ÉCONOMIE
Comment l’Etat bailleur peut-il améliorer son service ?
C’est sûrement l’une des conséquences de la situation sanitaire au sein de la résidence des Jardins d’Apolline. A qui doivent s’adresser les locataires lorsque survient un problème : au service des domaines ou aux syndics ? Car à Monaco, les tâches sont partagées et l’habitant ne sait pas toujours vers qui se tourner, selon la nature de son désagrément. Une situation dont le ministre d’Etat, Serge Telle, le gouvernement et le Conseil national ont conscience. L’élu Nouvelle Majorité (NM), Marc Burini, demande carrément que l’Etat bailleur améliore son service. Jean Castellini, conseiller de gouvernement à l’économie et aux finances, est le premier à l’admettre : « Il y a un défaut de communication sur ce sujet ». Objectif : que les résidents comprennent mieux qui fait quoi. « On va s’y atteler, promet Serge Telle. Ce n’est pas une question simple, car si l’Etat remplace les syndics, cela veut dire qu’il faudra plus de fonctionnaires. Nous devons peser l’ensemble des contraintes. » A ce jour, les missions remplies par les syndics coûtent 500 000 euros à l’Etat monégasque. Assumer de nouvelles responsabilités au sein du domaine public pourrait se révéler bien plus onéreux. Le gouvernement estime déjà que l’embauche de 6 à 8 personnes serait nécessaire. Et les salaires, puis les retraites à assumer ? « Ce qui compte, c’est de définir la mission et assurer le meilleur service possible. Tout n’est pas toujours très clair. L’important, c’est la réactivité et le sentiment que l’assistance aux résidents est fournie », souligne Jean Castellini. La réflexion est donc ouverte. D’un point de vue financier, Marc Burini rappelle que le domaine immobilier représente 10 % des recettes du budget. « Au-delà des syndics, c’est la gestion du parc qui doit être réfléchie, car c’est un revenu important pour l’Etat », met en avant le vice-président du Conseil national, Marc Burini. Il prend l’exemple de l’immeuble des Abeilles, resté pendant 10 ans inoccupé. « Il nous faut gérer ce parc comme le ferait un propriétaire privé, lui répond Jean Castellini. La recherche de rentabilité et un meilleur taux d’occupation doivent rester dans nos préoccupations. Ce souci est bien évident. » A.-S.F.
SOCIÉTÉ
Pas de relogement temporaire à l’Engelin
Après les multiples désagréments vécus par les résidents des Jardins d’Apolline, les regards s’étaient tournés vers l’immeuble domanial l’Engelin, dans le quartier du Jardin Exotique. Les prochaines attributions se concentreront sur cet ensemble neuf. Les travaux majeurs qui seront réalisés dans les quatre blocs des Jardins d’Apolline obligent l’Etat à des relogements. L’idée d’une réquisition de l’Engelin avait été évoquée par plusieurs élus. Finalement, Jean Castellini, conseiller de gouvernement pour les finances et l’économie, a été ferme : aucun relogement ne sera à prévoir dans ce cadre. « En aucun cas de figure, nous ne prévoyons des logements temporaires à l’Engelin. » Castellini a confirmé que les 135 logements de l’Engelin seraient attribués à tous les Monégasques qui auront les points nécessaires. A.-S.F.
ÉCONOMIE
SBM : la relance des jeux en débat
La Société des Bains de Mer (SBM) reste l’un des sujets favoris de débat dans l’hémicycle. Cette fois, de nombreux élus se sont montrés contents, voire optimistes, quant aux 16 propositions formulées par le directeur des Jeux, Pascal Camia, pour relancer le secteur des jeux. « Là, c’est du concret, pas du baratin. Cela redonne de l’espoir », estime Claude Boisson pour Horizon Monaco (HM). Même son de cloche pour Christophe Robino, élu de la Nouvelle Majorité (NM), qui salue la prise de conscience de la direction de la SBM. « C’est une activité emblématique. Que le gouvernement s’assure que tous les moyens seront donnés pour aller au bout de ce projet. » Cependant, d’autres conseillers nationaux pointent les difficultés en cours ou à venir. Pour Eric Elena, élu Renaissance, cela prend la forme d’une mise en garde solennelle adressée à l’Etat « actionnaire majoritaire » de cette entreprise. Il souhaite alerter sur le nombre de départ en retraite d’ici les cinq prochaines années et demande, à nouveau, l’ouverture d’une école des jeux pour les Monégasques. Jean Castellini, conseiller de gouvernement pour les finances, lui a apporté une réponse cinglante : « L’école des jeux n’a pas été abordée avec la direction. Ce n’est donc pas opportun d’en parler. » Thierry Crovetto, élu NM, a cherché pour sa part à attirer l’attention sur la dépendance de la SBM par rapport à l’immobilier. Tout en regrettant la qualité des animations proposées au grand public. « On mélange marketing pour faire venir des joueurs et animation de ville abordable pour tout le monde. Peut-être faudrait-il libérer la SBM de ses obligations d’animation ? », questionne-t-il. Dans cette interrogation, Thierry Crovetto a trouvé un soutien surprenant, avec Jean-Louis Grinda, élu Union Monégasque (UM) : « On avait une animation de fin juin à août. Là, on se retrouve avec peau de chagrin. Distraire les gens qui viennent à Monaco, ce n’est pas que distraire des joueurs. » Grinda déplore aussi la « sous-exploitation » de la salle Garnier et le « dévoiement de l’esprit initial » de la salle du Sporting parfois ouverte à « des mariages et des baptêmes ». Pour Jean Castellini, la question doit aller au-delà de la saison d’été. « A court terme, nous devrions faire en sorte que la saison soit la plus large, éclectique et populaire possible. » A.-S.F.
SOCIÉTÉ
La liaison maritime Nice-Monaco enterrée
L’élue de la Nouvelle Majorité (NM), Caroline Rougaignon-Vernin, très attachée aux questions de mobilité, a relancé l’idée d’une liaison maritime du port de Nice au port de Monaco, pour acheminer notamment les dizaines de milliers de salariés qui viennent chaque jour travailler en Principauté. « Pourquoi fermer la porte à cette option, quand on sait que le tramway ira bientôt jusqu’au port de Nice » interroge-t-elle. C’est Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement à l’équipement, qui lui a répondu, douchant tout espoir. Plusieurs facteurs expliquent, selon elle, les difficultés de la mise en place de cette liaison. L’absence de parking disponible près du port de Nice, la longueur du trajet, estimé à au moins 30 minutes par mer calme, mais aussi la possibilité d’ouvrir la liaison seulement en été. « Ce serait trop aléatoire comme trajet pour créer une fidélisation, et donc de la rentabilité », a estimé le conseiller de gouvernement pour l’équipement. A.-S.F.
ÉCONOMIE
Monaco Telecom : que devient le développement à l’international ?
Difficile de faire s’accorder toutes les sensibilités politiques du Conseil national sur le monopole d’Etat concédé qu’est Monaco Telecom. Dans l’hémicycle, c’est Thierry Poyet, élu de la Nouvelle Majorité (NM), qui a distribué bons et mauvais points à l’opérateur de télécommunication monégasque. Cet élu a apprécié une « meilleure qualité de service », une box « qui marche bien », associée à « une expérience client qui fonctionne ». Ses inquiétudes portent principalement sur le développement à l’international de l’entreprise. « L’activité à l’international est loin d’être perdue de vue. Cependant, les niches au Kosovo ou en Afghanistan n’existent plus », révèle Robert Colle, secrétaire général du gouvernement princier. Tout en évoquant l’imminence d’une « grosse opération qui peut donner beaucoup de réussite », sans en dire plus. Le discours tenu par Béatrice Fresko-Rolfo, élue Horizon Monaco (HM), est nettement plus circonspect. « Nous courrons après une chimère », débute-t-elle. Selon cette élue, la couverture du réseau Monaco Telecom pendant les grands événements serait « une bérézina ». Béatrice Fresko-Rolfo considère que d’énormes progrès sont donc encore à attendre. Des propos qu’a immédiatement fustigé Robert Colle : « On ne doit pas vivre dans le même pays ! Notre couverture réseau est exceptionnelle, car nous avons le débit le plus haut du monde, avec Singapour. » A.-S.F.
SOCIÉTÉ
Où installer la SPA monégasque ?
Sept millions d’euros, c’est le budget qu’il faudrait prévoir pour créer une Société Protectrice des Animaux (SPA) à Monaco. Depuis que l’idée d’un refuge pour les animaux a germé dans la tête des élus et du gouvernement, ce dernier s’est rapproché des communes environnantes en France pour trouver un point de chute. De bons contacts avaient été établis avec la mairie de Castillon. « Mais nous avons récemment reçu un courrier du maire qui évoque des difficultés sur sa commune pour l’installation d’une telle structure. Ce sont toujours des équipements difficiles à placer, car les gens ne veulent pas voir ça près de chez eux », a rapporté Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement pour l’équipement. Avant d’expliquer que ce projet n’était pas abandonné, mais « retardé. » Le temps pour l’Etat de se rapprocher d’autres villes avoisinantes et de les convaincre. « Cette SPA verra le jour à Monaco, en dernier recours, si nous ne trouvons vraiment aucune solution en France », a indiqué Marie-Pierre Gramaglia. A.-S.F.
SPORT
Un “KO technique” à 1,2 million pour l’Etat ?
« Je vois que 1,2 million d’euros a été versé par l’Etat pour contribuer à l’organisation d’une soirée de boxe. Je pense que ça devait être une soirée de grande qualité… Je ne dis pas qu’il ne fallait pas le faire, mais je m’étonne de l’importance de la somme. Comme ce ne sont pas les recettes de billetterie qui vont combler cette dépense, j’aimerais connaître les retombées médiatiques qui ont dû être évaluées par le gouvernement. Sans quoi on n’aurait pas engagé une telle dépense… », a questionné l’élu Union Monégasque (UM), Jean-Louis Grinda. Une interrogation qui concerne le championnat du monde de boxe organisé le 4 novembre 2017 par la Société des Bains de Mer (SBM) et Matchroom Boxing. Réponse de Patrice Cellario, conseiller-ministre pour l’Intérieur : « Je n’ai pas la réponse là, mais on va regarder, pour pouvoir vous la communiquer. » Seule information : cette soirée sera diffusée en direct sur Sky Sports. Devant le mutisme et l’embarras du gouvernement, les élus se sont engouffrés dans la brèche. « C’est l’Etat qui a versé 1,2 million à la SBM pour organiser ce tournoi de boxe, a complété l’élu Nouvelle Majorité (NM), Marc Burini, qui préside aussi la commission des Finances et de l’Economie Nationale. Donc maintenant, c’est l’Etat qui a un devoir d’animation vis-à-vis de la SBM ? » Prenant pour exemple le combat de boxe dit « du siècle » qui a opposé, en août 2017 à Las Vegas, Floyd Mayweather à Conor McGregor et qui aurait généré 400 millions de dollars, grâce à des billets vendus entre 500 et 10 000 dollars, Marc Burini a ajouté : « Est-ce que Monaco a gagné 10 % de ce qu’a rapporté cette soirée de boxe ? » Les élus devront donc attendre pour en savoir plus. « KO technique », a résumé, en ironisant, le président du Conseil national, Christophe Steiner. R.B.
ÉCONOMIE
Poyet réclame une réforme du droit du travail
Thierry Poyet, président de la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses a jugé qu’il est temps de « revoir notre droit du travail. On est un pays avec une activité économique tournée vers le tourisme. Même si, en France, c’est peut-être un gros mot de parler d’annualisation du temps de travail, on pourrait parler de mensualisation. C’est juste du bon sens. Devoir payer des heures supplémentaires la première semaine et ne pas avoir d’activité la semaine qui suit… » Cet élu Nouvelle Majorité (NM) a donc réclamé une réforme du code du travail, en donnant la priorité à certains axes. « Dans ce sujet, il n’y a pas que le travail le dimanche. Il y a aussi la représentativité des syndicats qui est un autre point crucial. J’espère que sur la mandature 2018-2023, la réforme du droit du travail sera un objectif, car cette réforme est nécessaire pour l’emploi et pour l’activité économique », a estimé Thierry Poyet. R.B.



