
Les artistes occidentaux et leurs galeristes avoueront-ils qu’ils maudissent le printemps arabe?? La liberté à Tunis ou à Tripoli n’arrange pas leurs affaires à Abou Dhabi. On le sait, les autorités émiraties ont annoncé l’arrêt momentané du chantier des succursales du Louvre et de la Fondation Guggenheim chez elles. Quelle folie les frappa?? La peur. Ces grands projets muséaux étaient destinés à attirer prioritairement le touriste occidental aisé, en lui proposant toutes sortes d’œuvres d’art contemporain à acheter durant sa visite. Las?! Les émirs viennent de s’apercevoir qu’ils ont une population locale, laquelle pourrait avoir envie de contempler aussi de l’art local. En ces temps si cruels à tant de roitelets arabes, mieux vaut la contenter. Du coup, on prend le temps de réorienter les projets touristico-culturels… A Bruxelles, les prêts toxiques de Dexia, qui causèrent tant de peine à tant de collectivités locales françaises, font des heureux. La banque, démantelée, cède sa généreuse collection d’art, 4?500 pièces du XVIème à aujourd’hui, à l’Etat belge. Et donc aux musées nationaux. On pourra en profiter plus que jusqu’à peu, quand Dexia consentait à les montrer chaque troisième samedi du mois. Bonne nouvelle pour le musée Chirac, à Sarran (Corrèze). Il a reçu au moins un visiteur, le cambrioleur qui, le 20 novembre, y a volé un faucon d’or et de pierres précieuses, offert naguère par le roi d’Arabie. L’institution est un gouffre financier protégé par François Hollande, président du Conseil général local?: pas question de vexer la famille Chirac quand son chef déclare voter pour vous?! Si vous passez par Cambridge, filez admirer les femmes de Wermer, au Fitzwilliam Museum. Quatre tableaux du maître, y sont exposés, aux côtés de vingt œuvres de ses contemporains.



