Possiblement maintenue sous surveillance par le Groupe d’action financière (Gafi), la sortie de Monaco de sa liste grise, espérée pour l’été 2026, pourrait être encore repoussée. Si les réformes engagées sont jugées sérieuses et la volonté politique affichée sans ambiguïté, cette organisation intergouvernementale attendrait encore des preuves que les sanctions mises en place sont suffisamment efficaces. Par Clément Martinet
Selon nos confrères du média français La Lettre, le Groupe d’action financière (Gafi) maintiendrait la Principauté sur sa « liste grise » des juridictions jugées perméables aux risques de blanchiment et de financement du terrorisme. Créé en 1989 par les ministres des finances du G7, le Gafi est un organisme intergouvernemental indépendant dont la mission est de définir et promouvoir des normes internationales pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En dépit des réformes engagées et d’une coopération renforcée avec les instances internationales, cette organisation intergouvernementale estime que les résultats en matière de sanctions restent insuffisamment démonstratifs pour justifier une sortie immédiate du dispositif de surveillance renforcée. Point important : la position du Gafi ne constitue pas une condamnation formelle, mais un maintien sous observation. Cependant, faute de sanctions pénales ou administratives spectaculaires visant directement des affaires de blanchiment d’ampleur, la Principauté demeurerait sous le regard attentif de cet organisme international. Tout en soutenant les efforts engagés par le prince Albert II et le gouvernement monégasque, la France n’aurait pas accordé de « blanc-seing automatique » selon nos confrères de La Lettre. Interrogé à ce sujet par La Gazette de Monaco, Robert Laure, président de l’Association monégasque des activités financières (Amaf), se garde de toute prédiction hâtive. « Plutôt que m’essayer à l’exercice du pronostic, je préfère envisager les probabilités », explique-t-il, rappelant que les premières évaluations du Gafi, à la suite du programme de suivi lancé en juin 2024, avaient salué les progrès réalisés. Selon nos confrères du média français La Lettre, le Groupe d’action financière (Gafi) maintiendrait la Principauté sur sa « liste grise » des juridictions jugées perméables aux risques de blanchiment et de financement du terrorisme. Créé en 1989 par les ministres des finances du G7, le Gafi est un organisme intergouvernemental indépendant dont la mission est de définir et promouvoir des normes internationales pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En dépit des réformes engagées et d’une coopération renforcée avec les instances internationales, cette organisation intergouvernementale estime que les résultats en matière de sanctions restent insuffisamment démonstratifs pour justifier une sortie immédiate du dispositif de surveillance renforcée. Point important : la position du Gafi ne constitue pas une condamnation formelle, mais un maintien sous observation. Cependant, faute de sanctions pénales ou administratives spectaculaires visant directement des affaires de blanchiment d’ampleur, la Principauté demeurerait sous le regard attentif de cet organisme international. Tout en soutenant les efforts engagés par le prince Albert II et le gouvernement monégasque, la France n’aurait pas accordé de « blanc-seing automatique » selon nos confrères de La Lettre. Interrogé à ce sujet par La Gazette de Monaco, Robert Laure, président de l’Association monégasque des activités financières (Amaf), se garde de toute prédiction hâtive. « Plutôt que m’essayer à l’exercice du pronostic, je préfère envisager les probabilités », explique-t-il, rappelant que les premières évaluations du Gafi, à la suite du programme de suivi lancé en juin 2024, avaient salué les progrès réalisés.
Trois points restent toutefois centraux dans l’analyse du Gafi : la qualité et la rapidité des déclarations de soupçon, l’effectivité des sanctions administratives et la réalité des sanctions pénales
Des progrès reconnus, des attentes persistantes
Trois points restent toutefois centraux dans l’analyse du Gafi : la qualité et la rapidité des déclarations de soupçon, l’effectivité des sanctions administratives et la réalité des sanctions pénales. Des échanges ont eu lieu le 9 janvier 2026 entre la délégation monégasque, conduite par le conseiller de gouvernement-ministre des finances et de l’économie Pierre-André Chiappori, et les représentants du Gafi. Leur contenu demeure couvert par un engagement de confidentialité. Sur le terrain, des ajustements ont été opérés. « En ce qui concerne les délais de déclarations de soupçon, certains éléments du dispositif méritaient d’être clarifiés », souligne Robert Laure. Des échanges qualifiés de « très constructifs » ont permis une meilleure appropriation des méthodes attendues par les autorités de supervision. Des sanctions administratives ont bien été prononcées en fin d’année 2025, sans toutefois concerner directement le secteur financier. Des sanctions pénales ont également existé, mais aucune n’a impliqué de banques ou de sociétés de gestion. Or, il s’agit d’un point sensible dans l’analyse internationale. « Monaco est un État de droit, où les procédures nécessitent des délais adaptés », rappelle le président de l’Amaf, conscient néanmoins que la perception internationale repose autant sur les résultats visibles que sur la rigueur juridique.
Le scénario d’un report à 2027
La communication officielle du Gafi est attendue à l’issue de son assemblée plénière, organisée cette semaine, possiblement le 13 février. Si une sortie de la liste grise devait être repoussée à 2027, les conséquences seraient avant tout opérationnelles. « Inutile de se le cacher, reconnaît Robert Laure. La présence sur les listes grises du Gafi et de l’Union européenne (UE) est à l’origine de difficultés dans les opérations de paiement », principalement pour des raisons contractuelles et de conformité renforcée imposées par les partenaires étrangers. Dans cette hypothèse, la stratégie consisterait à renforcer la communication autour de la conformité déjà reconnue par Moneyval, l’organe d’évaluation du Conseil de l’Europe. « Les banques et les sociétés de gestion sont en capacité de démontrer l’effectivité des dispositifs », affirme-t-il, soulignant que les standards internationaux sont appliqués de longue date en Principauté. Au-delà de la question du Gafi, l’Amaf réfléchit à l’évolution du modèle financier monégasque. Certaines activités, notamment dans le capital-investissement, restent encore largement opérées depuis l’étranger. « Nous devons conduire des travaux complémentaires pour permettre leur développement sur le territoire », estime Robert Laure, appelant à des adaptations législatives et réglementaires ciblées. La taille géographique de la Principauté n’est plus perçue comme un frein. L’installation récente de Millennium, acteur majeur de l’investissement alternatif, illustre, selon Robert Laure, l’attractivité persistante de Monaco pour des structures internationales exigeantes en matière de conformité.
« La présence sur les listes grises du Gafi et de l’Union européenne (UE) est à l’origine de difficultés dans les opérations de paiement », principalement pour des raisons contractuelles et de conformité renforcée imposées par les partenaires étrangers, estime le président de l’Association monégasque des activités financières (Amaf), Robert Laure
Sans conséquences ?
Aujourd’hui, 180 milliards d’euros d’actifs financiers sont déposés dans les banques monégasques, une progression portée à la fois par l’évolution des marchés et par l’arrivée de nouveaux capitaux. À cela s’ajoutent 31 milliards d’euros de crédits octroyés, reflet de la confiance des établissements dans leur clientèle. Le paysage financier compte 25 banques et 74 sociétés de gestion agréées. Pour 2026, le président de l’Amaf se veut résolument confiant. « Les clients n’ont pas fui à la suite de l’inscription sur les listes grises », assure-t-il, saluant l’engagement des professionnels du secteur face à un surcroît de contraintes administratives. Le message se veut clair : Monaco ambitionne d’être reconnue non comme une place tolérée, mais comme une juridiction pleinement conforme, sécurisante et dotée d’autorités de contrôle efficaces. Reste désormais à convaincre, preuves à l’appui, les instances internationales que cette conformité est non seulement théorique, mais réellement et durablement opérationnelle. Contacté à ce sujet par Monaco Hebdo, le gouvernement monégasque n’a pas souhaité s’exprimer cette semaine dans nos colonnes.



