mercredi 15 avril 2026
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Tensions au Conseil national

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L’opposition parlementaire a dénoncé des connivences du gouvernement avec la nouvelle majorité et dénoncé des irrégularités devant le parquet.

En octobre, Jean-François Robillon avait déjà profité de la tribune qui lui était offerte pour dénoncer le soutien du gouvernement à Laurent Nouvion, pendant la campagne électorale. Cette fois-ci, l’ancien président du conseil national a poussé l’analyse encore plus loin. Il a carrément fustigé un changement de régime induit par l’appui apporté par le gouvernement à la liste Horizon Monaco aux élections de février 2013. « Le fait que les membres du gouvernement aient favorisé une des listes en présence conduit en conséquence à ce que le programme proposé par la liste soutenue soit le programme favorisé par le gouvernement. » Pour l’élu, la conclusion est simple : « Le ministre d’Etat et son gouvernement, du moins en partie, ont donc conduit à un changement institutionnel drastique. Il s’agit donc d’un système antidémocratique où un groupe de personnes en charge du pouvoir exécutif décide et choisit la composition du parlement national. »

« On joue sacrément bien la comédie »
Le ministre d’Etat Michel Roger s’est bien évidemment « inscrit en faux » contre ces propos. « Le gouvernement du prince n’a pas pris part à la précédente élection. D’ailleurs, les deux listes m’ont reproché de ne pas être suffisamment bienveillant et actif. Je n’ai soutenu ni choisi personne », a-t-il rectifié. Cette saillie aurait pu faire bondir la majorité. Les réactions ont finalement été très limitées dans l’hémicycle. « Depuis le 11 février, compte tenu des tensions avec le gouvernement, s’il y avait connivence et qu’on était de mèche, on joue sacrément bien la comédie… », commente Jean-Charles Allavena. Le président de Rassemblement & Enjeux juge les accusations de Robillon « grotesques et hors sujet. Je mets au défi quiconque de prouver que le gouvernement nous a soutenus pendant la campagne. J’ai même du mal à voir quel intérêt il aurait eu à nous soutenir. Les programmes, c’était blanc bonnet et bonnet blanc. Et le gouvernement avait la paix avec l’ancienne majorité qu’il avait sous contrôle. »

Signalement
De son côté, Jean-Louis Grinda a annoncé dans sa déclaration de politique générale que les 3 élus UM ont déposé au parquet « un signalement de faits susceptibles de constituer des infractions pénales face à l’opacité érigée en système de gestion » par Laurent Nouvion. Cette action vise des contrats liant l’assemblée. « A de très nombreuses reprises, nous avons demandé des explications qui ne nous ont été fournies qu’au compte-gouttes et de manière insatisfaisante. Personne, dans cet hémicycle, ne peut dire qu’il n’est pas au courant, puisqu’il y a eu un vote en juin dernier », avance l’élu. Le lendemain, Jean-Louis Grinda en a remis une couche lors des débats. Cette fois-ci, Laurent Nouvion l’a accusé de vouloir le « salir » et de réitérer « les méthodes de la campagne électorale. » Les trois élus Union Monégasque ont voté contre la ligne budgétaire du conseil national.

Vote négatif

C’est en plein cœur des débats budgétaires, et au lendemain de ses accusations contre le gouvernement, que Jean-François Robillon a appris la décision de la cour d’appel dans l’affaire du sondage OpinionWay, de le renvoyer devant le tribunal correctionnel. Le 18 décembre, lors du vote du chapitre « direction des services judiciaires », il a déclaré que cette décision était « politique ». « Je suis plus que jamais décidé à la contester », a-t-il ajouté, avant d’annoncer qu’il voterait contre cette ligne. Un vote qui « constitue la critique de l’instrumentalisation d’un système ».
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