mardi 17 mars 2026
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Près de 200 sépultures pourraient être déplacées pour l’îlot Charles III

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Le projet de transformation de l’îlot Charles III, qui doit intégrer la construction du nouveau centre de traitement de déchets, prévoit le déplacement de près de 200 sépultures du cimetière de Monaco, sur lequel mordent les plans de ce chantier. Les élus du Conseil national s’en sont offusqués lors des débats budgétaires du 20 juin 2024.

Chiffré aux alentours des 1,5 milliard d’euros, le projet de transformation de l’îlot Charles III va dépendre du déplacement de plusieurs centaines de niches funéraires du cimetière de Monaco. Beaucoup de choses ont déjà été dites et écrites au sujet du futur chantier de l’îlot Charles III, mais ce point n’avait visiblement jamais été éclairci : une parcelle du cimetière devrait en effet être englobée dans ce chantier, censé accueillir un grand jardin paysager, en plus de la construction du centre de traitement des déchets et de trois nouvelles tours. Et cela implique le déplacement d’enfeus, où reposent les défunts. Ce point sensible doit donc faire l’objet d’une loi de transfert avec l’État monégasque, puisque cette parcelle appartient encore au domaine communal. Mais encore faut-il que les familles concernées donnent leur accord.

Ce projet implique le déplacement d’enfeus, où reposent les défunts. Ce point doit donc faire l’objet d’une loi de transfert avec l’État monégasque, puisque cette parcelle appartient encore au domaine communal. Mais encore faut-il que les familles concernées donnent leur accord

Que faire en cas de refus des familles ?

Les élus ont découvert cette problématique en marge de la préparation du premier budget rectificatif de printemps 2024. La séance du 20 juin a permis d’en parler publiquement, non sans émotion, avec la conseillère-ministre de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme, Céline Caron-Dagioni.

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« Je suis stupéfait. Je découvre ce projet, comme beaucoup d’entre nous, et je n’ai pas le souvenir que vous nous ayez donné ce chiffre, s’est offusqué le vice-président du Conseil national, Jean-Louis Grinda. Je suis au bord de l’indignation, je vous le dis du fond du coeur. » Selon Thomas Brezzo, le président du Conseil national, près de 200 sépultures seraient en effet concernées par un éventuel déplacement, pour les besoin du chantier sur l’îlot Charles III : « Nous avons appris ce chiffre par l’intermédiaire de la mairie. C’est une information qu’il aurait fallu donner aux élus au préalable. Elle méritait notre attention, madame la ministre. »

Formalisation juridique

En l’état, des discussions sont en cours entre le gouvernement monégasque et le conseil communal, selon Céline Caron-Dagioni, pour délivrer le permis de construire nécessaire. Ces discussions font en effet l’objet de formalisation juridique, étant donné la sensibilité de ce sujet, qui touche au respect du corps après la mort. Car ce point est susceptible de bloquer le chantier, en cas de désaccord des familles. « C’est tout l’objet des échanges juridiques », note Céline Caron-Dagioni, sans plus de précisions. Des précisions que les élus auraient aimé obtenir à l’issue de ces discussions : « Vous ne pouvez pas nous donner une réponse sur un projet à 1,5 milliard ? », s’est agacé Thomas Brezzo. Nul doute que ce projet fera encore parler de lui dans les mois à venir.

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