Après plusieurs jours de débats, les discussions autour du budget primitif 2025 entre conseillers nationaux et gouvernement monégasque ont pris fin dans la soirée du 19 décembre 2024. Malgré un déficit de plus de 88 millions d’euros, la plupart des élus (1) se sont accordés autour d’un budget de « transition ».
L’année 2024 aura été marquée par le changement dans les hautes sphères du pouvoir à Monaco. Entre Didier Guillaume au ministère d’Etat, Lionel Beffre à l’intérieur, Eric Arella à la sûreté publique et Samuel Vuelta Simon au poste de secrétaire d’Etat à la justice, entre autres, les arrivées et les départs ont été nombreux depuis juin 2024. Ces changements multiples ont amené sur la table de nouvelles pistes de réflexion. Et cette thématique de la transition s’est retrouvée au cœur des derniers échanges sur le budget primitif 2025. C’est notamment Franck Julien, le président de la commission des finances et de l’économie nationale du Conseil national, qui l’a mis en avant le premier : « Ce texte revêt d’une saveur particulière. Il s’agit avant tout d’un budget de transition, marquant le passage entre deux ministres d’Etat au style très différent. Cette notion de transition se reflète également dans le contenu même du budget. »
« Le gouvernement devra écouter les élus »
Pour imager ses propos, Franck Julien a repris deux projets : la création de 76 à 90 nouveaux logements domaniaux sur l’avenue Hector Otto et la fusion annoncée entre TV Monaco et Monaco Info. Tout en précisant : « Nous demeurons en attente de concrétisations essentielles. Je pense notamment au centre commercial de Fontvieille, au centre de traitement et de valorisation des déchets, ou encore à la seconde version du plan national pour le logement. » Pour lui, comme pour d’autres élus, c’est la question du déficit, annoncé à 88,6 millions d’euros, qui pose également problème : « On ne peut pas à la fois annoncer des déficits futurs très importants, si rien ne change, et persévérer dans la même direction. » En effet, le budget primitif de la principauté pour l’exercice 2025 met en avant une hausse des dépenses par rapport à l’exercice précédent, avec 2,187 milliards d’euros, soit une augmentation de 6,1 % par rapport à 2024. De l’autre côté, les recettes augmentent aussi, mais sans parvenir à suivre le rythme, avec une évolution de seulement 2,6 % par rapport à l’exercice précédent. La principauté prévoit des recettes à hauteur de 2,098 milliards d’euros. Si ce budget n’est que « primitif », et qu’il est voué à évoluer tout au long de l’année 2025, il est déficitaire. Cet aspect a refroidi plusieurs élus, dont Jean-Louis Grinda, le vice-président de l’assemblée, qui a fait le choix de l’abstention.
« De grands dossiers restent en suspens »
Jean-Louis Grinda a souligné que « de grands dossiers restent en suspens : le centre commercial de Fontvieille et l’élaboration d’un nouveau plan national logement demandé par la haute assemblée. Des solutions concrètes devront nous être présentées avant l’été [2025 — NDLR] et nous les attendons. Sur d’autres équipements budgétivores, le gouvernement devra écouter les élus, puis trancher sans faillir. » Sur les 24 élus, trois ont finalement voté contre ce budget primitif, trois autres ont pris le parti de l’abstention quand les 16 autres ont voté pour (1). « Une majorité confortable » selon Thomas Brezzo, le président du Conseil national, qui a conclu plus de vingt heures d’échanges en « saluant sous réserves », le « pragmatisme » du ministre d’Etat, notamment dans le projet de restructuration du centre commercial de Fontvieille. L’année 2025 commence donc sous les auspices du déficit, mais avec en ligne de mire plusieurs grands projets de logements, de commerce, sans oublier le nouveau centre hospitalier princesse Grace (CHPG).
1) Dans la soirée du 19 décembre 2024, 22 élus étaient présents dans l’hémicycle. Brigitte Boccone-Pagès et Karen Aliprendi étaient absente. Le projet de loi n° 1100 sur le budget primitif 2025 a été voté avec 16 voix « pour ». Marine Hugonnet-Grisoul, Jade Aureglia et Jean-Louis Grinda se sont abstenus. Christine Pasquier-Ciulla, Christophe Brico et Nathalie Amoratti-Blanc ont voté contre.




