mardi 14 avril 2026
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Développement de l’accueil en crèche à Monaco : l’heure du bilan

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En 2025, 500 familles profitent du service municipal de crèche. Au total, la principauté possède 400 berceaux, répartis en plusieurs sites. Depuis dix ans, la municipalité a entamé un processus de développement de ce service, avec la création de plusieurs crèches. Après la réouverture en janvier 2025 de la crèche de Monte-Carlo, l’heure du bilan a sonné.

« Nous avons clairement évolué en dix ans. » Souriante, Chloé Boscagli, élue municipale en charge de la petite enfance, de la jeunesse et de la famille, dresse un portrait rayonnant des crèches à Monaco. Débuté il y a une dizaine d’années, le grand projet de développement de l’accueil en crèche arrive bientôt à son terme. Depuis son lancement, ce sont plus de 100 places qui ont été créées. Dernier chantier en date, la rénovation de la crèche de Monte-Carlo s’est terminée en janvier 2025. Mais que ce soit Monte-Carlo en janvier 2025, la création de 50 berceaux à la crèche du Testimonio en janvier 2023, ou bien l’arrivée de 30 berceaux en septembre 2023 à la crèche Honoria, un même point commun guide ces projets. La municipalité cherche en effet à sectoriser les nouvelles crèches, pour répondre aux demandes, toujours grandissantes. « Nous avions quelques problèmes auparavant quant à la demande dans certaines zones de la principauté. Nous avions donc, et nous le faisons toujours, réfléchi quartier par quartier », détaille Chloé Boscagli. Et le développement n’est pas fini, puisque la mairie de Monaco prévoit l’arrivée de 30 nouveaux berceaux pour la fin 2026 avec la sortie de terre de la crèche Ida, dans le quartier de la Condamine. « Enfin, je préfère dire « horizon quelque chose », car c’est toujours ce qu’on me répond », glisse d’un air amusé cette élue.

Débuté il y a une dizaine d’années, le grand projet de développement de l’accueil en crèche arrive bientôt à son terme. Depuis son lancement, ce sont plus de 100 places qui ont été créées. Dernier chantier en date, la rénovation de la crèche de Monte-Carlo s’est terminée en janvier 2025

240 kg de linge sale par jour

Un autre projet de crèche devrait également voir le jour dans les prochaines années, cette fois-ci dans le quartier du Jardin exotique. Si la date n’est pas encore connue, elle portera le nom de “crèche du Bel-Air”. Ce nouveau point d’accueil permettra de recevoir une cinquantaine d’enfants supplémentaires. Ce nouvel espace comprendra également une buanderie centralisée. Actuellement, cette buanderie est dans les sous-sols du foyer Sainte-Dévote. « Etant donné l’utilisation massive que l’on en fait, il est important que cette buanderie soit dans des locaux modernes et adaptés », explique Jean-Luc Magnani, chef du service petite enfance et famille. En effet, l’ensemble des crèches du pays génère 240 kg de linge sale à traiter de manière quotidienne : « Ce sont des choses que personne ne voit, mais qui sont essentielles au bon fonctionnement de nos structures. » Mais alors, si autant de places sont créées depuis 10 ans, et si d’autres sont en préparation, cela est-il révélateur d’un système à bout de souffle ? Pas du tout selon la mairie, qui affirme que toutes les demandes sont traitées rapidement. « On a eu une période où l’on avait, pendant quelques mois, des listes d’attentes. Mais depuis trois ans, nous n’avons plus de liste d’attente », assure Jean-Luc Magnani.

Georges Marsan Mairie de Monaco crèche
© Photo Mairie de Monaco

Une situation bien loin de la crise française autour des crèches

Des propos complétés par le maire, Georges Marsan, qui justifie sa politique de construction par une thématique centrale : la localisation. Maire depuis 22 ans en principauté, Georges Marsan a vu évoluer la structure même des crèches en principauté, et notamment le maillage du territoire : « Nous ne construisons pas forcément par manque de place, mais plutôt pour améliorer la localisation. La localisation par rapport à l’habitation, ou par rapport au travail des parents. » Dans le même sens, la municipalité annonce traiter l’ensemble des dossiers, même si parfois, la demande des parents pour une crèche n’est pas pertinente : « Parfois on a des crèches qui sont plus remplies que d’autres, ce qui ne veut pas dire que les familles n’auront pas de places. Mais il nous arrive de les orienter vers d’autres structures », explique Chloé Boscagli. Une situation bien différente de la France, puisque, selon l’inspection générale des affaires sociales, il y avait au 31 décembre 2023, 470 430 places de crèches réparties dans 17 190 établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE). Et ce, alors même que 678 000 enfants sont nés en France en 2023. Selon une autre étude, réalisée par l’observatoire national de la petite enfance, si on regroupe les EAJE, les assistantes maternelles, les gardes à domicile et la garde dans les écoles, le taux d’accueil global proposé en France aux enfants de moins de 3 ans était de 59,4 places pour 100 enfants en 2021. A Monaco, le taux d’encadrement est d’un professionnel pour cinq enfants qui ne marchent pas et de d’un professionnel pour huit enfants qui marchent. Si auparavant ce taux n’était pas encadré en France, il l’est depuis le 30 août 2021. Depuis, Monaco et la France ont le même taux d’encadrement.

Un autre projet de crèche devrait également voir le jour dans les prochaines années, cette fois-ci dans le quartier du Jardin exotique. Si la date n’est pas encore connue, elle portera le nom de “crèche du Bel-Air”

Des embauches prévues dans le secteur en principauté

En principauté, pour gérer ces 400 berceaux, il faut 182 salariés pour animer le service petite enfance et famille. « On pense aux agents éducatifs qui sont 131, mais il y a aussi des postes de cuisiniers, de femmes de ménage, de personnes qui s’occupent du linge… C’est grâce à tout ce monde que l’on y arrive », souligne Jean-Luc Magnani. Et ce chiffre va d’ailleurs évoluer dans les prochaines années, avec la création des crèches Bel-Air et Ida. « L’organigramme a déjà prévu les besoins en personnel que nous aurons, explique Jean-Luc Magnani. Tout ceci représente un coût global qui se situe entre 11 et 12 millions d’euros par an pour la mairie, ce qui représente presque 9 % du budget global annuel de la mairie » [la mairie de Monaco affiche un budget proche des 94 millions d’euros pour l’exercice 2025 — NDLR]. Pour le coût de revient pour la mairie d’une journée par bébé, il était environ en 2023, de 145 euros par jour et par enfant. Un secteur qui continue donc de se développer en principauté, à l’image de la première journée de la petite enfance qui est prévue le samedi 17 mai 2025. Au programme, cinq heures consacrées à la famille et aux enfants. Pour les enfants de 0 à 3 ans, des animations et des ateliers auront lieu toute la journée, avec notamment des espaces sensoriels, artistiques, de construction, de motricité et de diététique. Pour les 4 à 12 ans, il y aura un tournoi de ping-pong et un jeu de piste organisé. Dans le même temps, des conférences et un espace seront consacrés aux parents. Ce rendez-vous sera organisé au parc princesse Antoinette.

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