samedi 7 février 2026
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Démarchage téléphonique abusif : le Conseil national demande des mesures

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A Monaco comme en France, les personnes victimes de démarchages téléphoniques abusifs sont nombreuses. Selon des chiffres publiés par l’UFC-Que Choisir, 72 % des Français disent être démarchés au moins une fois par semaine, 38 % le sont tous les jours, et 97 % des sondés se disent « agacés » par ces coups de téléphone intempestifs. Démarchage pour acheter une cuisine ou des panneaux solaires, invitation par SMS à rappeler un numéro surtaxé ou à se connecter à un site Internet pour récupérer un colis, demande de rappel d’un correspondant inconnu… Tout est bon pour piéger de potentielles victimes.

En France, le 6 mars 2025, l’Assemblée nationale examinait une proposition de loi pour interdire le démarchage commercial non sollicité. Ce texte a déjà été adopté par le Sénat. Les lois Hamon de 2014 et Naegelen de 2020 destinées à recadrer le démarchage téléphonique et à faire disparaître contre les appels frauduleux n’ont pas eu les effets escomptés. Quant au déploiement du dispositif Bloctel en 2016, qui permet de bloquer le démarchage de professionnels avec qui on n’a pas de contrat en cours, il ne fonctionne pas avec les numéros de téléphone professionnels et il reste encore trop peu connu. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a réalisé 5 300 contrôles en 2023 et affiche un total de 4,4 millions d’euros d’amendes. Selon la DGCCRF, le secteur de la relation client emploie entre 29 000 et 40 000 personnes pour les centres d’appels externalisés, et s’attaquer à ce milieu pourrait déboucher sur la destruction d’emplois, craignent un certain nombre de politiques en France.

A Monaco, aucun chiffre ne circule à ce sujet, mais le ressenti semble identique à la France. Le Conseil national a donc demandé au gouvernement monégasque de « mettre en place des mesures efficaces pour lutter contre cette nuisance qui impacte toute la population, notamment les personnes les plus vulnérables s’agissant des mineurs ou des personnes âgées ». Le président du Conseil national, Thomas Brezzo, estime que, « au-delà de la gêne insupportable, certaines personnes peuvent se laisser piéger par des offres souvent frauduleuses ou totalement inadaptées à la réalité monégasque. Il est temps que des mesures à la hauteur de ce fléau, qui touche toute la population, soient mises en place ». Reste à savoir si, comme en France, cela débouchera sur un texte de loi.

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