
«Casting director – un métier de l’ombre (éditions Pygmalion)?: c’est le titre du livre de Françoise Ménidrey, l’une des quatre directeurs de casting importants du cinéma français. Comme bien des gens de l’ombre, Madame Ménidrey ne rechigne pas à prendre la lumière de temps en temps. Forte de son expérience, mise entre autres au profit de son ami Gérard Jugnot, qui lui demande, pour ses films, de veiller à ne surtout pas lui choisir de « chieurs », Madame Ménidrey nous dresse la liste des acteurs difficiles à gérer sur un plateau. Parce qu’ils n’arrêtent pas de donner des conseils aux cinéastes, parce qu’ils refusent de porter tel costume ou parce qu’ils sont mauvais camarades. Et le vainqueur du palmarès est Richard Berry. Suivent Claude Rich, Richard Bohringer, « adepte de la violence verbale », Edouard Baer « si difficile à gouverner qu’il met le metteur en scène sur les nerfs ». Richard Anconina est aussi un spécimen intéressant. Lui téléphonant pour le féliciter sur une prestation, Madame Ménidrey se voit répondre ceci?: « Qui t’a donné mon numéro de téléphone?? Je veux t’entendre tout de suite déchirer le papier où il est inscrit. Si je suis si bon, pourquoi est-ce qu’on ne me propose pas plus de rôles?? » Au rayon actrices, gare à Kristin Scott-Thomas, qui peut vous faire une scène – hors champ?! – parce que vous avez oublié de placer un bouquet de fleurs dans sa loge. Jean Dujardin, quant à lui, se tient coi. Ses deux millions d’euros par film ont un effet stabilisateur. Le film de la semaine?? Entre le documentaire De mémoires d’ouvriers et Oslo, 31 août, qui conte la journée d’un drogué norvégien en plein sevrage, vous aurez peut-être envie de suivre Jean Dujardin, justement, dans Les Infidèles, qui, certes, ne concourt pas dans la catégorie art et essai.



