A Monaco, peu de jeunes parviennent à se lancer dans le commerce de proximité. La faute, entre autres, à des loyers commerciaux trop élevés.
Après une chute vertigineuse des volumes de ventes lors du premier semestre 2020, le commerce de détail a doucement repris son rythme de croisière, avant d’atteindre un niveau historique en mai 2022. Ces volumes de ventes ont été rendus possible notamment grâce aux 2 960 salariés présents dans les magasins, à l’époque. Si depuis ce chiffre est passé à 3 131 salariés, les sources connues quant à l’âge des salariés datent de 2021, où l’âge moyen des salariés était de 41 ans. L’âge moyen des chefs d’entreprise n’est toutefois pas connu par l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee). Il suffit pourtant de se balader dans les rues commerçantes de la principauté pour remarquer que les jeunes manquent à l’appel : « C’est notre problème : comment attirer la jeune génération ? », glisse Alexandre Pasta, président de l’Union des commerçants et artisans de Monaco (Ucam).
« On a eu Queen of Brownie qui a été finaliste une année de notre concours et qui n’a jamais pu ouvrir. Tout simplement car ils n’avaient pas les moyens pour avoir un local commercial »
Hannah Derrien. Présidente de la jeune chambre économique de Monaco (JCEM)
« Commerces en ligne »
De son côté, Hannah Derrien, la présidente de la jeune chambre économique de Monaco (JCEM), met en avant l’évolution des modes de consommation : « On voit très bien le manque d’investissement des jeunes dans le commerce de proximité comme les gens le conçoivent. C’est au concours de création d’entreprise que l’on s’en rend le plus compte. Les personnes qui vont postuler vont plutôt partir sur des commerces en ligne, des applications, ou des choses un peu nouvelles. Mais, malheureusement, ce ne sont plus des choses qui sont liées au commerce local. » Comme exemple, Hannah Derrien se base sur les 24 dossiers de l’édition 2024 du concours de la JCEM : « On est plutôt sur du service, des prestations, et des entreprises en télétravail. Mais on n’aura pas du commerce local pur, comme on l’entend. Et cette dynamique, on la ressent depuis plusieurs années déjà. » Pour expliquer cette situation, la jeune présidente met notamment en avant en avant l’accès à l’immobilier : « On a eu Queen of Brownie qui a été finaliste une année de notre concours et qui n’a jamais pu ouvrir. Tout simplement car ils n’avaient pas les moyens pour avoir un local commercial. » Même chose pour les restaurateurs, selon elle : « J’ai des amis qui voulaient ouvrir un restaurant à Monaco, et finalement, le marché immobilier les a coupés dans leur élan. C’est tellement cher que, malheureusement, ça ralentit des entrepreneurs qui, à la base, veulent dynamiser le pays. » Pour elle, la conséquence, c’est la fuite de ces mêmes jeunes : « Beaucoup décident d’ouvrir en France avec des commerces qui auraient pu très bien fonctionner ici. C’est triste, mais c’est la réalité. »



