Le travail d’actrice exige exactitude et endurance. Voyez Marion Cotillard. Elle évoque son rôle dans Deux jours, une nuit , de Jean-Pierre et Luc Dardenne, qui sont finalement repartis bredouilles de Cannes. Dans une scène, « les frères voulaient que je craque au moment pile où j’enfilais ma chaussure droite. Il m’est arrivé de craquer dix secondes plus tôt ou plus tard. Ils étaient très touchants, ils venaient me voir et me disaient : « C’est vraiment bien mais si tu pouvais décaler un tout petit peu le moment où tu t’écroules. » On a fait 56 prises ! Honnêtement, si je n’avais pas été familière de leur cinéma, j’aurais pensé : « Ils ont un grain, ces types ! Est-ce que c’est vraiment grave si je craque en reposant mon pied par terre plutôt qu’en mettant ma chaussure ? » Mais j’ai vu leurs films, que j’aime tous sans exception, et je savais que la dynamique de la scène et le rythme très organique de l’ensemble en dépendaient. » Précision de Mademoiselle Cotillard : « Quand t’as craqué 42 fois et que ça ne fonctionne toujours pas, il faut beaucoup d’imagination pour relancer la machine »…
En Espagne, une sorte de Bienvenue chez les Ch’tis à la sauce locale fait exploser le box-office. Il dépasse tous les résultats connus depuis l’instauration de celui-ci en 1996. Nom du film : Ocho apellidos vascos, soit Huit noms basques. Neuf millions de spectateurs en sept semaines. Le cinéaste, Emilio Martinez Lazaro, y raconte les amours d’un Andalou tout en faconde et d’une Basque pas commode du tout, qui va peu à peu se laisser séduire. L’une des raisons du succès du film : c’est la première fois qu’un cinéaste espagnol ose se moquer des séparatistes basques de l’ETA. Autre miracle : même ceux-ci apprécient le film !
Marion Cotillard : apprendre à craquer en 56 prises
Publié le



