Du 21 au 23 avril a lieu la 4ème édition du Start-up Weekend Monaco. La centaine de participants attendus auront 54 heures pour créer leur entreprise innovante.
Tout est parti de rien. Ou plutôt d’une simple idée. Pour l’un, c’était le pressentiment d’une application pour aider les plaisanciers de port en port. Pour l’autre, l’envie de rapprocher producteurs et consommateurs ou encore chez un participant, la volonté de rendre compréhensibles de tous les menus des restaurants. Au moment de leur inscription, les participants au Start-up Weekend Monaco ont l’idée, mais n’ont pas encore travaillé sur leur projet. « Les participants peuvent aussi simplement vouloir apporter leur savoir faire à la création d’une start-up, pour ne plus forcément travailler en tant qu’employé dans une entreprise, décrit Maxime Douce, directeur du Start-up Weekend Monaco 2017, et membre de la Jeune chambre économique de Monaco (JCEM), organisatrice de cet événement. Pour certains, c’est aussi un moyen de voir comment fonctionne le lancement d’une entreprise. » L’idée, insiste Maxime Douce, est de « détecter le projet à l’état d’embryon », à ces tous premiers instants.
Incubation accélérée
A leur arrivée, au premier jour du Start-up Weekend, les participants présentent en une minute leur idée pour laquelle les autres inscrits votent pour leurs 10 projets préférés. Ensuite, l’ensemble des présents se répartit en groupes de 8 à 10 personnes pour travailler sur ces idées. Généralement, ils se dispatchent par compétence : commerciaux, graphistes, développeurs Web, etc. afin que chaque expérience soit un plus. Commence alors une véritable incubation le temps d’un weekend. Ensemble, ils doivent bien clôturer le projet, son fonctionnement, émettre les premières lignes d’un business plan, mais cela passe aussi par des aspects qui paraissent plus triviaux, comme le choix du nom de la future société, de son logo, etc. « Les gens ne se connaissent pas à l’origine, mais ils s’investissent très vite, raconte Maxime Douce. Des mentors sont présents sur le weekend et apportent leur expertise et leurs conseils. Souvent, le moment le plus fort du weekend a lieu dans la nuit du samedi au dimanche. Quand tout le monde est fatigué, c’est là que sort la bonne idée. »
Une ambiance studieuse et créatrice. A l’issue des deux jours de travail, un jury composé de professionnels monégasques désignera trois lauréats. Ils bénéficieront d’une bourse de 3 000 euros ainsi qu’un accompagnement technique. Mais le but principal de ce weekend est de stimuler la création, afin de placer ces start-uppeurs sur la rampe de lancement de leur projet, pour qu’ils puissent devenir autonomes par la suite.
Rencontre numérique
Parmi les heureux lauréats, l’équipe de Travellink rebaptisé depuis Tripneer, a été la gagnante du Start-up Weekend 2016. Giovanni Di Dio Iovino et Jinxing Lin sont tous deux expatriés. Ils se rencontrent lors de leur installation en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) en 2015 et font le même constat : il est difficile de rencontrer des personnes avec qui organiser un voyage ou une simple sortie. Ils imaginent alors une plateforme où les personnes, expatriés, voyageurs et locaux, pourraient se retrouver, échanger et partager des voyages régionaux. Les deux jeunes hommes sont ingénieurs et ont un pied dans le tourisme. Ils savent que, chaque année, 11 millions de touristes transitent sur la Côte d’Azur. Il y a un marché à prendre. Leur application Tripneer, associée à un site internet, permet aux utilisateurs de faire connaissance avec des personnes ayant des intérêts communs, tout en découvrant leur région. En 2016 aussi, émerge Mon-depot.com. Ce site internet renommé Dokkito est sur le point d’être opérationnel à la veille de cette nouvelle édition du Start-up Weekend Monaco. À l’origine de cette plateforme, Benoit Lemaire, à la longue expérience dans la grande distribution, est fils de viticulteurs en Champagne. Il ne peut que constater la difficulté qu’ont les petits producteurs à se mettre en relation directe avec leurs consommateurs. Alors son idée, élaborée et lancée lors du Start-up Weekend Monaco 2016, est un lieu de rencontre numérique. L’idée est que producteur et client soient mis en relation par le biais d’un « dok », un dépôt, tenu par un « dokkiteur », c’est-à-dire un particulier qui met à disposition des deux quelques mètres carrés. Ainsi, le propriétaire optimise ses livraisons, le consommateur bénéficie des tarifs de la propriété et le « dokkiteur » touche une compensation financière.
« Énergie »
Autre belle aventure issue de la première édition du Start-up Weekend Monaco en 2014 : Navily. En 2013, Benjamin Rousseau et Edouard Fiess ont 27 et 28 ans. Ils travaillent tous les deux, mais ont envie de créer leur boite à partir d’une idée simple : imaginer une application pour aider les plaisanciers à trouver une place de port et des services lors d’une escale. « A l’époque, on cherchait un développeur avec qui faire équipe, sans succès, relate Benjamin Rousseau. C’est à cette époque que j’ai entendu parler du Startup Weekend de Marseille. » Les deux jeunes hommes s’inscrivent en pensant trouver un développeur. « Et en fait, on est reparti avec beaucoup plus, estime le start-uppeur. Lauréats, nous avons bénéficié de plusieurs prestations. Un cabinet d’avocats nous a prévu un cadre juridique, a créé notre entreprise pour nous, déposé la marque… » Benjamin Rousseau estime que cette aventure leur a donné confiance en eux. « Cela nous a confirmé que nous tenions une bonne idée, insiste-t-il. Pendant ce weekend, il y avait une belle énergie, ce qui permet d’en ressortir avec un projet bien ficelé. » Aujourd’hui, Navily compte 30 000 plaisanciers utilisateurs de l’application et 160 ports dans quatre pays : France, Espagne, Italie et Grande-Bretagne. « Nous avons plusieurs ports sur la Côte d’Azur. Et nous aimerions bien ajouter Monaco à nos ports participants. »



