mardi 17 février 2026
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« Un bilan mitigé, mais satisfaisant »

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Il avait fait le pari de relancer la foire de Monaco en 2014. L’organisateur et patron de Monaco Communication, Maurice Cohen, a enregistré des retours négatifs sur cette édition dédiée au Japon. Pour Monaco Hebdo, il a accepté de dresser un bilan, tout en se projetant sur 2017. Interview. Propos recueillis par Aymeric Brégoin

Quel est votre bilan de cette édition ?

C’est un bilan mitigé, mais satisfaisant. Il faut d’abord faire une synthèse de la foire de Monaco : c’est la troisième édition que nous organisons avec Monaco Communication. Avancer la date du salon pour ne pas tomber pendant les vacances scolaires était un point positif. Nous drainons la clientèle de toute la région ; nous avons ainsi eu beaucoup plus de visiteurs de la Principauté et des alentours. En termes de fréquentation, nous avons reçu entre 13 000 et 15 000 personnes, comme l’année précédente.

Ce qui est satisfaisant, selon vous ?

Nous sommes satisfaits du business qui a été fait en décoration, habitat, aménagement de la maison… Cela représente plus de 60 % de la centaine d’exposants présents. Nous n’avons que des retours positifs de leur part. Par exemple, le stand de Sud Intérieur, d’environ 70 m2, est reparti vide ; tout a été vendu. Beaucoup d’exposants venaient de l’extérieur, comme de Belgique, de Suisse ou d’Italie, et nous avons déjà des réservations pour l’année prochaine.

C’est surtout l’ameublement qui a marché ?

Tout ce qui relève un peu du secteur du luxe a aussi bien fonctionné, notamment l’automobile, avec la présence de Mercedes, Smart, BMW, Mini, Volvo, Lotus, Infinity… Plusieurs voitures ont été vendues. Les 40 % d’exposants restants, c’est essentiellement du bien-être ou de la gastronomie. C’est ce qui a moins marché, car nous sommes dans une période de crise importante. Mais je suis globalement satisfait des retours.

Qu’est-ce qui n’a pas marché alors ?

L’année dernière, nous avons mis en avant Moscou, dans le cadre de l’année de la Russie. Pour coller à l’actualité de la Principauté, nous avons mis en avant cette année le Japon, à l’occasion des dix ans de relations diplomatiques avec la Principauté. Nous avons fait beaucoup de communication autour. Certains visiteurs pensaient qu’ils allaient se retrouver à une foire du Japon.

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Et ce n’est pas le cas ?

C’est une foire traditionnelle, ce n’est pas une foire japonaise. L’année dernière, pour la Russie, nous n’avions eu que des échos favorables. Nous avons pourtant fait beaucoup d’efforts sur la décoration comme sur les animations. Il y avait de la calligraphie, du sumi-é (art de l’encre, N.D.L.R.), du dessin manga, de l’ikebana (art floral, N.D.L.R.), et beaucoup de démonstrations d’arts martiaux… Même le stand de la métropole Nice-Côte d’Azur a mis en avant les jardins japonais.

Comment expliquez-vous cela ?

Je pense que le Japon a la cote. Peut-être les gens avaient-ils plus d’attentes quant au thème de cette année, et certains d’entre eux ont été déçus car ils s’attendaient à voir tout ce qu’il y avait au Japon ? Pourtant, nous n’avions pas eu de problèmes l’année précédente avec la Russie, alors que les animations et les décorations étaient moins belles que celles autour du Japon.

Vous êtes déçu ?

Je suis attristé de voir que malgré nos efforts d’animation et de décoration, des visiteurs n’ont pas bien perçu ce que nous voulions faire. Cette année, il y a eu davantage d’animations. Or on a eu des retours de gens déçus, ce qui n’était pas arrivé lors de la précédente édition. C’est pour cela que le bilan est mitigé : il y a la contrariété de voir des visiteurs déçus, alors que le résultat de la foire est satisfaisant.

Comment y remédier ?

Une foire, c’est populaire. Nous voulions que le thème colle à l’actualité de Monaco. Pour que les gens ne soient plus déçus, l’année prochaine, nous ne communiquerons plus sur un pays, mais nous nous orienterons sur la décoration, l’habitat, les arts de la table. C’est ce qui a le plus marché. À Monaco, ce n’est pas la même clientèle que les autres foires. Elle est majoritairement issue de la Principauté, donc avec plus de pouvoir d’achat.

Il n’y aura donc plus de pays pour thématique ?

Il s’agit de ne plus donner l’image d’un pays pour ne plus décevoir. Bien sûr, cela ne nous interdit pas d’avoir des stands de pays différents, mais nous serons beaucoup plus prudents sur la communication. On s’oriente sur une foire qualitative sur l’habitat, le design, avec des exposants très sélectionnés pour davantage correspondre à notre clientèle.

Il y aura moins de stands de gastronomie ?

Il faut savoir tirer les conclusions. Nous allons être plus sélectifs et plus qualitatifs. Les exposants, par exemple sur le vin, seront mieux sélectionnés, quitte à avoir moins de choix. De plus, le salon Monte-Carlo Gastronomie arrive derrière. On va vraiment s’orienter sur l’habitat, l’urbanisme, la décoration.

Les autres leçons que vous tirez de cette édition ?

Nous sommes dans une bonne configuration, avec des installations de bonne qualité. Nous restons sur les mêmes dates, hors vacances scolaires. Je pensais qu’on pouvait atteindre 20 000 visiteurs, mais au regard de la clientèle ciblée, je ne pense plus que nous dépasserons les 15 000 entrées. Notre objectif, c’est que les gens soient contents. On se remet en question pour faire mieux. On a écouté les exposants et les visiteurs pour améliorer les choses.

 

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