Le marché immobilier monégasque reste à des sommets en 2025 avec un mètre carré à 57 569 euros, en moyenne, et des transactions dominées par l’ultra-haut de gamme. Par ailleurs, l’année 2025 se caractérise par un net recul des ventes de biens neufs, compensé par une forte progression des reventes. Par Mélicia Poitiers
Lundi 16 février 2026, l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee) a dévoilé les chiffres du marché de l’immobilier pour l’année 2025. Premier enseignement : Monaco reste le marché immobilier le plus cher au monde. Le prix moyen des transactions réalisées s’est établi à 57 569 euros le mètre carré. C’est 1,4 % de moins qu’en 2024 (58 402 euros/m²), mais ça reste le deuxième niveau le plus élevé historiquement.
71 167 euros le mètre carré au Larvotto
Dans le détail, Le Larvotto reste le quartier le plus cher, avec un prix moyen estimé à 71 167 euros par mètre carré en 2025. En hausse de 2,2 %, il dépasse pour la première fois la barre des 70 000 euros. Les prix progressent également à Monte-Carlo (+ 4,8 %), où ils avoisinent 54 000 euros le mètre carré, ainsi qu’à Fontvieille (+ 4,5 %) et à La Rousse (+ 3,2 %), atteignant respectivement 52 518 euros et 51 265 euros. À La Condamine, malgré un léger recul de 0,7 %, le prix se maintient à un niveau comparable, à 52 104 euros le mètre carré. Au Jardin Exotique, le prix moyen s’établit à 45 168 euros après une baisse de 3,7 %, tandis qu’aux Moneghetti, qui reste le quartier le moins cher, il progresse de 3,3 % pour atteindre 43 797 euros le mètre carré.
Avec 493 transactions enregistrées pour un montant global de 5,9 milliards d’euros, le niveau d’activité demeure, lui aussi, proche du record atteint en 2024, mais les dynamiques ont évolué. Les ventes ont considérablement reculé : 64 ventes ont été enregistrées en 2025, soit 36,6 % de moins que l’année précédente et – 29,1 % en valeur
Un nouveau mode de calcul plus précis
A noter que le mode de calcul du prix moyen au mètre carré a été entièrement revu par le conseil scientifique de l’Imsee pour cette nouvelle édition de l’Observatoire de l’immobilier. Jusqu’à présent, l’indicateur reposait exclusivement sur les reventes. Or, certains biens achetés puis revendus très rapidement venaient fausser les chiffres avec des reventes portant sur des biens quasiment neufs. « On a vu l’an dernier, à Mareterra, que trois transactions ont tiré le prix moyen au m² vers le haut à 95 000 euros, alors que l’on devait plutôt être aux alentours de 70 000 euros » a détaillé Alexandre Bubbio, directeur de l’Imsee. Désormais, le calcul intègre donc les ventes et les reventes, mais aussi la période de construction des immeubles. L’intégralité de la série historique a été revue avec cette nouvelle méthode de calcul, jugée plus réaliste. « On sait que c’est le marché monégasque de l’immobilier attire l’attention, qu’il peut faire parler… C’est important de pouvoir objectiver les dynamismes. Ça permet de rassurer les investisseurs sur la stabilité du marché », note Céline Caron-Dagioni, conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme.
Des ventes en recul, des reventes en forte progression
Avec 493 transactions enregistrées pour un montant global de 5,9 milliards d’euros, le niveau d’activité demeure, lui aussi, proche du record atteint en 2024, mais les dynamiques ont évolué. Les ventes ont considérablement reculé : 64 ventes ont été enregistrées en 2025, soit 36,6 % de moins que l’année précédente et – 29,1 % en valeur. Le repli du nombre de ventes tient d’abord à des facteurs mécaniques : le rythme des livraisons et la concentration des ventes sur des programmes livrés en 2024. Mais l’inscription de Monaco sur la liste grise du Groupe d’action financière (Gafi) en juin 2024, a aussi pu introduire une forme d’attentisme chez certains investisseurs internationaux. Le maintien de la Principauté sur cette liste grise décidé par le Gafi en fin de journée le 13 février 2026 va-t-il peser sur le marché immobilier ? Aucun lien direct n’est établi clairement, notamment par les autorités monégasques, mais la question mérite d’être posée [à ce sujet, lire notre article Monaco reste en liste grise : le Gafi demande des sanctions « réellement efficaces », publié dans ce numéro de Monaco Hebdo — NDLR]. Avec des procédures de conformité plus strictes et des transferts bancaires plus chronophages, la lutte anti-blanchiment n’est pas sans effet sur le marché immobilier estiment certains professionnels du secteur. En novembre 2025, Gilles Grailles, responsable de l’agence immobilière Pacific Agency, disait d’ailleurs à L’Observateur de Monaco avoir « constaté qu’une partie de la clientèle n’a pas eu la patience — ou parfois la possibilité, voire simplement l’envie — de se conformer aux nouvelles exigences. Ces clients se sont alors tournés vers des destinations jugées plus simples, comme Dubaï ».
164 reventes à Monte-Carlo
Les reventes, elles, sont reparties à la hausse (+ 17,5 %) après deux années de recul, atteignant 429 transactions pour un montant record de 3,2 milliards d’euros. Un chiffre tiré par les nombreux appartements neufs acquis à Mareterra et revendu quelques mois plus tard. Toujours sur le marché des reventes, Monte-Carlo a été le quartier le plus dynamique, avec 164 reventes enregistrées en 2025, soit près de deux sur cinq en Principauté. La Rousse arrive en deuxième position avec 100 logements revendus. Viennent ensuite La Condamine, qui totalise 44 reventes (+ 10 en un an), et le Jardin Exotique, avec 41 transactions, en forte hausse (+ 19). Le quartier du Larvotto enregistre son plus haut volume, avec 13 transactions en 2025, soit un niveau deux fois supérieur à sa moyenne observée sur les dix dernières années. Les achats sur plan revendus avant la livraison ou les opérations de marchands de biens réalisées à Mareterra ont largement contribué à cette dynamique. Notons que ces 13 transactions se sont établies au niveau, sans précédent, de 851,9 millions d’euros.
Un marché toujours plus haut de gamme
Par ailleurs, les chiffres confirment l’orientation de plus en plus “premium” de l’offre monégasque qui, rappelons-le, a longtemps manqué de bien XXL et de haut standing. En 2025, plus de huit ventes sur dix ont concerné des logements de quatre pièces et plus, dont quatre villas. « Une proportion inédite » selon l’Imsee. Le prix moyen d’une vente dépasse pour la première fois 40 millions d’euros et la moitié des ventes s’est conclue au-delà de 21,2 millions d’euros. Parmi les 64 transactions, 35 dépassent 20 millions d’euros et cinq franchissent même le seuil des 100 millions. Cette flambée est étroitement liée à la mise sur le marché de programmes de très haut standing livrés récemment, notamment Mareterra et Bay House. Les biens construits après 2020 affichent un prix moyen de 65 602 euros le mètre carré.



