Depuis le 3 avril 2024, Thomas Brezzo est le nouveau président du Conseil national. Autour de lui, son cabinet. Des femmes et des hommes de l’ombre, à qui Monaco Hebdo a décidé de donner la parole. Mathilde Svara est chargée des affaires juridiques au sein de ce cabinet. Interview.
Quel est votre parcours, à la fois universitaire et professionnel ?
J’ai un Master II diplôme juriste conseil d’entreprise (DJCE) et le certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa). J’ai exercé pendant environ quatre ans en tant qu’avocate, et un an en tant que juriste d’entreprise, à Paris.
Quand êtes-vous arrivée au Conseil national ?
Je suis arrivée au Conseil national le 1er mars 2023, d’abord en tant que juriste au sein de l’équipe juridique, puis au sein du cabinet, à compter du 1er septembre 2023.
Comment avez-vous été choisie pour occuper ce poste ?
Le poste m’a été proposé par le précédent chef de cabinet, puis par l’actuel président, à la suite du renouvellement du bureau de l’Assemblée, autour de Rémy Rolland.
Il faut une fibre politique pour occuper ce poste ?
Oui, par définition, une loi est un objet politique. Cette fameuse « fibre politique », difficile à définir en tant que telle, me semble essentielle, pour avoir, d’une part en tête les attentes de la population relayées par les élus et, d’autre part, pour conseiller au mieux les élus au travers de mon expertise juridique, dans le choix et la formulation des amendements à retenir.
« Cette fameuse « fibre politique », difficile à définir en tant que telle, me semble essentielle, pour avoir, d’une part en tête les attentes de la population relayées par les élus et, d’autre part, pour conseiller au mieux les élus au travers de mon expertise juridique, dans le choix et la formulation des amendements à retenir »
En quoi consiste votre mission ?
Je travaille au quotidien avec l’ensemble du cabinet, en interaction avec une équipe solide de juristes du secrétariat général. Nous analysons l’ensemble des textes législatifs, les projets et les propositions de loi, afin d’accompagner et de conseiller les élus tout au long du processus législatif, jusqu’au vote des textes en séance publique.
Pour vous, à quoi ressemble une journée type au Conseil national ?
Chaque journée est différente. Nous travaillons avec les élus sur plusieurs projets et propositions de lois, et en parallèle sur des sujets très variés. Il est donc généralement nécessaire de désigner des groupes de travail parmi les élus, pour avancer efficacement sur les différents sujets. Au cours d’une journée de travail, je vérifie les recherches et les documents préparatoires de l’équipe de juristes, puis j’assiste aux réunions préparatoires des groupes de travail. J’assiste également aux commissions pendant lesquelles les élus, cette fois-ci tous présents, votent le rapport et les amendements.
Qu’est-ce qui est le plus délicat ?
Ce qui est le plus délicat, c’est, tout d’abord, la « priorisation » des textes, face au nombre croissant de projets de loi à voter et d’urgences, avec par exemple Moneyval, à prendre en compte. Par ailleurs, nous devons veiller à ce que les propositions de loi, à l’initiative du Conseil national, reflètent au mieux les souhaits des élus, tout en s’obligeant à une précision juridique non contestable. C’est délicat, mais passionnant.
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Comment décririez-vous votre méthode de travail ?
Il faut beaucoup d’organisation pour gérer la charge de travail, en particulier à l’approche des séances publiques. Il faut de la polyvalence également, puisqu’il faut pouvoir traiter tous les domaines du droit.
Comment décririez-vous la méthode de travail de Thomas Brezzo ?
Efficace.
Quels objectifs vous êtes-vous fixés en arrivant au sein du cabinet de Thomas Brezzo ?
En arrivant dans ce cabinet, je me suis fixée comme objectif d’accompagner au mieux les élus sur des sujets juridiques parfois complexes, afin de leur permettre d’avancer sur tous les textes importants pour les Monégasques. Mais aussi de participer à l’intelligibilité des textes législatifs.
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