À Monaco, l’arrivée de l’application Taxi Monaco entend combler un retard technologique dans le secteur du transport. Lancée le 8 avril 2025, elle promet une commande simplifiée et une meilleure traçabilité des courses. Mais derrière cette modernisation affichée, la réalité du service reste inchangée : la pénurie de taxis, notamment la nuit, continue de peser sur l’expérience des usagers.
C’est un pas de plus vers la modernisation des services en principauté. Depuis mardi 8 avril 2025, l’application Taxi Monaco est disponible sur smartphone. Gratuite, trilingue (français, anglais, italien), développée par la start-up locale Skyline, elle permet de commander un taxi en temps réel, de suivre l’arrivée du chauffeur, d’estimer le tarif et, dans deux tiers des cas, de régler la course directement via l’interface. Pour les autres, le paiement reste à effectuer en espèces. Pensée comme un service public, bien que reposant sur des chauffeurs indépendants, cette plateforme marque un virage stratégique. Financée par l’État monégasque, intégrée au programme Extended Monaco, elle vise à fluidifier l’accès aux taxis, à renforcer la transparence, et à restaurer une confiance entamée par des années d’archaïsme technologique. « Il s’agit d’un progrès attendu de longue date », reconnaît Pierre-André Chiappori, conseiller-ministre des finances et de l’économie, qui évoque une initiative « à la hauteur des standards internationaux ».
Une demande en hausse, des créneaux sous tension
Mais derrière cette modernisation technique, une question demeure : l’offre sera-t-elle à la hauteur des besoins, notamment la nuit ? Avec 95 taxis permanents et 28 véhicules saisonniers supplémentaires (en service du 1er avril au 1er novembre), répartis en trois tranches horaires (5 heures – 13 heures, 13 heures – 21 heures, 21 heures – 5 heures), le service semble correctement calibré… En théorie. Dans les faits, certains créneaux, en particulier les sorties de restaurants, de boîtes de nuit ou d’événements ponctuels, génèrent une demande supérieure à l’offre. « Il n’y aura pas de miracle », admet Marc Brezzo, président de l’Association des exploitants des taxis indépendants de Monaco (AETIM). « Mais l’application nous donnera des données précises pour ajuster l’organisation. » Le renfort saisonnier, 100 % électrique, a été pensé pour mieux répartir les effectifs sur les heures critiques. Reste à voir s’il suffira à absorber les pics de fréquentation.
Financée par l’État monégasque, intégrée au programme Extended Monaco, cette application vise à fluidifier l’accès aux taxis, à renforcer la transparence, et à restaurer une confiance entamée par des années d’archaïsme technologique

Un outil de gestion, pas une réponse à tout
L’ambition de Taxi Monaco est claire : centraliser les demandes, améliorer l’expérience utilisateur, et rationaliser le service. La plateforme permet de laisser un avis, de recevoir un reçu numérique, ou encore de programmer une course vers Nice ou Vintimille. Elle propose même des fonctionnalités avancées, comme le jumelage familial et les comptes professionnels partagés, pour mieux intégrer les usages contemporains [lire notre encadré, par ailleurs — NDLR]. Mais l’application, aussi performante soit-elle, ne crée pas de chauffeurs supplémentaires. « Nous avons désormais un bon outil pour identifier les carences. Encore faut-il pouvoir y répondre, prévient Laurent Campora, secrétaire général de l’AETIM. Monaco accueille des événements majeurs sur des périodes très concentrées. Il est difficile de dimensionner l’offre pour quatre jours de Grand Prix comme pour le reste de l’année. » Le gouvernement se dit toutefois prêt à adapter les quotas saisonniers selon les statistiques recueillies par l’application. Une première évaluation de l’impact réel est attendue dans les prochains mois.
Modernisation bienvenue, attente persistante
Si Taxi Monaco constitue un tournant dans la gestion du service, les attentes sont élevées, notamment pour la clientèle nocturne, entre les touristes, les locaux, et les jeunes des villes voisines, confrontés à l’absence de solution rapide aux heures de grande affluence. Pour cette population, la digitalisation n’est qu’un début. L’application, disponible sur App Store et Google Play, ne prétend pas résoudre seule les déséquilibres structurels du secteur. Elle pourrait cependant en devenir l’observatoire le plus fiable, et le premier levier de régulation.
Taxi Monaco : comment ça marche ?
• Commande en temps réel via géolocalisation de l’utilisateur.
• Estimation du tarif avant la course, avec possibilité de paiement intégré dans 2/3 des cas.
• Suivi du chauffeur sur la carte, communication directe possible.
• Paiement par carte ou en espèces, selon les véhicules.
• Réservation anticipée possible uniquement pour des trajets au départ de Monaco vers Nice, Vintimille ou au-delà.
• Fonctionnalités avancées : jumelage avec un proche (enfant, conjoint), comptes partagés pour les entreprises, suivi des trajets et contrôle parental.
• Langues disponibles : français, anglais, italien (espagnol, russe et chinois à venir).
• Téléchargement gratuit sur App Store et Google Play.



