lundi 16 février 2026
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Budget 2011 : « Un déficit entre 40 et 50 millions d’euros »

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Après une année 2010 un peu morose, 2011 a vu ses indicateurs économiques repasser au vert.

On s’attendait au pire pour l’année 2011. Au final, étonnamment, le baromètre de l’économie monégasque s’avère positif pour ce cru marqué par la crise économique et financière. Premier paramètre en hausse?: les recettes publiques. « L’année 2011 s’est relativement bien passée pour les finances de l’Etat », a commenté Alexandre Bordero, président de la commission des finances, lors de la dernière conférence de presse mensuelle du conseil national. Chiffres à l’appui. En 2011, les recettes de TVA monégasque ont grimpé de 8,5 % par rapport à 2010, l’impôt sur les bénéfices de 12,2 % et les droits de mutation de 31,2 %. Quant aux chiffres de l’emploi, ils sont rassurants. Le nombre d’heures travaillées a ainsi augmenté de 3,1 %. « S’il faut rester prudent — puisque Monaco ne connaît plus une croissance à deux chiffres —, nous pouvons être satisfaits. Il n’y a pas beaucoup de pays en Europe qui peuvent afficher 3 % de créations d’emplois », souligne Alexandre Bordero, pour qui la clôture des comptes (fin mars) devrait amener une bonne nouvelle?: « Nous prévoyions que le déficit budgétaire serait compris entre 40 et 50 millions d’euros — contre les 88 millions d’euros inscrits au budget rectificatif 2011, N.D.L.R. Cela devrait se confirmer. La tendance est bonne avec 8,8 millions d’euros de déficit à la fin janvier 2012, seuls les reliquats de chantiers restent à payer. » Un optimisme qui fait sourire jaune Christophe Steiner. « Comment peut-on se réjouir quand on annonce un déficit de 40 à 50 millions d’euros?? s’interroge l’élu Rassemblement&Enjeux. Il faut songer à l’avenir. »

Une balance commerciale de +28 millions d’euros
Au-delà la polémique politicienne et sans préjuger de l’avenir, le dernier bulletin de l’économie de l’IMSEE, révélant les chiffres du quatrième trimestre 2011, confirme en tout cas un regain de forme de l’économie monégasque. « Les principaux secteurs enregistrent une évolution positive au terme de l’année 2011. Hors résultats du secteur des banques et activités financières, les chiffres d’affaires de l’ensemble des secteurs d’activité progressent ainsi de 10 % en comparaison de l’année 2010, pour atteindre 13,3 milliards d’euros », observe l’IMSEE. Une hausse qui tient aux performances du commerce de gros (+6,6 %), de détail (+8,1 %), de l’hôtellerie-restauration (+11,2 %), des transports (+21,8 %) et de l’industrie (+18,7 %). « Après un déficit de près de 77 millions d’euros en 2010, la balance commerciale est de nouveau positive avec un excédent de plus de 28 millions d’euros », note l’institut (1). Même le secteur bancaire voit ses actifs doper?: le montant des dépôts et titres passe en effet de 72,8 millions d’euros à la fin 2010 à 78 millions d’euros à la fin 2011. Ce qui représente une hausse de 7,2 %. Pour 2012, il faudra patienter pour savoir si cette tendance se poursuit. « Le tournoi de tennis et le Grand prix donneront le la », indique Alexandre Bordero.

(1) A noter que « les ventes avec la Chine ont progressé de près de 55 %. La part des acquisitions intracommunautaires s’est réduite de 70 % à 50 % ».

Bonus pour les droits de mutation??
Parmi les recettes de l’Etat en hausse, les droits de mutation opèrent une belle percée. Avec 22,5 % de hausse. Logique?: 9 appartements neufs ont été vendus en 2011 contre 1 seul en 2010. 2011 aura vu également 267 reventes d’appartements contre 218 en 2010. Pour l’élu UDM Alexandre Bordero, « c’est à partir de l’entrée en vigueur de la réforme sur les droits de mutation que la croissance constatée a été la plus forte. D’ailleurs, en janvier 2012, on relève 10 millions d’euros de recettes — sur un immeuble de 150 millions d’euros -contre 3 millions en janvier 2011. » Verdict du président de la commission des finances?: « Ce n’est pas une mauvaise loi qui a fait fuir les investisseurs ou qui va ruiner l’économie monégasque, comme on a pu l’entendre… » La loi compte tout de même des détracteurs. Elle fait actuellement l’objet d’un recours devant le tribunal suprême.

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