jeudi 19 mai 2022
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Économie monégasque : du mieux en 2021, mais pas pour tout le monde

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L’institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE) a tiré le bilan de l’activité économique de Monaco pour 2021. Il en ressort des signes encourageants, sauf pour deux secteurs.

Il y a du mieux, alors que le plus dur de la crise sanitaire appartient peut-être à hier. L’économie monégasque a retrouvé son souffle dans l’ensemble, et le chiffre d’affaires de la principauté, hors activités financières et d’assurance, dépasse désormais les 16 milliards d’euros, si l’on en croit les derniers chiffres communiqués par l’institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE), présentés à la presse jeudi 17 mars 2022. C’est 13,3 % de mieux qu’en 2020, année noire de la pandémie de Covid-19, principalement grâce à la performance du commerce de gros (+ 889,2 millions, soit + 20,9 %) et du commerce de détail (+ 390 millions, soit 25,4 %).

L’emploi repart

Autre signe de la reprise, l’emploi dépasse pour la première fois son niveau d’avant-crise. Monaco compte en effet près de 2 000 emplois supplémentaires par rapport à 2020, et 128 emplois de plus qu’au quatrième trimestre 2019. Le secteur privé cumule ainsi 56 999 emplois actifs au total, avec au moins une heure travaillée, personnel de maison inclus. Le dispositif du chômage total temporaire renforcé, dit « CTTR », concernait, quant à lui, moins de 80 emplois au mois de décembre 2021 : « Contre six fois plus à la fin de l’année précédente », précise l’IMSEE. C’est dans le commerce de gros et autres activités de services que cette hausse a été la plus nette, avec 730 emplois de plus comptabilisés. De plus, par rapport à 2019, la majorité des secteurs affichent eux aussi un résultat supérieur, notamment celui de la construction, avec 483 emplois en plus, soit + 8 %. Quant au nombre d’heures travaillées, celui-ci est inférieur de moins de 5 millions par rapport à celui de 2019, l’écart creusé par les deux années de pandémie a donc été creusé. Fin 2021, le nombre d’employeurs du secteur privé s’établissait enfin à 6308, soit 182 entités supplémentaires.

Le prix au mètre carré franchit pour la première fois la barre symbolique des 50 000 euros, pour s’approcher des 52 000 euros. Il a augmenté d’environ 75 % en l’espace de dix ans

Plus de créations d’entreprises

Le nombre de créations d’établissements est également en nette hausse par rapport à 2020, avec 825 créations contre 763. C’est moins qu’en 2019, qui comptait 882 créations d’entreprises, mais les radiations définitives sont stables et restent en dessous de leur niveau de 2019 (469 contre 490). Le nombre de créations nettes d’entreprises à Monaco s’élève donc à 356, contre 295 en 2020 et 392 en 2019. C’est surtout le cas pour les activités scientifiques et techniques, les services administratifs et de soutien, et autres activités de services. Les activités immobilières, en revanche, connaissent un solde négatif (-7).

Immobilier : presque 52 000 euros le m2

L’immobilier se porte bien cependant. En 2021, le nombre total de transactions a augmenté de 7,1 %, tout comme le montant cumulé des ventes et des reventes (+ 7,3 %), même s’il ne retrouve pas ses niveaux records de 2018 et 2019. Avec 23 transactions pour 236 millions d’euros, le marché du neuf progresse de façon plus marquée en volume (+ 43,8 %) qu’en valeur (+ 7,8 %), si bien qu’un bien sur trois a été vendu sur plan. Le marché des reventes dépasse à nouveau les 400 transactions pour plus de 2 milliards d’euros. Et le prix au mètre carré franchit pour la première fois la barre symbolique des 50 000 euros, pour s’approcher des 52 000 euros. Il a augmenté d’environ 75 % en l’espace de dix ans.

Le secteur de l’hôtellerie a été tellement touché par la crise sanitaire à Monaco, qu’il ne pouvait que faire mieux en 2021. C’est le cas à la fin de l’année, avec des indicateurs en hausse, mais bien en deçà, cependant, des niveaux de 2019

L’hôtellerie et les transports à la peine

Le secteur de l’hôtellerie a été tellement touché par la crise sanitaire à Monaco qu’il ne pouvait que faire mieux en 2021. C’est le cas à la fin de l’année, avec des indicateurs en hausse, mais bien en deçà cependant des niveaux de 2019. Les résultats sont tout de même encourageants : les arrivées de personnes ont augmenté de 27,9 % ainsi que la durée moyenne de séjour (+ 9 %). Le nombre de chambres occupées augmente de 44,1 % et engendre automatiquement une hausse du taux d’occupation (+ 13 %), mais toujours bien moindre du niveau de 2019 (41,6 % contre 65,9 %). Reste l’incertitude liée à la guerre en Ukraine et l’évolution de la pandémie de Covid-19. Les croisières n’ont d’ailleurs toujours pas repris depuis. Le secteur des transports sont donc lui aussi logiquement à la peine, avec un volume de mouvements et de passages de moitié en moins par rapport à 2019. Entre 2020 et 2021, ce sont surtout les vols commerciaux qui ont le plus augmenté, aussi bien en termes de mouvements que de passagers, affichant respectivement + 59 % et + 55,9 %. « Dès le début de la crise sanitaire, le gouvernement était aux côtés des acteurs économiques et sociaux, en instaurant des mesures de soutien. Notre stratégie a porté ses fruits dans une conjoncture délicate, parce qu’elle était sur mesure, pragmatique, et issue d’une écoute attentive des acteurs de la principauté. Ainsi, cette stratégie a pu encourager la reprise et limiter l’impact de la crise sanitaire sur l’économie du pays », a conclu Jean Castellini, conseiller-ministre des finances et de l’économie, lors de la conférence de presse du 17 mars.

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