
De plus en plus de particuliers à Monaco revendent leurs bijoux en or contre du cash. En ville, les bijoutiers aussi exploitent ce filon.
Impossible d’y échapper. Crise oblige, le rachat d’or est devenu le nouveau business lucratif du moment. Officines aux devantures clinquantes ou bijouteries exploitant ce filon envahissent les villes. Même tendance sur Internet où les sites proposant du cash contre de l’or se sont multipliés à vitesse grand V. Et pour cause. Valeur refuge par excellence, le prix du métal jaune a explosé. « Aujourd’hui, l’or vaut 4,5 fois plus cher qu’il y a 5 ans », explique Nicolas Gimbert, gérant de la société monégasque Monnaies de collection. Une flambée des prix qui a fait naître des vocations et un intérêt grandissant. « Le rachat d’or existe en réalité depuis toujours. Mon père par exemple a commencé cette activité à Monaco il y a 35 ans. Mais on y prêtait moins attention à l’époque. Aujourd’hui, avec le matraquage publicitaire et l’explosion du cours de l’or, de nombreuses personnes se sont intéressées de près à ce business », souligne Nicolas Gimbert. Depuis quelques mois, ce gérant a d’ailleurs constaté une hausse très sensible de sa clientèle, composée à 90 % de résidents monégasques.
1 gramme de 18 carats, 22 euros
Car pour les particuliers, le rachat d’or est devenu un bon — et très rapide — moyen de se faire de l’argent frais. Le mode opératoire est simple. Dans sa petite boutique située dans la galerie du palais de la Scala, près de l’hôtel Hermitage, Nicolas Gimbert reçoit chaque jour des particuliers. La plupart ont en main des bijoux de famille. Certains sont cassés. D’autres ont végété pendant des années, voire des décennies, dans des boîtes. Boucles d’oreilles dépareillées, bracelets, bagues, chevalières et autres dents en or… tous les bijoux sont étudiés au peigne fin. Première étape?: vérifier le titrage de l’or, à savoir son degré de pureté?: 18, 14 ou 9 carats. Pour cela, le bijou est frotté sur une pierre de granite. L’application d’acides sur cette pierre va alors déterminer sa valeur. Le bijou est ensuite pesé sur une balance. « Le prix du gramme d’or est calculé selon la pureté en or contenu dans l’objet et en fonction du cours international de l’or. Par exemple, actuellement, 1 gramme de 18 carats vaut 22 euros. Mais s’il s’agit de pièces de monnaie ou de lingots d’or, le gramme peut valoir beaucoup plus d’argent, en fonction de la pureté », rajoute ce gérant. A Monaco, ce spécialiste le garantit, aucun marchand d’or peu scrupuleux ne sévit. Le prix du gramme peut varier de 1 à 2 euros selon les acheteurs. Guère plus. Mais pour parer à d’éventuelles arnaques, ce spécialiste conseille tout de même de consulter deux à trois boutiques pour comparer les prix. A éviter absolument?: le rachat d’or sur Internet. « Sur la plupart des sites, on ne sait pas où sont basées les sociétés. Il n’y a aucune traçabilité. »
« Une marge de 5 à 10 % »
En revanche, dans les officines spécialisées et dans les bijouteries, la revente est soumise à un contrôle drastique. Chaque achat et chaque vente sont consignés dans un livre de police, le particulier doit présenter une pièce d’identité, les balances sont contrôlées par les douanes… et une facture d’achat doit être obligatoirement remise aux clients. Quant à la marge que ces boutiques réalisent, « elle est comprise entre 5 et 10 % si le cours de l’or a monté entre le moment ou nous avons acheté et vendu, ou bien s’il a baissé », précise Nicolas Gimbert. Les bijoux recueillis, quant à eux, retrouvent une deuxième vie. « L’or est fondu chez un fondeur puis vendu sur le marché de l’or sous forme de lingot », indique encore ce spécialiste.
En ville, quelques bijouteries monégasques ont décidé à leur tour d’exploiter le filon. C’est notamment le cas au centre commercial de Fontvieille où le rachat d’or a pignon sur… galerie. La bijouterie Briant affiche ainsi clairement son offre?: « Ici rachat d’or, 20 euros le gramme. » « Nous proposons cette offre depuis environ trois mois. Cela marche très fort. Nous transmettons les bijoux dans notre atelier pour vérifier s’il s’agit bien de l’or 18 carats. Ensuite nous réglons nos clients par chèque », explique la vendeuse de la boutique. Quelques mètres plus loin, la bijouterie Trésor propose quant à elle depuis plus de 6 mois une autre alternative?: la boutique propose d’échanger des bijoux en or anciens ou cassés contre des bijoux neufs que le client peut choisir dans la bijouterie même. Pas de chèque, ni d’espèces en retour… Si le rachat d’or ne représente pas une grosse partie de leur chiffre d’affaires, les bijoutiers y voient avant tout un bon moyen de récupérer ce métal précieux pour fabriquer ensuite de nouveaux bijoux.



