vendredi 20 mai 2022
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La SMEG impose un nouveau compteur électrique connecté

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La Société monégasque d’électricité et de gaz (SMEG) lance elle aussi son compteur électrique numérique, Nexio.

Similaire dans la technologie utilisée au compteur français Linky, il sera installé dans tous les immeubles et foyers monégasques pendant 16 mois, à partir du 2 mars.

C’est une sorte de compteur Linky monégasque. Celui-là se dénomme Nexio, et va être installé partout en principauté. En France, l’installation des compteurs numériques avait provoqué des contestations multiples. Utilisation des données à des fins commerciales, émissions d’ondes supplémentaires à l’intérieur des foyers, impossibilité de refuser l’installation, pollution liée au remplacement… Pour cela, la Société monégasque d’électricité et de gaz (SMEG) a anticipé plusieurs de ces problèmes potentiels. En situation de monopole, ce qui n’est plus le cas d’EDF en France, la SMEG ne se voit pas dans l’obligation de diffuser les données collectées à d’éventuels fournisseurs. Elle assure donc que les données recueillies ne seront étudiées qu’à une échelle macroscopique. Et que seul le contractant particulier peut avoir accès à ses propres données de consommation énergétique. Objectif de ces nouvelles fonctionnalités : inciter, par une meilleure connaissance de ses consommations, à réduire les poches énergivores. Concernant les ondes, comme tout appareil électrique, le compteur Nexio émettra des ondes électromagnétiques. Néanmoins, il est assuré qu’elles seront de très faible intensité, bien en-deçà des seuils de dangerosité. « Ce champ est très largement inférieur à la fois aux limites règlementaires imposées par l’Union européenne (UE), et à celui induit par les appareils domestiques courants (chargeur de téléphone, télévision, ordinateur, lampe de chevet…) », assure la SMEG dans son communiqué. Quant aux compteurs d’ancienne génération, ils seront acheminés dans un centre de réception de déchets électriques à Mougins, et seront traités pour être dépollués et recyclés.

Pas de possibilité de refus

En revanche, ce service de nouveaux compteurs est imposé. Un particulier pourra-t-il refuser l’installation du Nexio chez lui ? « Objectivement, il n’y a aucune raison de s’opposer à ce compteur. Sauf s’il y a un attachement particulier au compteur précédent, ce que je ne pense pas. Il faut voir qu’on va mettre à disposition un dispositif qui va augmenter le confort du client, une technologie en phase avec les standards de l’UE », répond Pierre Weill, chef de service à la SMEG, en charge du projet d’installation de Nexio. « Il n’y a que des avantages à aller dans ce sens, puisqu’on va pouvoir maîtriser et réduire sa consommation beaucoup plus facilement, en ayant des informations qui nous sont propres », ajoute la conseillère-ministre à l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia. L’argument de la modernité est mis en avant pour justifier le remplacement des anciens compteurs. Reste un paradoxe, puisqu’un compteur numérique qui transmet des informations pour inciter à baisser sa consommation, consomme, lui aussi, de l’électricité, bien qu’en faible quantité.

25 000 compteurs à changer

Dès le 2 mars, les équipes techniques de la SMEG vont donc procéder au remplacement des 25 000 compteurs de la principauté au profit du compteur dit intelligent, Nexio. Cette opération devrait peu perturber les particuliers, puisque, selon la SMEG, 90 % des compteurs se trouvent dans des parties communes, seuls 10 % chez des particuliers. Ils annoncent que chaque pose nécessitera 15 minutes de coupure de courant. Ensuite, une fois installé, la transmission des données de consommation énergétique se fera de manière filaire, c’est-à-dire par les câbles électriques. C’est ce qu’on appelle le courant porteur en ligne (CPL), une technologie également utilisée par les compteurs Linky. Au total, le déploiement de Nexio coûtera 9 millions d’euros, hors taxes. « On s’est assuré que cela n’aura aucune incidence sur la facture du client. On insiste sur le fait que c’est un service gratuit qui présente beaucoup de bénéfices, pour ceux qui ont envie de travailler sur la réduction de leur consommation », précise Thomas Battaglione, directeur général à la SMEG. Selon la SMEG, la gestion à distance des compteurs permettra aussi d’économiser des trajets en voiture de techniciens jusqu’aux domiciles des contractants. L’utilisation de ces compteurs, via l’application myNexio, se veut un outil d’aide à la rationalisation énergétique. Un bilan chiffré sera toutefois nécessaire pour mesurer avec précision leur efficacité.

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