mercredi 15 avril 2026
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Thomas Brezzo réélu à la présidence du Conseil national

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Comme prévu, le président sortant du Conseil national, Thomas Brezzo, a été reconduit dans ses fonctions en fin de journée, le 2 avril 2025, avec toujours à ses côtés Jean-Louis Grinda dans le rôle de vice-président. Rappelant les promesses faites par le ministre d’Etat Didier Guillaume avant sa disparition, le président du Conseil national a appelé le gouvernement monégasque à respecter ses engagements.

Inutile de chercher du suspens, il n’y en a pas eu. D’ailleurs, personne n’en attendait. Seul candidat à sa succession, Thomas Brezzo, président du Conseil national sortant, a été réélu à une très large majorité des conseillers nationaux présents, dans la soirée du 2 avril 2025 (1). Avec 22 voix « pour » et un vote blanc, les comptes ont vite été faits et Thomas Brezzo a pu entamer sa deuxième année à la tête de l’Assemblée monégasque. Présente dans l’hémicycle, et désormais dans la minorité et sans étiquette depuis qu’elle a décidé de quitter le groupe politique majoritaire L’Union en janvier 2025, on peut imaginer que Brigitte Boccone-Pagès a, sans doute, préféré s’abstenir. Pour Thomas Brezzo, l’heure n’était donc pas au triomphalisme, mais plutôt à mesurer le travail qui attend les élus pour les trois années de mandat qu’il reste jusqu’aux prochaines élections nationales, qui auront lieu en février 2028.

Un double hommage

C’est par un double hommage que Thomas Brezzo a débuté son discours. Il a d’abord évoqué la mémoire d’Henry Rey (1940-2025), fils du président Jean-Charles Rey (1914-1994), qui a siégé au Conseil national de 1968 à 2008 [à ce sujet, lire notre article Disparition d’Henry Rey, figure de la politique et du sport monégasque, publié dans Monaco Hebdo n° 1361 — NDLR] : « Il détient toujours le record de longévité pour l’exercice des fonctions de conseiller national, soit quatre décennies. Quatre décennies à servir le pays. Quatre décennies à servir nos compatriotes. […] Nous avons perdu un grand conseiller national qui fit honneur à notre institution. » Le second hommage est allé au ministre d’Etat, Didier Guillaume (1959-2025), décédé le 17 janvier 2025 : « Sa disparition brutale après quatre mois au service de la principauté aura été un choc, au-delà même de nos frontières. C’est peu dire que son départ nous a tous sidérés, bouleversés. À titre personnel, l’émotion n’est pas éteinte, car j’avais, du moins j’ose le penser, noué des liens d’amitié avec lui. Une amitié qui ne faisait, en aucun cas, ombrage à nos statuts respectifs et qui, bien au contraire, nous permettaient d’avancer efficacement, sans arrière-pensées, tout en gardant la force de nos convictions, sur des sujets réputés compliqués, qu’il avait le don unique de rendre accessibles par la force de son bon sens. » Prenant à son tour la parole, la ministre d’Etat par intérim, Isabelle Berro-Amadeï a ajouté : « Au-delà de son activité notariale, Me Henry Rey était un homme d’une grande élégance morale, doté d’un esprit vif et éclairé, un homme d’honneur et de responsabilité, qui a participé activement à la vie publique monégasque, guidé par une volonté inébranlable de servir son pays. Me Henry Rey a marqué de son empreinte, par son savoir, son action et sa sagesse, l’Histoire de la principauté. » Associant le gouvernement monégasque à l’hommage rendu par le Conseil national à Didier Guillaume, Isabelle Berro-Amadeï l’a décrit comme un « homme de conviction, de dialogue et d’action », qui a « insufflé, dès son arrivée à la tête du gouvernement le 2 septembre 2024, une dynamique nouvelle, fidèle aux valeurs d’équilibre, de pragmatisme et d’humanité qui lui étaient chères. Au-delà de son exceptionnelle capacité de travail, de sa passion pour la politique en faveur des femmes et des hommes, et de son esprit de cohésion et de mobilisation, il a su démontrer un attachement sincère pour notre pays. Outre l’homme d’Etat au service de S.A.S. le prince souverain et de la principauté, son écoute, sa disponibilité et son sourire bienveillant lui ont permis d’être rapidement apprécié à Monaco »

« Res  non  verba »

Après ce moment d’émotion, la politique a repris ses droits, en commençant par la façon d’en faire. « Certains d’entre-vous ont déjà parlé de « méthode Brezzo ». Être sérieux … Sans se prendre au sérieux. Être direct, franc et transparent, soucieux de la parole de chacun et de la collégialité. J’accepte et je revendique bien volontiers toutes ces caractéristiques », a glissé Thomas Brezzo. Avant d’ajouter : « Le Conseil national est de retour. Il est de retour dans la tête et dans le cœur des Monégasques, des résidents et des acteurs économiques de la principauté qui participent au débat démocratique. » Ensuite, ce sont bien sûr les dossiers du moment qui sont remontés à la surface. « A ce propos, des engagements ont été pris par Didier Guillaume, non pas en son nom personnel, mais au nom du gouvernement et en sa qualité de ministre d’Etat. Ces engagements doivent être tenus, nous y veillerons, car un engagement, c’est une dette sur l’avenir, une dette qui ne saurait être effacée au prétexte du temps qui passe. « Res  non  verba », des actes et pas des mots », a lancé le président du Conseil national. Si l’année 2 de la présidence de Thomas Brezzo sera toujours centrée autour du dialogue, elle ne devrait pas manquer, non plus, de fermeté, si cela s’avère nécessaire. Des décisions doivent être annoncées par le gouvernement monégasque d’ici ce printemps 2025 pour certains dossiers, et d’ici l’été 2025 pour d’autres. Les dossiers sur le feu sont nombreux et très épais, pour la plupart : centre de traitement et de valorisation des déchets, rapprochement de Monaco Info et de TVMonaco, restructuration du centre commercial de Fontvieille, et même l’Annonciade II. Lancé en 2009, ce projet immobilier a pour objectif la création d’un nouveau quartier à proximité de la tour Odéon, un « petit La Défense », avait dit le ministre d’Etat de l’époque, Jean-Paul Proust (1940-2010) [à ce sujet, lire notre article Projet immobilier de l’Annonciade II : plus de quinze ans après, où en est-on ?, publié dans ce numéro de Monaco Hebdo — NDLR]. Là encore, le président du Conseil national attend aussi des « actes pour l’avancée, après quinze ans de surplace, d’un véritable projet d’urbanisme pour le quartier de l’Annonciade II ». Et comme gouverner, c’est prévoir, Thomas Brezzo a, une fois encore, réclamé le « lancement concret d’études pour un métro entre Nice et Monaco, puis Menton et Vintimille ».

Proximité

Le premier signal attendu par le Conseil national sera la présentation par le gouvernement de la restructuration du centre commercial de Fontvieille, dès ce printemps 2025. Les élus attendent « la présentation d’un projet réaliste, ambitieux, fort de nouveaux commerces, d’espaces d’animation pour les familles, d’un cinéma de dernière génération… Nous attendons la présentation d’un projet, avec un calendrier et un budget, qui ne saurait se limiter à deux coups de pinceau et du Ripolin en cache-misère », a prévenu Thomas Brezzo. Plus que jamais, l’heure tourne et les élus répètent qu’ils seront attentifs au respect des promesses faites fin 2024. « L’assurance que l’on passerait de la parole aux actes ce printemps, sur tous ces sujets, était la condition clairement affirmée de notre vote positif lors du budget primitif en décembre dernier. Nous sommes au printemps… Cela n’aura échappé à personne. Madame la ministre, dès notre premier entretien après votre prise de fonction, vous m’avez confirmé que le gouvernement poursuivrait ces travaux et respecterait ses engagements. Nous en avons pris acte. Il reste donc moins de trois mois, jusqu’au 30 juin 2025, pour passer de la parole aux actes », a souligné Thomas Brezzo, qui a proposé au vice-président sortant de rempiler à ses côtés dans ses fonctions. Jean-Louis Grinda a accepté, et un vote identique, 22 voix « pour » et un vote blanc, lui ont permis de se lancer dans cette deuxième année aux côtés de Thomas Brezzo : « J’ai été très fier d’œuvrer au côté de notre président, monsieur Brezzo. La chose n’est pas facile, parce que nous sommes une union, et cette union est faite de tempéraments, parfois d’idées différentes, et il faut la faire vivre […]. Thomas Brezzo sait faire vivre cette union. Mais il sait également faire vivre l’institution avec des permanents, nous l’avons tous pu le constater. Il se dévoue sans compter au niveau de ses heures pour participer au maximum de manifestations, j’essaye modestement de le seconder ainsi que tous les collègues ici présents. Et également, il a renforcé la présence du Conseil National à l’international, ce qui est très important par les temps que nous connaissons. » Avant d’ajouter : « Je prends cette vice-présidence très à cœur. Comme l’a dit le président Brezzo, nous formons un tandem. Chacun peut faire confiance à l’autre, mais chacun d’entre vous peut nous faire confiance, et c’est cela la chose la plus importante. » Alors que le groupe politique de Marc Mourou, Génération Monaco, a débuté le 31 mars 2025 une série de réunions publiques sur le thème de la santé [à ce sujet, lire nos pages « Essentiels », dans ce numéro de Monaco Hebdo — NDLR], L’Union entend bien occuper le terrain aussi, et montrer sa proximité avec les Monégasques. Ainsi, après la consultation publique auprès de la population monégasque dont les résultats ont été révélés en novembre 2024 [à ce sujet, lire notre article Une consultation pour mieux comprendre les attentes des Monégasques, publié dans Monaco Hebdo n° 1355 — NDLR], à partir du mois de mai 2025, une série de réunions publiques auront lieu dans l’hémicycle du Conseil national, a annoncé Thomas Brezzo : « Vous aurez la parole, vous aurez tout le temps de vous exprimer et d’échanger avec vos élus. »

1) Vingt-trois conseillers nationaux étaient présents pour cette séance publique, qui s’est déroulée dans la soirée du 2 avril 2025. Balthazar Seydoux était absent.

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