samedi 11 avril 2026
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Municipales 2026 : l’heure du vote pour les azuréens

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À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la Côte d’Azur connaît des situations politiques contrastées entre les villes où les maires sortants sont solidement installés, et parfois sans opposants, et celles qui comptent de nombreux candidats. Entre rivalités personnelles et fractures politiques, les campagnes sont particulièrement animées. Quant aux débats, ils tournent, le plus souvent, autour de la sécurité, de la circulation, de l’urbanisme et du logement. Par Mélicia Poitiers

Nice

Le duel Estrosi – Ciotti au cœur de la campagne municipale

La campagne municipale à Nice promet un duel disputé entre le maire sortant Christian Estrosi (Horizons), qui brigue un quatrième mandat, et le député Éric Ciotti (Union des droites) allié au Rassemblement national (RN). Estrosi mise sur la continuité de projets structurants comme l’éco-vallée et la transformation de la plaine du Var, alors que Ciotti tente de se positionner sur des propositions originales, comme la création d’une « zone franche économique commune » avec Monaco. Ce dernier la présente comme un levier d’attractivité économique, tandis que Christian Estrosi estime que cela transformera Nice en satellite fiscal avec des conséquences pour ses entreprises et ses terres agricole [à ce sujet, lire l’interview Zone franche monégasque à Nice – Franck Julien : « L’enjeu est d’investir ensemble, là où nous pouvons créer de la valeur », publiée dans Monaco Hebdo n° 1400 — NDLR]. Juliette Chesnel-Le Roux, candidate écologiste, Mireille Damiano, (La France insoumise), Cédric Vella (Reconquête), ainsi que deux candidats sans investiture (Céline Forjonnel et Estelle Jaquet) multiplient les propositions sur la transition écologique, le logement ou le social. Mais leurs messages restent éclipsés par le bras de fer Estrosi – Ciotti.

Beausoleil

Bataille triangulaire sur fond de duel père-fils

À la frontière monégasque, la campagne municipale beausoleilloise a pris une tournure particulièrement inhabituelle. A 71 ans, le maire sortant, Gérard Spinelli, brigue un sixième mandat après 30 ans cumulés à la tête de la ville. Mais cette fois, il affronte son propre fils, Nicolas Spinelli, 39 ans, ancien membre de la majorité municipale, devenu opposant sur fond de querelle familiale. Ce dernier critique la bétonisation menée ces dernières années et la gestion financière de certains projets emblématiques, comme le Village Charlot. Le maire sortant, lui, met en avant son bilan en matière d’équipements, de mobilité – développement des escalators urbains – et de sécurité, avec la création du premier commissariat mutualisé de la Côte d’Azur. Une troisième candidature, portée par Livio Orsi, franco-italien de 39 ans, entend incarner une alternative citoyenne « sans polémique ». Ce candidat a notamment fait parler de lui en proposant de renommer la ville « Beausoleil Monte-Carlo », une proposition retirée face aux critiques suscitées. Il souhaite également redonner la priorité du stade du Devens aux Beausoleillois plutôt qu’aux clubs monégasques. Une bataille sans aucune affiliation partisane.

Menton

Une campagne plus médiatique que jamais

A Menton, six candidats se disputent la succession d’Yves Juhel, dont le mandat a été marqué par les affaires judiciaires. Florent Champion et Sandra Paire, nés à Menton et élus de longue date, misent sur leur ancrage local et leur connaissance des dossiers. Tous deux se présentent sans investiture, puisque c’est Louis Sarkozy qui a obtenu celle des Républicains (LR). Sa candidature a participé à une médiatisation nationale inédite de la campagne. La droite modérée est donc complètement éclatée, ce qui pourrait permettre au Rassemblement national (RN) et à Alexandra Masson, avocate et députée des Alpes Maritimes, de tirer son épingle du jeu. Émilie Ria, infirmière puéricultrice, représente Reconquête. A l’autre bout de l’échiquier politique, Laurent Lanquar-Castiel est le seul candidat de gauche. Parmi les sujets phares de campagne : la sécurité, le logement et la redynamisation de la ville, notamment pour les jeunes.

Cap-d’Ail

Après trente ans de pouvoir, Xavier Beck est seul en lice

À Cap-d’Ail, la campagne municipale a des allures de formalité. Maire depuis 1995, Xavier Beck, 72 ans, brigue un sixième mandat consécutif après plus de 30 ans passés à la tête de cette commune. Aucun adversaire ne s’est déclaré face à lui, laissant cet édile repartir seul dans la course. Désormais proche de l’Union des droites pour la République (UDR) fondée par Éric Ciotti, il revendique l’absence de hausse d’impôts depuis son arrivée et d’une dette municipale nulle. Pour le mandat à venir, Xavier Beck met en avant plusieurs dossiers : l’installation d’une maison médicale dans les locaux de l’ancienne Poste, la poursuite du réaménagement de la plage de la Mala et quelques opérations de logements sociaux. Quant au projet de trémie sur la moyenne corniche, le tribunal administratif de Nice a rejeté les deux recours de Xavier Beck et la métropole enjoint la commune de Cap-d’Ail à engager « sans délai » les sondages nécessaires au lancement du chantier.

Roquebrune-Cap-Martin

Continuité ou alternance ?

Maire depuis 1995, Patrick Césari (Les Républicains) brigue un sixième mandat à Roquebrune-Cap-Martin. Il entend faire équipe avec l’ex-Mentonnais Dominique Nicolaï en vue de lui passer le relais après cet éventuel dernier mandat. Réélu en 2020 avec 52,11 % des voix dans un contexte de forte abstention (58 %), cet édile devra, cette fois, faire face à une opposition multiple et offensive. Elle compte deux candidats sans étiquette : Gilbert Furlan, conseiller municipal d’opposition depuis 2020 et Sameh Hassan, sans passé politique et entrepreneur dans la commune. Guillaume Contesse représente le Rassemblement national (RN) et Eric Guchez le parti d’Eric Zemmour, Reconquête. Enfin, Anthony Malvault qui s’était présenté aux élections municipales de 2020 à Roquebrune-Cap-Martin, puis en 2022 aux élections partielles à Menton, a tardivement annoncé sa candidature. Les opposants critiquent la gouvernance du maire, jugée trop centralisée et opaque. De son côté, Patrick Césari défend une réduction de la dette communale de 71 % en dix ans. Le projet de fluidification de l’échangeur de Saint-Roman fait partie des sujets de campagne. Selon Patrick Cesari, la dernière commission transfrontalière organisée par la préfecture en janvier 2026, a approuvé le principe d’une maîtrise d’ouvrage confiée à la Principauté.

La Turbie

Cinq candidats à la succession de Jean-Jacques Raffaele

À La Turbie, Jean-Jacques Raffaele a annoncé qu’il ne serait pas candidat à sa réélection pour un troisième mandat. Sa succession est particulièrement convoitée. Cinq candidats, tous sans étiquette politique, se sont déclarés. Valentin Lopez, ancien élu qui a quitté la majorité en 2024, a été le premier à dégainer. Adjoint au maire, Daniel Candela mène la liste « La Turbie ambitieuse », misant sur la continuité de l’action municipale et la préservation du cadre de vie. De son côté, la conseillère municipale Sandrine Penta (« Agir pour la Turbie ») insiste sur la proximité avec les habitants et une équipe renouvelée. Sans passé politique, Laurent Casabianca défend un « nouvel élan » axé sur les enjeux du quotidien, comme le stationnement, le logement et la mobilité. Quant à l’opposant historique, Jean-Philippe Gispalou, il porte une candidature de rupture avec la gestion municipale actuelle.

Èze

Stéphane Cherki brigue un quatrième mandat sans opposition

À Èze, Stéphane Cherki semble indéboulonnable. Il brigue un quatrième mandat, seul, après trois réélections sans opposition depuis 2008. Dans le cadre de cette campagne, il met en avant son bilan : parking de Gaulle et nouvelle place éponyme, rachat de foncier par la commune, relance de l’offre commerciale… Et il expose ses défis majeurs : dépeuplement du vieux village, pression immobilière, menace d’érosion sur la plage et maintien d’habitants permanents. Interrogé sur son positionnement concernant le projet de parking-relais à la Brasca porté par le gouvernement monégasque, il dit y être favorable, notamment car ce sera l’opportunité de « développer ce quartier ».

Villefranche-sur-Mer

Trois candidats contre Christophe Trojani

A Villefranche-sur-Mer les habitants devront choisir entre quatre candidats. Le maire sortant, Christophe Trojani, brigue un troisième mandat, avec une équipe renouvelée. Il met en avant son bilan et le point central de ces prochaines années : la création d’un parking sous la Citadelle. Face à lui, JeanPierre Mangiapan, ancien élu du conseil régional se présente avec trois priorités : l’environnement, le renouveau économique et le stationnement. Les deux hommes se sont tour à tour prévalus d’un soutien du parti Les Républicains (LR), mais à ce stade aucun des deux n’a reçu l’investiture. Autre candidat : l’architecte Robert Capelier, ancien élu municipal, défend un projet axé sur la participation citoyenne et la préservation du patrimoine. Quant à Benjamin Bunger, plus jeune candidat, il mène une liste citoyenne qui met l’accent sur le dynamisme économique et la revitalisation du centre ville.

Antibes

Jean Leonetti face à trois challengers

À Antibes, quatre candidats se disputent la mairie. Jean Leonetti, 77 ans, maire depuis 1995 et investi par Les Républicains (LR), brigue un nouveau mandat. Il prévoit notamment de s’occuper du développement des transports, des écoles et des crèches, tout en accompagnant la croissance de Sophia Antipolis, dont une grande partie se trouve à Antibes. Il évoque aussi son ambition de développer une « vie juanaise », référence au quartier très touristique de Juan-les-Pins. Michèle Muratore (Divers gauche) propose de renforcer les services publics locaux, de favoriser le logement abordable et de soutenir les initiatives culturelles et sportives de proximité. Hugo Muriel, candidat du Rassemblement national (RN), axe sa campagne sur la sécurité, la propreté et la défense des traditions locales. Enfin, Adrien Nouet, soutenu par La France insoumise (LFI) et Europe Écologie Les Verts (EÉLV), met en avant la transition écologique, les mobilités douces, la démocratie participative et l’inclusion sociale.

Cannes

Une confrontation gauche, droite et Rassemblement national

À Cannes, trois têtes de listes se disputent la mairie, chacun soutenu par son parti. David Lisnard, investi par Les Républicains (LR) et maire depuis 2014, est candidat pour un troisième mandat. Il met en avant son bilan de gestion : réduction de la dette sans hausse des impôts locaux, extensions du stationnement et projets d’urbanisme mesurés. Face à lui, Michel Hugues, tête de la liste d’union de la gauche rassemble socialistes, écologistes et communistes. Sa campagne se focalise sur la nécessité d’augmenter l’offre de logements abordables, l’amélioration des services publics locaux et le renforcement de la démocratie participative. Il plaide, par ailleurs, pour une ville plus inclusive et plus écologique. Enfin, Lucas Mussio, candidat investi par le Rassemblement national (RN), propose une vision axée sur la sécurité et l’ordre public. Il propose notamment de recruter davantage d’agents de police municipale et de décentraliser les événements culturels et sportifs dans les quartiers, pour créer un ruissellement économique hors du centre.

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