dimanche 19 avril 2026
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Culture Sélection de mai 2025

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Dans Culture Sélection, Monaco Hebdo sélectionne pour vous le meilleur de la culture du moment. Retrouvez nos coups de cœur Blu-rays, livres, bandes-dessinées et musique.

Presence de Steven Soderbergh

Familial. Sur le papier, rien de bien révolutionnaire. Une famille décide d’emménager dans une nouvelle maison, hantée par une mystérieux présence. Récompensé par une Palme d’or à Cannes pour Sexe, mensonge et vidéo (1989), Steven Soderbergh continue de s’interroger sur les évolutions du médium. Cette fois, le point de vue du fantôme est celui de la caméra. Avec David Koepp au scénario, Presence ne fait pas l’économie des habituelles manifestations des esprits, sans apporter davantage de nouveauté ou de prise de distance. Le problème posé par ce regard omniscient, c’est qu’il révèle tout, au risque de lever toute forme de peur. La fantôme se trouve limité à un rôle d’observateur d’une famille de la classe moyenne supérieure et du drame qui guette. Moins un film d’épouvante qu’un thriller psychologique, ce film séduit par le huis clos familial qu’il déploie.
Presence de Steven Soderbergh, avec Lucy Liu, Chris Sullivan, Callina Liang (USA, 2025, 1 h 25), 19,99 euros (DVD), 35,99 euros (Blu-ray 4K). Sortie le 17 juin 2025.

The Brutalist, de Brady Corbet

Architecte. C’est la fin de la deuxième guerre mondiale. Désirant s’éloigner de l’Europe, l’architecte et émigré juif hongrois Laszlo Toth (Adrien Brody) débarque en 1947 aux Etats-Unis pour repartir à zéro, y compris avec sa femme, Erzsébet (Felicity Jones). Mis à mal par la guerre, son couple a été abîmé. Arrivé en Pennsylvanie, ce disciple du Bauhaus est repéré par le protestant et riche industriel Harrison Lee Van Buren (Guy Pearce), très sensible à son talent. Laszlo Toth se voit confier la construction d’un grand centre culturel, avec une imposante chapelle. Mais ce chantier s’avère ingérable. Tourné en pellicule 35 millimètres, d’une durée de 3 h 34, The Brutalist est un film ambitieux, dont la réussite repose essentiellement sur l’exceptionnelle performance d’Adrien Brody, d’ailleurs récompensé par un Oscar. A seulement 36 ans, le troisième film de Brady Corbet impressionne.
The Brutalist de Brady Corbet, avec Adrien Brody, Felicity Jones, Guy Pearce (USA, 2025, 3h34), 19,99 euros (DVD), 34,99 euros (Blu-ray 4K). Sortie le 25 juin 2025 Blu-ray 4K.

Shock, de Denis Moschitto et Daniel Rakete Siegel

Cologne. Bruno (Denis Moschitto) vit toujours un peu à la limite. Ce médecin boucle ses fins de moi à Cologne en faisant des visites à domicile, à la frontière de la légalité, car il soigne parfois des truands blessés par balles ou des sans-papiers. Lorsqu’une avocate lui demande de prendre en charge les soins d’un chef de la mafia atteint d’une leucémie, il accepte. Il va alors se retrouver mêlé à une véritable guerre des gangs, à laquelle rien ne l’avait préparé. Peu de dialogues, un style minimaliste : tout cela fait du premier film du duo Denis Moschitto et Daniel Rakete Siegel un long métrage qui se démarque. Assurant le premier rôle, Denis Moschitto brille par son mutisme, qui caractérise la descente aux enfers de ce médecin. Sans révolutionner le genre, ce thriller allemand reste une jolie découverte.
Shock de Denis Moschitto et Daniel Rakete Siegel, avec Denis Moschitto, Fahri Yardim, Aenne Schwarz (ALL, 2024, 1 h 44), 20,99 euros (combo Blu-ray-DVD). Sortie le 25 juin 2025.

Black Dog, de Hu Guan

Désertique. Non loin du désert de Gobi, dans le nord de la Chine, Lang (Eddie Peng) fait son retour dans la ville qui l’a vu naître. Il trouve un emploi au sein de la patrouille locale qui a pour mission de faire disparaître les chiens errants. Mais Lang finit par se prendre d’amitié pour l’un de ces chiens, un lévrier, et il décide de s’enfuir avec, à travers les steppes. Black Dog a été récompensé par le prix Un certain regard à Cannes, en 2024. La province désertique chinoise dans laquelle se déroule ce long métrage évoque Mad Max (1979), et elle offre à ce film une très belle photographie, en panoramique. Quant au récit, il se situe entre le film noir et le western. Toux les deux cabossés par la vie, Lang et son chien sont deux marginaux magnifiques, dans une Chine qui a abandonné ses villes minières et ses habitants, pour se concentrer sur se candidature aux Jeux olympiques (JO) de 2008.
Black Dog de Hu Guan, avec Eddie Peng, Liya Tong, Jia Zhangke (CHI, 2025, 1 h 50), 19,99 euros (DVD), 19,99 euros (Blu-ray). Sortie le 5 juillet 2025.

Tim Burton, itinéraire d’un enfant particulier de Ian Nathan

Captivant. On ne présente plus Tim Burton, dont les films à succès ont fait le tour du monde. Dans ce livre très joliment illustré, Ian Nathan entreprend de retracer son parcours. Né le 25 août 1958, Tim Burton a débuté sa carrière avec un premier long métrage, Pee-Wee Big Adventure (1985), avant d’enchaîner avec Beetlejuice (1988) et Batman (1989). C’est à partir de ces deux derniers films qu’il a commencé à développer son univers, aussi gothique que captivant. Ses dernières productions Beetlejuice Beetlejuice (2024) et la série Mercredi (2022), dont la saison 2 sera proposée à partir du 6 août 2025 sur Netflix, ont à nouveau séduit le public, confirmant qu’il n’avait pas perdu ce sens du macabre, mâtiné d’humour. Tim Burton, itinéraire d’un enfant particulier est aussi un très bel objet, idéal pour se faire plaisir ou pour offrir.
Tim Burton, itinéraire d’un enfant particulier de Ian Nathan (Huginn & Muninn), 192 pages, 39,95 euros.

Mon vrai nom est Elisabeth d’Adèle Yon

Puissant. Née en 1994, Adèle Yon s’est intéressée, pour son premier livre, à une histoire familiale. Celle de son arrière-grand-mère, Elisabeth, appelée « Betsy » (1916-1990), diagnostiquée schizophrène et internée sous contrainte de 1950 à 1967 à l’hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais (Loiret). Là, elle subit des électrochocs. Mais aussi des cures de Sakel, qui consistaient en des comas insuliniques provoqués par injection, ainsi qu’une lobotomie. Dans cette famille bourgeoise et catholique, on évite de parler de Betsy. Associée à une créature maléfique, digne d’un film d’horreur, Elisabeth effraie une bonne partie de la famille. A 25 ans, qui est l’âge auquel Betsy a été diagnostiquée, Adèle Yon craint de sombrer dans la folie, à son tour. Pour exorciser ce passé, Adèle Yon est partie à la recherche de la véritable histoire de Betsy. Ce livre puissant est aussi devenu une thèse de doctorat d’art et de création, soutenue par l’autrice en décembre 2024.
Mon vrai nom est Elisabeth d’Adèle Yon (Les éditions du Sous-Sol), 400 pages, 22 euros.

Rock City Guide – 29 villes qui ont changé le cours de la musique de JD Beauvallet

Histoire. JD Beauvallet, ancien rédacteur en chef des Inrockuptibles, évoque, une fois encore, l’histoire de la musique. Cette fois, il le fait à travers le prisme de 29 villes. Son Rock City Guide est construit autour de récits centrés sur des villes qui ont marqué l’histoire de la musique. De Manchester à Berlin, en passant par Seattle ou Rennes, ces villes ont pesé, d’une façon ou d’une autre, sur la création musicale, et cela, quelles que soient les styles musicaux. Du rock à la new-wave, en passant par le post-punk, la techno, le reggae, ou le hip-hop, entre autres, JD Beauvallet et l’illustrateur Frédéric Peltier, s’intéressent à la singularité. Tony Wilson (1950-2007) animateur et journaliste musical de radio et de télévision britannique, également producteur de musique et manager de nightclub, disait d’ailleurs : « Vous êtes à Manchester. Ici, on fait les choses différemment ». C’est exactemen ça.
Rock City Guide – 29 villes qui ont changé le cours de la musique de JD Beauvallet (GM éditions), 252 pages, 29,90 euros.

Le Journal de Samuel, d’Emilie Tronche

Intime. C’est un carton d’audience qu’Arte a enregistré avec la diffusion de la série Samuel. Avec plus de 45 millions de vues sur le site Internet de la chaîne et les réseaux sociaux, Samuel est devenu un véritable phénomène. En 21 épisodes de cinq minutes, on plonge dans le quotidien de Samuel, 10 ans, qui raconte par le biais de son journal intime ce moment important qu’est le passage de l’école primaire au collège. Si ce succès était inattendu, il est le bienvenu pour l’autrice Emilie Tronche, qui, du coup, a décidé de prolonger l’expérience Samuel par cette BD. A 29 ans, Emilie Tronche convoque à nouveau la grande Julie, Dimitri, Bérénice, Corentin et les autres, et le résultat est à la hauteur de la série animée. Une saison 2 est annoncée, pendant laquelle Samuel sera cette fois en classe de cinquième. Enfin, Emilie Tronche travaille également à la réalisation d’un long-métrage pour donner à Samuel plus de temps.
Le Journal de Samuel d’Emilie Tronche (Casterman/Arte éditions), 320 pages, 23 euros.

Les Gugusse en vacances, d’Émilie Gleason

Autisme. Le sujet n’est pas simple, mais Emilie Gleason s’en saisit de la plus belle façon qui soit : avec sensibilité et intelligence. Poursuivant son travail sur l’autisme, l’autrice belgo-mexicaine aborde ce thème avec humour. On se souvient qu’en 2018, dans Ted, drôle de coco, Emilie Gleason mettait en scène Ted, un personnage inspiré par son frère, diagnostiqué Asperger. On retrouve la famille Gugusse, avec Doris, Balou, Éléana et Ted, les valises prêtes pour assister au mariage d’une cousine. Mais une série d’imprévus hilarants vont rendre ce projet plus compliqué que prévu. « Ce livre est dédié aux frères et sœurs de personnes autistes, sous les projecteurs d’une vie qui n’est pas la leur, habitué·es à réprimer émotions, paroles et traumas, au risque d’en « rajouter une couche ». Il est aussi dédié aux parents qui font tout pour le bonheur de leurs enfants extraordinaires », souligne l’autrice en fin de BD. Comme un juste rappel, après avoir déroulé un récit drôle et rythmé.
Les Gugusse en vacances d’Émilie Gleason (Atrabile), 184 pages, 21 euros.

Pink Elephant, d’Arcade Fire

Rédemption. ll semble loin le temps, flamboyant, où Arcade Fire enflammait les corps et les esprits, en signant, par exemple en “live” un sublime duo en 2005 avec David Bowie (1947-2016) pour Wake Up (2004). En août 2022, Win Butler, le chanteur d’Arcade Fire, a été accusé d’agressions sexuelles par des fans. Relayées par le média américain Pitchfork, ces révélations ont provoqué les excuses de Win Butler, qui a démenti toute relation non consentie. Mais, pour beaucoup de fans, quelque chose s’est brisé. La sortie de ce septième album avait donc valeur de test. Pink Elephant séduit immédiatement. Ecrits par Régine Chassagne et Win Butler, avec l’appui de Daniel Lanois, les dix titres de ce disque sont portés par la rédemption. Comme un mantra, Year of the Snake évoque la maturité et le renouveau. Stuck In My Head et Alien Nation sont aussi beaux que Pink Elephant, qui donne son titre à cet album, dans lequel il faut se plonger sans hésitation.
Pink Elephant, Arcade Fire (Columbia), 15,99 euros (CD), 28,99 euros (vinyle).

Tall Tales, Mark Pritchard / Thom Yorke

Grâce. On n’arrête plus Thom Yorke, qui empile les sorties de disques depuis 2022. Il y a eu trois albums de The Smile, la bande-originale du film Confidenza (2024) et la rumeur d’un possible retour de Radiohead. Voici une sortie de plus, avec le musicien électronique australien Mark Pritchard. Si ce disque de douze titres est donc synthétique, il est aussi très élégamment appuyé par la voix de Thom Yorke. L’ouverture de cet album est assurée par A Fake in a Faker’s World, un morceau très éthéré. Sur des titres comme The Spirit, la magie opère immédiatement. Autre titre remarquable, Bugging Out Again est un concentré de douceur, marqué par le rêve. Certains morceaux lorgnent vers Radiohead, comme par exemple, This Conversation is Missing Your Voice. De façon plus globale, Tall Tales fait la part belle à une profonde mélancolie, qui traverse ce disque et lui donne toute sa grâce.
Tall Tales, Mark Pritchard / Thom Yorke (Warp), 15,99 euros (CD), 64,99 euros (vinyle, édition limitée exclusivité Fnac).

Restless Imagination d’Oliver Decrow

Dancefloor. Après un premier album intitulé I’m Too Young To Die (2023), Oliver Decrow est de retour avec un nouveau disque. Restless Imagination se pose quelque part entre la cold wave, la musique électronique et industrielle. Les influences de cet artiste originaire de Dresde sont à chercher du côté de Joy Division, mais aussi de Boy Harsher, de Beta Evers, Boan et Buzz Kull. Ce nouvel opus contient une série de remixes assurés par Kris Baha, SIIE, Unconscious, JG Outsider et A State of Flux. Porté par des lignes de basse profondes, Away, qui ouvre cet album, fixe une ligne que Oliver Decrow tient jusqu’au neuvième et dernier morceau, un remix de Falling Down From Heaven. Chaque titre est taillé pour le dance floor, à commencer par Lost Adult, un remixe assuré par Kris Baha. Le remix de I Close My Eyes proposé par A Statde of Flux est une invitation au voyage, tout comme le très beau remix de Falling Down from Heaven, signé par Oliver Decrow en personne.
Restless Imagination, Oliver Decrow (Cold Transmission Music), 14 euros (CD), 23 euros (vinyle).

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