samedi 24 septembre 2022
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Monaco, plateforme
de facturation ?

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Le déclin du secteur industriel fait couler beaucoup d’encre. Cette semaine, Jean-François Guidi, secrétaire général du syndicat des Chimiques plastiques, a souhaité répondre au patronat.

Après les plans sociaux chez Mecaplast et Théramex, l’inquiétude des salariés de l’industrie est de plus en plus perceptible. « Le déclin de ce secteur économique, ce n’est pas la faute des salariés », tempête Jean-François Guidi, qui est « sorti de ses gonds » à la lecture de l’interview du président de l’Union monégasque des industries et métiers de la métallurgie (UNIMET). Dans le dernier numéro de Monaco Hebdo (MH n° 807), Jean-Franck Bussotti arguait du fait que les avantages accordés aux salariés et les charges écrasantes pesant sur les entreprises plombaient la compétitivité du secteur industriel. « J’ai l’impression d’entendre la présidente du MEDEF Laurence Parisot alors que Monaco n’est pas la France », soupire le secrétaire général du syndicat des Chimiques plastiques.
Au nom des salariés du secteur, Guidi s’interroge : « Le nombre de salariés baisse inexorablement dans le secteur industriel tandis que le chiffre d’affaires a augmenté de 16 % sur l’année 2011. Dans la métallurgie, les salariés sont passés de 210 à 150 personnes alors que le secteur a vu son chiffre d’affaires progresser de 108 % ! » Comment l’expliquer ? « On n’est pas passé à une robotisation à outrance. Est-ce que Monaco ne sert pas tout simplement de plateforme de facturation ? », lance le syndicaliste. Avant d’argumenter : « Aujourd’hui, la réalité c’est que, à part les rentrées de TVA, à condition que la facturation soit faite à Monaco, il n’y a pas besoin de salariés sur le territoire monégasque. Entre la prime industrielle et l’aide au maintien de l’emploi, l’industrie monégasque coûte plus à l’Etat qu’elle ne lui rapporte… » Même l’impôt sur les bénéfices serait selon lui souvent dilué dans les sociétés filiales des groupes industriels. « J’ai l’impression que l’on veut faire à Monaco comme en Angleterre : une société industrielle sans production et bientôt sans ingénierie ni R&D », dénonce-t-il.

Paradoxes
Pour Jean-François Guidi, Monaco n’est pas le paradis salarial évoqué par le patronat. Absence de grilles de salaires, embauche d’intérimaires sans contrat, possibilité de travailler 60 heures par semaine… Les lacunes et les paradoxes du droit social monégasque existent bel et bien. Et de rappeler que si aujourd’hui les salariés monégasques ont un meilleur salaire net qu’en France, c’est avant tout parce qu’il ne payent pas la CSG et la CRDS, après une longue bataille de l’Union des syndicats. Sans compter qu’« il n’existe à Monaco aucune possibilité pour les délégués du personnel de connaître la situation financière réelle de l’entreprise. Qui me prouve que Théramex et Mecaplast vont mal ? », questionne Guidi, qui a peut-être à l’esprit l’actualité française du groupe Electrolux…

Une organisation concurrente à l’USM
La nouvelle circulait depuis quelques semaines mais en séance publique du conseil national, Stéphane Valeri l’a confirmé : une nouvelle organisation syndicale vient de déposer ses statuts. Aussitôt, l’Union des syndicats a décidé d’en informer les salariés en tractant dans les rues le 23 octobre : « Des personnes étrangères au salariat travaillent à la mise en place d’une organisation syndicale interprofessionnelle disposée à l’acceptation et au consentement, et concurrente de l’USM. Sans avoir réuni à notre connaissance d’assemblées générales de leurs adhérents, quelques individualités occupant des fonctions syndicales se prêtent à cette mascarade avec, semble-t-il, les encouragements du gouvernement », indique le tract. Avant d’ajouter : « Les grandes manœuvres sont en cours pour faire avaler aux salariés de Monaco la cure d’austérité qui se prépare dans toute l’Europe. Le chemin tout tracé est celui de la signature d’accords au rabais, rendant service au patronat et au gouvernement. » Pour l’organisation historique, « sous couvert de pluralisme, l’objectif est de détruire l’USM et diviser les salariés. »

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