mercredi 18 mai 2022
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François Fillon, « candidat incontestable » de la droite

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Il a remporté haut la main le second tour de la primaire de la droite et du centre avec 66,5 % des voix face à son adversaire Alain Juppé. L’ancien premier ministre de Sarkozy, François Fillon, s’est aussi imposé dimanche dans les circonscriptions des Français de l’étranger. Leur représentant au Sénat, Christophe-André Frassa, revient sur ce plébiscite.

Il sera le candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle de 2017. François Fillon, 62 ans, premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant tout son mandat, a recueilli 66,5 % des plus de 4,3 millions d’électeurs lors du second tour, dimanche 27 novembre, de la primaire de la droite et du centre. Une « victoire incontestable », commente Christophe-André Frassa, sénateur Les Républicains (LR) représentant les Français établis hors de France. « Celle que nous attendions, et celle que j’espérais à titre personnel. » Selon le président du groupe interparlementaire France-Monaco au Sénat, ce résultat sans équivoque « permet un candidat indiscutable de la droite et du centre, qui abordera la présidentielle de manière forte, sous le signe du rassemblement, pour l’alternance en 2017 ». Pourtant, Fillon semble cliver, même à droite. Considéré comme le plus libéral, conservateur et catholique des sept candidats à la primaire, il est même comparé à la Dame de fer Margaret Thatcher pour son programme. « Il n’y a que pour les gauchistes qu’être catholique est une insulte ! », fustige Christophe-André Frassa. « Ses positions sont celles de la plupart de ses concurrents à la primaire. » Seulement, avant sa très large avance au premier tour de la primaire, dimanche 20 novembre, avec 44,1 % des voix face aux 28,5 % d’Alain Juppé et aux 20,6 % de Nicolas Sarkozy, « on le donnait quatrième ou cinquième », même derrière Bruno Le Maire, qui a été évoqué comme troisième homme. « Personne ne s’est soucié avant de ce qu’il disait », déplore le sénateur.

« Rejet »

Selon ce dernier, les idées de François Fillon sont les mêmes depuis des années. « Dans la droite ligne de la droite républicaine. Il n’y a rien d’extrémiste ou d’ultra-conservateur chez lui », défend Christophe-André Frassa. Le représentant au Sénat des Français hors de France, sarkozyste convaincu et membre de l’équipe de campagne de l’ancien président, « n’a eu aucun mal à [se] reconnaître dans le choix de François Fillon », malgré la déception de voir son poulain évincé au premier tour. Il parle même de « candidat naturel, à la légitimité indiscutable ». Les résultats définitifs semblent lui donner raison. L’appel de Nicolas Sarkozy à voter pour son collaborateur y a sans doute contribué. Pour le sénateur, ce n’est ni le bilan de son quinquennat, ni les nombreuses affaires judiciaires dont les suspicions d’un financement libyen de la campagne de 2007 qui sont en cause. « Il y a vraiment un rejet du personnage pour des choses qui ne sont plus de l’ordre du politique, alors que son programme était le mieux ficelé. À un moment, ça devient irrationnel », analyse-t-il, dénonçant les « attaques constantes des médias » qui ont contribué à son éviction. « Nicolas Sarkozy a le mérite d’avoir mis de l’ordre dans sa famille politique. Il a mis de la démocratie interne dans le parti. Il a fait en sorte que cette primaire soit un succès. » Pourtant, Christophe-André Frassa n’y était pas favorable. « Pour une fois, je suis content d’avoir tort ! », reconnaît-il, en louant le succès de « cet exercice qui n’était pas dans notre ADN naturel ».

Macron

Les Républicains sont désormais en ordre en marche pour la présidentielle derrière le candidat Fillon. Et le parcours semble semé d’embuches. À commencer par Emmanuel Macron, qui a lancé un appel du pied aux électeurs d’Alain Juppé. « Il fait parti des déçus de François Hollande, décrypte Christophe-André Frassa. Et pourquoi ne serait-on pas déçus de lui, qui a servi François Hollande ? » Pour ce sénateur, Macron « récupère tous les déçus, comme un chalutier lance son filet. Sauf que lui, c’est plutôt une épuisette… », s’amuse-t-il. Devant ce qu’il qualifie de « produit marketing », il n’est aucunement inquiet. « Il ne faut pas caricaturer les électeurs d’Alain Juppé. Tous ceux qui ont voté pour lui au second tour, qui soutenaient son programme, sont une très large majorité d’électeurs de droite et du centre. Leurs votes se rabattront sur François Fillon, car il s’agit de leur famille politique naturelle. » Exception faite des quelques « bobo-gauchos qui n’ont jamais voté à droite ». Un « épiphénomène », juge ce sénateur, qui estime peu probable « qu’ils se rabattent sur Macron ». Et de tacler : « Avoir la campagne de la droite et du centre financée par la gauche, c’est génial ! » Car à près de 4,3 millions d’électeurs par tour — « 10 % du corps électoral de la nation ! » —, à deux euros le vote, c’est une manne financière de près de 17 millions d’euros qu’a engrangé le parti LR. En enlevant 8 millions, le coût d’organisation estimé de cette primaire, c’est un reliquat de 9 millions qui finira dans les caisses de campagne de François Fillon.

À Monaco, Fillon en tête

Dans la cinquième circonscription des Français de l’étranger, qui comprend les électeurs d’Espagne, du Portugal, d’Andorre et de Monaco, le score est plus serré qu’en France métropolitaine. Les 2 332 votants au second tour ont donné 1 301 voix pour François Fillon contre 1 013 pour Alain Juppé. À l’échelle de la Principauté, sur les 156 votants, Fillon a récolté 98 voix et Juppé 56. Au premier tour, avec 158 votants, Fillon était arrivé largement en tête avec 70 voix, contre 51 pour Juppé et 31 pour Nicolas Sarkozy. Conformément à son appel, les voix de l’ancien président ont bel et bien basculé en faveur de son premier ministre.

 

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