dimanche 19 avril 2026
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Municipales 2026 : Nice et Menton basculent à l’extrême droite

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Sur la Côte d’Azur, le 22 mars 2026, à l’issue de ces municipales particulièrement mouvementées et médiatiques, le paysage local reste très majoritairement à droite. L’extrême droite a confirmé sa progression, en remportant quatre municipalités du département, dont Nice et Menton. La gauche et les écologistes restent minoritaires, avec respectivement deux mairies conquises. Pour ces municipales, l’abstention est restée forte dans les Alpes-Maritimes : 44,67 %. C’est plus qu’au niveau national (42,90 %). Par Mélicia Poitiers

Nice

• Éric Ciotti — Union des droites pour la République (union extrême droite) : 48,54 %
• Christian Estrosi — Horizons (union droite) : 37,20 %
• Juliette Chesnel-Le Roux — Les Écologistes (union gauche) : 14,26 %

Éric Ciotti, fondateur de l’Union des droites pour la République (UDR) et allié au Rassemblement national (RN), a mis fin à 18 ans d’ère estrosienne, au terme d’une campagne pour le moins rocambolesque. Il remporte la mairie de Nice avec 48,54 % des suffrages, offrant la cinquième ville de France à l’extrême droite. « Cette victoire elle donne du bonheur a une majorité de niçoises et de niçois qui espèrent ce changement depuis des années », a-t-il déclaré devant ses partisans. De son côté, Christian Estrosi n’a pas digéré que Juliette Chesnel-Le Roux, candidate écologiste soutenue par le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste (PC) (14,26 % au second tour), ne se soit pas retirée. Cette dernière avait estimé que les deux candidats avaient plus ou moins la même politique et qu’Estrosi avait tracé le sillon de l’extrême droite. « Le front républicain est mort ce soir à Nice […]. Cette campagne des municipales à Nice restera comme celle où la gauche écologiste a passé une alliance objective avec le RN », a déclaré le maire sortant, amer, avant d’annoncer qu’il ne siégerait pas dans l’opposition au conseil municipal pour « prendre le recul nécessaire », tout en songeant à « d’autres défis ».

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Roquebrune-Cap-Martin

• Patrick Cesari — Divers droite : 50,97 %
• Guillaume Contesse — Rassemblement national : 30,50 %
• Gilbert Furlan — Divers droite : 10,71 %
• Anthony Malvault — Divers droite : 7,82 %

À Roquebrune-Cap-Martin, la dispersion des candidatures et l’absence d’union ont favorisé le maintien du maire sortant. Comme il l’avait prévu, Patrick Cesari est élu pour un sixième et dernier mandat qui lui servira à préparer la suite, à savoir son binôme Dominique Nicolaï appelé à lui succéder. Guillaume Contesse, candidat du Rassemblement national (RN) termine à la deuxième place avec 30,5 % des voix, suivi de Gilbert Furlan et Anthony Malvault, qui enregistrent respectivement 10,71 et 7,82 % des voix. Au conseil municipal, la majorité s’offre ainsi 26 sièges contre 5 sièges pour le RN et un siège pour les deux autres listes.

Menton

• Alexandra Masson — Rassemblement national : 49,09 %
• Sandra Paire — Divers droite : 34,69 %
• Florent Champion — Divers Droite : 16,22 %

À Menton, où l’enjeu était le renouveau et l’apaisement après le mandat d’Yves Juhel, l’extrême droite a profité d’une droite locale éclatée pour s’imposer. Alexandra Masson, députée du Rassemblement national (RN), est devenue maire avec quinze points d’avance sur Sandra Paire (34,69 % des voix). Cette dernière, qui avait critiqué Louis Sarkozy pendant toute la campagne pour son statut de « parachuté », a surpris son électorat en s’associant à lui au second tour, ce qui a pu fragiliser sa crédibilité. De son côté, elle fait porter la responsabilité du résultat sur Florent Champion, qui s’est maintenu au second tour. Lui assure que Sandra Paire et Louis Sarkozy ont refusé de s’entendre à trois. « Demain, nous serons le seul groupe d’opposition cohérent qui ne s’est pas renié dans l’entre-deux-tours », a déclaré le candidat à Nice-Matin. Ce dernier a gagné trois sièges au conseil municipal, contre sept pour Sandra Paire et 29 pour Alexandra Masson. La nouvelle maire RN devra, en revanche, renoncer à son poste de députée, conformément à la loi sur le non-cumul de mandats. C’est son colistier et suppléant Gabriel Tomatis qui récupèrera son siège.

La Turbie

• Valentin Lopez — Sans étiquette : 38,09 %
• Sandrine Penta — Sans étiquette : 32,12 %
• Daniel Candela — Sans étiquette : 29,79 %

À La Turbie, où le premier tour avait été très serré, c’est finalement Valentin Lopez qui a remporté cette municipalité avec 38,09 % des voix. Plus jeune candidat, cet ostéopathe de 33 ans qui fut élu sur la liste de Jean-Jacques Raffaele, maire sortant, en 2020, avait été écarté de la majorité en 2024. Derrière lui, deux adjoints de l’équipe sortante ont décidé de ne pas s’allier au second tour. Sandrine Penta, la nièce de Jean-Jacques Raffaele, qui avait bénéficié du soutien de son oncle, a terminé à la deuxième place, suivie de Daniel Candela.

Villefranche-sur-Mer

• Robert Capelier — Divers droite : 51,74 %
• Christophe Trojani — Divers droite : 48,26 %

À Villefranche-sur-mer, Christophe Trojani n’effectuera pas le troisième mandat espéré. Le maire sortant qui avait obtenu 42,40 % au premier tour a été battu de justesse par Robert Capelier, architecte, sans étiquette, mais d’orientation divers droite. Ce dernier a bénéficié du soutien des deux autres listes (Benjamin Bunger et Jean-Pierre Mangiapan) qui se sont ralliés à sa cause dans l’entre-deux-tours. Il a dit à Nice-Matin vouloir être « un maire rassembleur ». Christophe Trojani conserve sept sièges au conseil municipal, mais il n’a pas confirmé qu’il y siègerait.

Municipales 2026 : Des vainqueurs dès le premier tour

Plusieurs communes des Alpes-Maritimes n’ont eu besoin que du premier tour des élections municipales, confirmant des ancrages politiques solides ou sans opposition. À Beausoleil, le maire sortant Gérard Spinelli a été réélu avec 54,09 % des voix après un duel père-fils, décrochant ainsi un sixième mandat, malgré un score en recul par rapport à 2020. À Cap d’Ail et à Eze, les maires semblent indéboulonnables. Xavier Beck (UDR), en poste depuis 1995, a été reconduit sans opposition, tout comme Stéphane Cherki à Èze, également réélu sans adversaire pour un quatrième mandat, le troisième consécutif dans cette configuration. D’autres figures politiques ont confirmé leur domination dès le premier tour. À Antibes, Jean Leonetti (LR) a été largement réélu avec 66,64 % des voix, entamant un sixième mandat à la tête de la ville. À Cannes, David Lisnard (Nouvelle Energie), semble-t-il très apprécié par ses administrés, a réalisé le meilleur score du département, obtenant 81,11 % des suffrages. « Félicitations à Eric Ciotti pour cette belle victoire, qui est celle de son travail et de ses qualités, et aurait été plus large sans l’étiquette RN. J’invite Eric Ciotti à sortir de son alliance avec le RN et à rejoindre la droite indépendante, pour donner une nouvelle énergie à la France », a lancé David Lisnard sur le réseau social X, dans la soirée du 22 mars 2026.

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