mon identité. Je me suis donc dirigé vers l’autoportrait en utilisant un miroir. Dans ce miroir est apparu le monde. A travers le rapport entre moi-même et le monde j’ai trouvé mon identité : c’était les « tableaux miroirs. »
Selon quelle logique vous avez choisi les œuvres exposées en Principauté ?
J’ai choisi des sujets différents, pour que le public puisse mieux comprendre mon œuvre.
Vous avez des liens avec Monaco ?
La lumière, la mer, les amis, les gens. Le fait qu’à Monaco, il y a une concentration de vie, avec une ouverture internationale.
Auriez-vous envie de travailler à Monaco ?
Oui, bien sûr.
Comment est né l’Arte Povera au début des années 1960 ?
L’Arte Povera est né comme recherche de l’essentiel, de l’énergie primaire : une recherche de l’humanité, avec une idée de renaissance.
Pourquoi avoir presque disparu du monde de l’art en 1974 pour devenir moniteur de ski ?
Ce n’est pas vrai. Parce que même en vivant à la montagne, j’ai continué à beaucoup travailler.
Avec 2,2 milliards de pauvres dans le monde, l’Arte Povera prend tout son sens aujourd’hui ?
L’Arte Povera n’a rien à voir avec l’argent.
Vous pensez vraiment que l’art peut changer le monde ?
L’art a toujours changé le monde et il continuera à le changer.
Toutes vos créations ont une dimension politique et philosophique ?
Oui.
Dans une interview, vous avez évoqué le souhait d’accélérer la « transformation sociale » et la « révolution », sinon l’humanité ne survivra pas ?
Je crois qu’il ne faut pas faire des révolutions si on n’a pas décidé comment gérer l’organisation d’après. Je ne suis pas pour la révolte, mais pour la proposition. Parce que dans la proposition même, il y a la critique.
Pourquoi avoir créé en 1996 la ville d’art Cittadellarte ?
La Cittadellarte a été le moyen de passer de l’œuvre virtuelle à l’œuvre active, à l’œuvre qui peut agir directement sur la vie.
Votre modèle de société serait celui de la Cittadellarte ? En quoi consiste ce modèle de société ?
Mon modèle de l’art est de mettre l’art en relation avec la vie de tous les jours. Se baser sur ces principes : la liberté et la responsabilité, qui sont les deux éléments fondateurs de l’art. L’artiste doit être libre et responsable : il faut transposer cette liberté et cette responsabilité de l’art à la société entière.
Aujourd’hui, la dimension « business » de l’art contemporain est très critiquée : vous comprenez ces critiques ?
La finalité de l’art n’est pas le business. Mais le business, c’est une façon de s’approprier de l’art.
Finalement, l’art contemporain est aujourd’hui devenu un business et un marché comme un autre ?
L’art a été utilisé comme représentation du libéralisme capitaliste. Ce n’est pas toujours en ce sens qu’on a une balance entre la liberté et la responsabilité. L’économie est utile à l’art, mais ce n’est pas son but final.
(1) Cette exposition est à voir chez Barclays Monaco, au 31 avenue de la Costa, jusqu’au 1er juin.



