samedi 7 février 2026
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Monaco Media Diffusion – Thierry Poyet : « Pour continuer à vivre, on va peut-être devoir faire autre chose »

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À l’occasion de la fête de la radio les 5, 6 et 7 juin 2025, organisée chaque année en France et en principauté, Monaco Media Diffusion (MMD) ouvre les portes de ses locaux. Objectif : permettre au public de comprendre quel est le rôle d’un diffuseur. Thierry Poyet, administrateur de MMD, raconte son métier, et évoque l’avenir du média radio.

Qu’est ce que le métier de diffuseur et quel est le rôle de Monaco Media Diffusion (MMD) ?

MMD est une entreprise monégasque qui a pour objectif de commercialiser les fréquences hertziennes détenues par Monaco. Chaque pays a des fréquences qui lui sont allouées. Notre rôle, c’est d’être le bras armé de cette commercialisation. On propose nos services à des chaînes, à des radios. On travaille, par exemple, avec Nostalgie, NRJ, ou des radios plus locales. La zone d’écoute est essentiellement française, et quelques-unes anglaises, surtout à Monaco.

Dans la pratique, comment ça marche ?

Imaginons une radio française nationale, régionale voire très locale, qui veut se lancer. Elle nous contacte en nous présentant un programme audio. Notre rôle, c’est de lui donner une fréquence, pour qu’elle puisse diffuser ce même programme sur notre zone, c’est à dire Monaco, Menton, et jusqu’à Saint-Tropez. Une fois qu’un accord est trouvé, on reçoit les flux de la radio par un moyen télécom. On va monter ce même flux sur nos sites techniques via des émetteurs qui sont branchés sur des pylônes. Ce flux est poussé dans la direction de l’antenne, pour arroser le territoire de la fréquence, jusqu’à dans votre voiture. Une fois que ça arrive sur les autoradios, personne ne se doute de la logistique derrière.

Plateformes de diffusion en ligne, “streaming”, sites Internet de diffusion… La radio paraît ne jamais avoir eu autant de concurrents : comment s’adapter ?

Le monde de la radio change, et il doit changer avec son temps. Il y a eu plusieurs grands chamboulements dans l’histoire de la radio, mais c’est vrai que l’arrivée des podcasts a fait mal. Aujourd’hui, les meilleurs podcasts annoncent des chiffres bien supérieurs aux audiences d’une chaîne de radio classique. Il faut que l’on s’adapte et on est déjà en marche. Notamment via le Digital audio broadcasting + (DAB+). Ce système de radiodiffusion numérique a été créé pour, à terme, prendre la place de la bande FM analogique.

« De nos jours, les jeunes n’écoutent plus la radio. Ils consomment la musique et les informations différemment. Il va falloir qu’on s’adapte »

Quels sont les atouts du DAB+ ?

Le DAB+ offre un meilleur rendement par rapport à la bande FM, ce qui permet d’avoir plus de stations. Il y a d’autres avantages qui font penser qu’un jour, comme pour la TNT qui avait remplacé la télévision analogique, la bande FM s’arrêtera, tout simplement. Pourtant, le DAB+ est encore en développement dans le pays, notamment car la bande FM fait partie des habitudes, et parce qu’il n’y a pas assez de fréquences ouvertes pour le DAB+. 

Thierry Poyet Monaco Media Diffusion
« On a aussi plusieurs sites, comme le centre Lucien Allavena sur le col de la Madone, que l’on peut transformer en data center, pourquoi pas. On a plusieurs idées pour continuer à développer notre activité. » Thierry Poyet, administrateur de Monaco Media Diffusion (MMD). © Photo DR

Comment voyez-vous l’avenir pour le média radio ?

C’est compliqué à dire, puisque les technologies évoluent très rapidement, notamment dans le domaine des médias et de la communication. De nos jours, les jeunes n’écoutent plus la radio. Ils consomment la musique et les informations différemment. Il va falloir qu’on s’adapte. MMD est un diffuseur. On gère les fréquences de la principauté, et notre expertise est précieuse. Pour continuer à vivre, on va devoir peut-être faire autre chose, c’est-à-dire vendre nos services à l’étranger, dans des pays qui développent la radio. On a aussi plusieurs sites, comme le centre Lucien Allavena sur le col de la Madone, que l’on peut transformer en data center, pourquoi pas. On a plusieurs idées pour continuer à développer notre activité.

« Aujourd’hui, les meilleurs podcasts annoncent des chiffres bien supérieurs aux audiences d’une chaîne de radio classique. Il faut que l’on s’adapte et on est déjà en marche. Notamment via le Digital audio broadcasting + (DAB+) »

Vous avez parlé du DAB+ qui utilise une nouvelle fréquence : entre la 4G, la 5G, les bandes FM, et le reste, ne va-t-on pas vers une saturation des ondes ?

C’est une réflexion qui est au cœur des inquiétudes des services publics. Ce qui est certain, c’est qu’à Monaco, les pouvoirs publics surveillent de près ces données. C’est notamment pour cela que nos antennes sont à proximité de la principauté, mais pas dans Monaco. Régulièrement, des mesures sont effectuées pour vérifier que nous n’envoyons pas de signaux trop forts. Après, ce qui est plus complexe, c’est l’impact à long terme. Regardez : nous avons nos téléphones à longueur de temps près de nous. Quand nous téléphonons, est-ce que ça nous grille le cerveau ? On n’en sait rien…

A l’occasion de la fête de la radio, vous ouvrez les portes du centre Lucien Allavena, les 5, 6 et 7 juin 2025, de 9 heures à 17 heures : quel est l’objectif ?

Nous savons que peu de personnes connaissent notre métier. Un large public continue d’écouter la radio, et ce public aime savoir comment ça marche. Nos techniciens seront donc sur place pour expliquer le métier de diffuseur et son évolution, depuis la création de ce centre sur le col de la Madone.

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