L’Union des Monégasques n’est pas mort. L’ancien parti majoritaire a retrouvé ses militants le 10 juin. Objectif : mobiliser les troupes pour préparer l’avenir…
Quatre mois jour pour jour après la gifle du 10 février, l’Union des Monégasques organisait son « AG du renouveau ». Une formule du président, confirmé dans ses fonctions, Gérard Bertrand, qui a tenté de remobiliser les troupes après une sanction électorale qu’il a souhaité relativiser, l’imputant au mode de scrutin actuel : « Au final, on est loin du ras-de-marée annoncé dans la presse. Un Monégasque sur deux n’a pas voté Horizon Monaco. » « Ce n’est pas une défaite honteuse. On n’a pas à rougir du résultat », a renchéri Jean-François Robillon, rappelant, sybillin, qu’il fallait « passer la main » sans oublier « ceux qui nous ont plombés… ». Passé dans l’opposition, l’ancien président du conseil national ne s’est pas prononcé pour autant en faveur d’une modification de la loi électorale : « Je ne pense pas qu’un fait majoritaire clairement établi soit une catastrophe », a indiqué celui qui a vu sa majorité se disloquer pendant le mandat 2008-2013.
« C’est ça le changement promis ? »
Pour Robillon, cette rencontre avec les adhérents de l’UDM était aussi l’occasion de faire passer quelques messages. Et surtout d’expliquer sa position « en retrait ». Au-delà de son inculpation dans l’affaire du sondage, il s’agit selon lui d’« éviter d’envenimer les choses au conseil national. A chaque fois que je prends la parole, le président Nouvion a l’impression que je l’attaque personnellement. Il n’a pas passé le cap de la campagne électorale… » Les piques en direction de la nouvelle majorité se sont d’ailleurs enchaînées le 10 juin, au Novotel : « Que font-ils depuis qu’ils ont été élus ? Ils préfèrent critiquer plutôt que travailler. On assiste au retour du favoritisme, de la chasse aux sorcières et des petits arrangements entre amis de la même caste. C’est ça le changement promis ? », a interrogé Gérard Bertrand devant une assistance réunissant des colistiers UM, l’ancien président de PFM René Giordano ou encore Jean-Michel Rapaire de Renaissance. Le répertoire a été sensiblement le même du côté des élus Union monégasque. Opacité du fonds de réserve, conseil de l’Europe, amalgame entre citoyens et sujets monégasques… Bernard Pasquier accuse la majorité d’opérer une distinction entre le « Monaco d’en haut et Monaco d’en bas ». Jean-Louis Grinda a, lui, raillé « beaucoup de dysfonctionnements au conseil. Mettons ça sur l’insuffisance des débutants… » Le président de la commission environnement du conseil national a esquissé la ligne de bataille que les 3 élus respecteront durant ce mandat. « Nous serons intransigeants sur nos engagements de programme. Et nous laverons l’honneur de nos collègues Gardetto et Marquet — désormais vice-président de l’UDM, N.D.L.R. — accusés de haute trahison. J’en fais aujourd’hui le serment », a promis l’élu Union monégasque.
Un parti Union Monégasque ?
Elu comme indépendant au sein d’une liste Union monégasque, englobant l’UDM et l’Unam, Grinda a refusé d’intégrer l’Union des Monégasques. Caressant l’espoir de voir naître un jour une nouvelle formation politique, sous la bannière Union monégasque. « Ce n’est qu’une idée », a modéré le directeur de l’opéra. Tout en rappelant qu’il fallait se préparer dès aujourd’hui à d’éventuels revirements du côté de Horizon Monaco. « Cette majorité est une majorité de façade. Il est important d’être aux côtés de ceux qui pourraient changer d’avis. Et cela pourrait ne pas trop tarder… », s’est avancé Jean-Louis Grinda.



