mercredi 18 mai 2022
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Covid-19 :
Monaco face à la déferlante Omicron

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Le début d’année 2022 est marqué par une vague de contaminations sans précédent en principauté. Taux d’incidence, vaccination, dépistage, hospitalisations au CHPG… Monaco Hebdo fait le point sur la situation sanitaire.

L e taux d’incidence (1) explose à Monaco. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement princier, lundi 10 janvier 2022, cet indicateur de référence frôle les 2 000 cas pour 100 000 habitants, du jamais vu depuis le début de la pandémie de Covid-19 en mars 2020. En cause, le variant Omicron bien plus contagieux que ses prédécesseurs Alpha, Beta et Delta. D’après une étude de l’agence sanitaire britannique publiée vendredi 31 décembre 2021 (2), Omicron serait en effet beaucoup plus transmissible que le Delta, avec toutefois un risque de faire une forme grave trois fois plus faible.

Six nouveaux décès à déplorer

Cette contagiosité se vérifie d’ailleurs dans les chiffres monégasques puisqu’au 10 janvier, le taux de positivité des tests pratiqués sur les résidents et non-résidents dépasse les 10 % ( 12,53 %) après avoir longtemps navigué aux alentours des 1 à 2 %. Désormais, une centaine de cas de contamination sont recensés chaque jour en principauté. Un triste record a même été établi dimanche 9 janvier 2022. Ce jour-là, le bilan quotidien transmis par les autorités faisait état de 152 nouvelles contaminations. Cette hausse fulgurante des cas de Covid-19 sur le territoire national s’accompagne également d’une augmentation des hospitalisations au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), où la situation se dégrade peu à peu. À l’heure où Monaco Hebdo bouclait ce numéro, mardi 11 janvier 2022, 37 personnes étaient prises en charge à l’hôpital, dont cinq en réanimation. Car même si le variant Omicron conduit à des formes moins sévères, il n’est pour autant pas bénin rappelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Bien qu’Omicron semble moins grave que Delta, en particulier chez les personnes vaccinées, cela ne signifie pas qu’il faille qualifier ce variant de bénin », a ainsi déclaré le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus au cours d’une conférence de presse virtuelle début janvier. Tout comme les variants précédents, Omicron conduit également à « des hospitalisations et tue des gens », a-t-il insisté. Monaco en a d’ailleurs fait la douloureuse expérience ces dernières semaines. Six nouveaux décès sont en effet intervenus entre le 19 décembre 2021 et le 6 janvier 2022, portant à 42 le nombre de résidents victimes du Covid depuis le début de la pandémie.

« Bien qu’Omicron semble moins grave que Delta, en particulier chez les personnes vaccinées, cela ne signifie pas qu’il faille qualifier ce variant de bénin »

Tedros Adhanom Ghebreyesus. Directeur général de l’OMS

Une couverture vaccinale en hausse, mais toujours insuffisante

Alors, comment lutter efficacement contre ce variant devenu incontrôlable ? Si le gouvernement a procédé à un tour de vis durant les fêtes en rendant notamment obligatoires le télétravail et le port du masque en extérieur sur l’ensemble du territoire de la principauté, le ministre d’État Pierre Dartout a rappelé une nouvelle fois que la vaccination demeurait, à ce jour, la seule arme à disposition pour « se protéger et protéger les autres », et ainsi contenir la propagation du virus. Dans un entretien accordé à Monaco Info lundi 3 janvier, le chef du gouvernement, récemment testé positif et placé à l’isolement, explique que si le vaccin « n’empêche pas la contamination », il permet cependant d’« éviter les risques les plus importants de symptômes graves ». Soulignant que les personnes actuellement en réanimation au CHPG « ne sont pas vaccinées », Pierre Dartout a donc réitéré son appel à la vaccination : « C’est une leçon pour tout le monde. Il faut absolument se faire vacciner pour éviter le développement des cas graves, pour éviter les graves maladies, pour éviter les décès et pour éviter aussi l’encombrement des services hospitaliers ». Selon le dernier pointage réalisé par l’institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee), publié vendredi 7 janvier 2022, plus de 69 000 doses ont été administrées depuis le début de la campagne, dont plus de 12 000 l’ont été à des résidents français et italiens. Au total, 23 356 résidents de la principauté bénéficiaient au début de l’année d’un schéma vaccinal complet (3). C’est mieux que fin octobre, où 22 300 habitants présentaient un schéma vaccinal complet, mais cela reste toujours insuffisant puisque la couverture vaccinale des résidents atteignait péniblement les 68 % le 2 janvier, date à laquelle les chiffres ont été arrêtés. Il convient de préciser que ce taux est fixé sur la base de la population résidente « en âge d’être vaccinée », et non sur la totalité des résidents de la principauté, précise l’Imsee. Sont en effet exclus de ce comptage les enfants de moins de 12 ans qui ne peuvent, à ce jour, pas encore bénéficier du vaccin contre le Covid-19. Exception faite des enfants fragiles face au virus.

« Il faut absolument se faire vacciner pour éviter le  développement des cas graves, pour éviter les graves maladies, pour éviter les décès et pour éviter aussi l’encombrement des services hospitaliers »

Pierre Dartout. Ministre d’État

Dépistage massif

Autre mesure prise par l’exécutif pour éviter que la situation sanitaire ne se détériore encore davantage après les fêtes de fin d’année, une vaste campagne de dépistage a été lancée dès le 3 janvier. Le jour de la rentrée des classes, des autotests ont été distribués dans tous les établissements scolaires de la principauté afin de détecter d’éventuels cas positifs chez les enfants, devenus aujourd’hui de puissants vecteurs de transmission du virus. Réalisés sur la base du volontariat, et sous réserve d’une autorisation parentale, ces tests ont rassemblé 4 946 élèves et enseignants. Au final, 97 d’entre eux se sont révélés positifs, provenant dans la majorité des cas d’enfants (77 tests positifs) et de membres des personnels scolaires (20 tests positifs). Ces personnes positives ont ensuite dû se soumettre à un test PCR pour confirmer ce premier résultat. Outre les écoles, les entreprises monégasques étaient également concernées par cette campagne. Quelque 50 000 autotests leur étaient destinés, à titre gracieux, avec toujours le même objectif : détecter et isoler les personnes positives pour casser rapidement les chaînes de contamination. Au mercredi 5 janvier 2022, plus de 300 entreprises avaient passé commande auprès des services de l’État pour plus de 17 000 salariés. L’administration publique n’était pas en reste avec pas moins de 4 480 autotests livrés, à raison notamment de 300 tests pour le palais princier, 3 135 pour l’administration gouvernementale, 760 pour la mairie et 160 pour la direction des services judiciaires. À l’heure où Monaco Hebdo bouclait ce numéro, mardi 11 janvier, le nombre de cas potentiellement positifs n’était pas encore connu. Enfin, les résidents de la principauté qui le souhaitent peuvent toujours se faire tester gratuitement au centre national de dépistage situé à l’Auditorium Rainier III. Priorité est toutefois donnée aux personnes symptomatiques ou considérées comme cas contact, « en raison du nombre très élevé de tests générés par cette campagne de dépistage inédite et de la forte sollicitation des laboratoires d’analyses » précise le gouvernement dans un communiqué. En attendant d’obtenir un rendez-vous dans les plus brefs délais, les plus impatients peuvent toujours acquérir des autotests dans les pharmacies de Monaco ou dans les grandes surfaces, autorisées à en vendre jusqu’au 23 janvier prochain.

Extension du passe sanitaire, isolement, jauges… Les dernières mesures du gouvernement

Alors que les contaminations atteignent des niveaux inédits en principauté avec quelque 150 cas quotidiens, le gouvernement a annoncé, vendredi 7 janvier 2022, de nouvelles mesures pour tenter de ralentir la propagation du virus. Ainsi, depuis samedi 8 janvier, le nombre de convives autorisés à table dans les restaurants et les bars est limité à 8 personnes contre 12 auparavant, avec une distance d’au moins 1,5 mètre entre chaque table. Les jauges d’accueil pour les événements sportifs et culturels ont également été revues à la baisse. Elles sont désormais fixées à 2 000 personnes « avec possibilité de dérogation au vu du protocole sanitaire particulier que présenterait le responsable de l’entité d’accueil », précisent toutefois les autorités dans un communiqué. La consommation de nourriture et boissons devient par ailleurs interdite lors de ces événements. Déjà imposé à de nombreuses professions en principauté, le passe sanitaire gagne encore du terrain, puisqu’il est désormais étendu à toutes les « professions déterminantes au fonctionnement de l’État », aussi bien publiques que privées. Cette mesure, qui prendra effet le 17 janvier prochain, et jusqu’à la fin du mois de février 2022, concerne notamment les banques, les concessionnaires en énergie ou encore les télécoms. Enfin, compte tenu de la contagiosité du variant Omicron et de la forte hausse des contaminations, l’exécutif a également revu les durées d’isolement afin d’éviter une désorganisation de la société. Trois cas de figure sont clairement définis. Tout d’abord, les personnes déclarées positives devront désormais respecter un isolement d’une durée de sept jours, au lieu de dix auparavant, et renforcer l’application des mesures barrières pendant quatre jours à la sortie de leur isolement. Pour les cas contacts, la durée d’isolement diffère selon que vous soyez vacciné ou non. Si vous êtes cas contact, vacciné ou non, vacciné « à risque faible », vous n’avez pas besoin d’être isolé. En revanche, vous devrez réaliser soit un test PCR, soit un test antigénique à J +2/3 du contact. Les autotests, disponibles en pharmacie et grandes surfaces jusqu’au 23 janvier 2022, sont eux vivement recommandés à J +4 et J +6. Là encore, le respect des gestes barrières doit être strict durant les douze jours qui suivent le contact. Enfin, pour les cas contacts non-vaccinés « à risque élevé » et les cas contacts vivant dans le même foyer qu’un cas positif avéré, une période d’isolement de sept jours est préconisée avec réalisation d’un test PCR ou antigénique à J +7. Vous pouvez retrouver l’ensemble des mesures en vigueur sur le site Internet du gouvernement princier : https://covid19.mc/.

1) Le taux d’incidence correspond au nombre de cas positifs enregistrés sur les 7 derniers jours, rapporté à 100 000 habitants.

2) Omicron hospitalisation risk around one third of Delta, UK analysis shows, Reuters, December 31, 2021. À lire sur le site : https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/hospitalisation-risk-omicron-around-one-third-delta-uk-analysis-shows-2021-12-31/

3) Selon l’Imsee, la « couverture vaccinale – schéma complet » correspond à la part de la population vaccinée avec une deuxième injection d’un protocole à deux doses ou une injection d’un protocole à dose unique.

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