L’opposition parlementaire a dénoncé des connivences du gouvernement avec la nouvelle majorité et dénoncé des irrégularités devant le parquet.
En octobre, Jean-François Robillon avait déjà profité de la tribune qui lui était offerte pour dénoncer le soutien du gouvernement à Laurent Nouvion, pendant la campagne électorale. Cette fois-ci, l’ancien président du conseil national a poussé l’analyse encore plus loin. Il a carrément fustigé un changement de régime induit par l’appui apporté par le gouvernement à la liste Horizon Monaco aux élections de février 2013. « Le fait que les membres du gouvernement aient favorisé une des listes en présence conduit en conséquence à ce que le programme proposé par la liste soutenue soit le programme favorisé par le gouvernement. » Pour l’élu, la conclusion est simple : « Le ministre d’Etat et son gouvernement, du moins en partie, ont donc conduit à un changement institutionnel drastique. Il s’agit donc d’un système antidémocratique où un groupe de personnes en charge du pouvoir exécutif décide et choisit la composition du parlement national. »
« On joue sacrément bien la comédie »
Le ministre d’Etat Michel Roger s’est bien évidemment « inscrit en faux » contre ces propos. « Le gouvernement du prince n’a pas pris part à la précédente élection. D’ailleurs, les deux listes m’ont reproché de ne pas être suffisamment bienveillant et actif. Je n’ai soutenu ni choisi personne », a-t-il rectifié. Cette saillie aurait pu faire bondir la majorité. Les réactions ont finalement été très limitées dans l’hémicycle. « Depuis le 11 février, compte tenu des tensions avec le gouvernement, s’il y avait connivence et qu’on était de mèche, on joue sacrément bien la comédie… », commente Jean-Charles Allavena. Le président de Rassemblement & Enjeux juge les accusations de Robillon « grotesques et hors sujet. Je mets au défi quiconque de prouver que le gouvernement nous a soutenus pendant la campagne. J’ai même du mal à voir quel intérêt il aurait eu à nous soutenir. Les programmes, c’était blanc bonnet et bonnet blanc. Et le gouvernement avait la paix avec l’ancienne majorité qu’il avait sous contrôle. »
Signalement
De son côté, Jean-Louis Grinda a annoncé dans sa déclaration de politique générale que les 3 élus UM ont déposé au parquet « un signalement de faits susceptibles de constituer des infractions pénales face à l’opacité érigée en système de gestion » par Laurent Nouvion. Cette action vise des contrats liant l’assemblée. « A de très nombreuses reprises, nous avons demandé des explications qui ne nous ont été fournies qu’au compte-gouttes et de manière insatisfaisante. Personne, dans cet hémicycle, ne peut dire qu’il n’est pas au courant, puisqu’il y a eu un vote en juin dernier », avance l’élu. Le lendemain, Jean-Louis Grinda en a remis une couche lors des débats. Cette fois-ci, Laurent Nouvion l’a accusé de vouloir le « salir » et de réitérer « les méthodes de la campagne électorale. » Les trois élus Union Monégasque ont voté contre la ligne budgétaire du conseil national.



