Deux équipes de basket féminin en Principauté, c’est trop ? Le Monaco Basket Association et l’ASM Basket n’ont toujours pas trouvé d’accord pour se rapprocher. Au Conseil national, les esprits s’échauffent.
Deux clubs de basket féminin, est-ce trop à Monaco ? Le Monaco Basket Association (MBA) présidé par celui qui est aussi élu chez Renaissance, Eric Elena et l’AS Monaco Basket, dirigée par un homme d’affaires de l’Est, Sergueï Dyadechko. Ces deux équipes jouaient l’an dernier dans le championnat de France de Nationale 2 (N2), l’équivalent de la quatrième division française. Le MBA a été sacré champion de France de N2 et a remporté le trophée de la Coupe de France. « L’ASM Basket a fait une saison honorable, mais a été dominée par le MBA », a commenté l’élu Pierre Svara. Avant de demander : « Pourquoi dans un pays de 2 km2, où les infrastructures publiques et les budgets ne sont pas illimités, il est possible de présenter deux équipes féminines ? Surtout que ces équipes touchent de l’argent public. »
« Indépendance »
Pourquoi ne pas regrouper ces deux équipes en une seule, plutôt que d’avoir cette saison, le MBA en N1 et l’ASM Basket en N2 ? Le conseiller-ministre pour l’Intérieur a rappelé que les associations à l’œuvre derrière ces deux clubs relevaient du droit privé et qu’ils géraient donc leurs affaires « comme bon leur semble ». Après avoir tenté de rapprocher ces deux clubs, aucun accord n’a pu être trouvé (lire Monaco Hebdo n° 1024). « La future loi sur le sport devrait traiter ce type de problématique, en fixant des critères permettant d’accéder aux équipements publics de la Principauté et de percevoir une aide publique, a répondu Patrice Cellario. Car, compte tenu de la taille de notre pays, on ne peut pas tolérer que chaque association puisse se développer en toute indépendance, en requérant les moyens publics. » La commission nationale des sports a été saisie et devrait faire des propositions dans les semaines à venir.
« Raison »
Des propos qui n’ont pas plu à Eric Elena : « MBA a fait une vraie proposition pour gérer le basket féminin et masculin à Monaco. L’ASM Basket a refusé et je ne sais même pas pourquoi… Pire, ils n’ont fait aucune proposition. Quand on a cinq fois plus de subventions, c’est tellement facile de s’asseoir et d’attendre que l’autre se casse la figure… C’est un manque de respect envers mes joueuses et mes dirigeants. On ne devient pas champion de France et on ne gagne pas la Coupe de France par hasard. C’est une première. C’est l’aboutissement d’un travail. » Même s’il a rappelé qu’il ne prenait parti pour personne, Patrice Cellario n’est pas parvenu à convaincre Eric Elena. Pas plus que Pierre Svara. « On va essayer de ramener ces associations à la raison. Et on arbitrera les demandes de subventions », a ajouté le conseiller-ministre pour l’Intérieur, en guise de solution provisoire à cette situation explosive, sans rentrer dans les détails de ces futurs « arbitrages ».
« Bras d’honneur »
Sans remettre en doute le succès de l’ASM Basket, l’élu NM Daniel Boeri a laissé éclater sa colère : « Ceux qui se gavent de subventions, comme l’ASM Basket, doivent respecter l’institution, le Conseil national et ses élus. Or, ce principe est battu en brèche, avec la complicité du gouvernement. Pire, avec un bras d’honneur particulier, il vient quémander à notre assemblée ce soir de voter un budget de communication, comme si de rien n’était. Le gouvernement refuse de séparer les lignes budgétaires « football » et « basket » pour mieux noyer le poisson. Ou le poison, j’allais dire… Je voterai contre cette ligne, ce qui est un premier pas vers l’amendement budgétaire, je l’espère. »



