lundi 16 février 2026
AccueilDossierReOceanFund : un fonds privé pour financer les prochaines innovations océaniques

ReOceanFund : un fonds privé pour financer les prochaines innovations océaniques

Publié le

La fondation prince Albert II et Monaco Asset Management ont lancé, en mars 2023, un nouveau fonds de capital-investissement destiné à soutenir des actions de préservation des océans. Baptisé ReOceanFund, ce fonds entend investir 100 millions d’euros sur dix ans dans des projets innovants au service des océans, pour soutenir la transition vers une économie plus durable et équitable.

Il n’y a pas que les dons et les levées de fonds qui soutiennent la transition durable. Pour préserver les océans, les défis sont immenses, et il est important de mobiliser des moyens à la hauteur des solutions d’envergure. Il faut, comme l’a déclaré le prince Albert II lors de la Monaco Ocean Week le 21 mars 2023, « apporter de nouvelles ressources pour le futur des mers, être une opportunité de régénérer les océans, et réduire les effets du changement climatique ». Lors de ce congrès international dédié à la protection des mers et des océans, Albert II a annoncé la création d’un nouveau fonds d’investissement privé qui, depuis la principauté, financera des entreprises qui développent des solutions jugées « innovantes » en faveur des océans, et qui sont engagées dans l’ODD 14 des Nations unies, à savoir : « Conserver et exploiter de manière durable les océans et les mers aux fins du développement durable ». Son nom : ReOceanFund. Il est le fruit d’un partenariat entre la fondation prince Albert II et Monaco Asset Management (MAM), un fonds de la place monégasque qui gère 125 clients et plusieurs milliards de dollars d’actifs de capital investissement. L’enjeu est de taille car, selon Olivier Wenden, vice-président de la fondation prince Albert II, seul 1 % des flux financiers mondiaux sont dédiés à l’océan. Et ce 1 % représentait 10 milliards de dollars en 2019, alors qu’il faudrait 175 milliards par an pour avancer.

L’objectif visé par ReOceanFund est d’injecter 100 millions d’euros sur dix ans dans les projets sélectionnés dans plusieurs types d’activités, et en particulier les solutions à la pollution plastique

ReOceanFund Innovation Océanique Prince Albert II
© Photo Fondation prince Albert II

Objectif : 100 millions d’euros sur dix ans

L’objectif visé par ReOceanFund est d’injecter 100 millions d’euros sur dix ans dans les projets sélectionnés dans plusieurs types d’activités, et en particulier les solutions à la pollution plastique, l’alimentation « blue » regénérative et durable, ou encore le yachting vert. Cela passera par des collaborations avec des fonds d’investissements déjà marqués sur ces questions, principalement en Amérique du Nord et en Europe Occidentale. Les capitaux injectés seront investis conjointement avec une cinquantaine de fonds américains et européens spécialisés sur ces questions. Pour sélectionner les entreprises dans lesquelles investir, la fondation prince Albert II se portera garante sur le volet scientifique et éthique, alors que Monaco Asset Management jouera un rôle d’expert sur la partie gestion de patrimoine. La fondation prince Albert II a ainsi délimité cinq domaines dans lesquels chaque entreprise devra évoluer pour être éligible à une injection de capital : la transition écologique dans le transport maritime, l’élaboration de solutions contre la pollution plastique, la restauration et la protection des écosystèmes marins, la transformation des méthodes de pêche ou d’aquaculture vers des modèles durables, et la collecte de données destinées à mieux comprendre les océans. Dans sa structure, ReOceanFund est géré par Monaco Asset Management et co-géré par la fondation. Ce fonds est gouverné à travers trois comités : « impact », « advisory » et « investment ». L’objectif étant de financer uniquement des projets durables, un comité d’experts de la fondation prince Albert II disposera, au sein de cette gouvernance tripartite, d’un droit de veto. Ses membres évalueront l’impact potentiel de chaque projet sur l’environnement, la biodiversité ou encore la vie des communautés locales. En cas de doute sur un risque d’effet négatif, ils pourront bloquer le projet d’investissement.

ReOceanFund Innovation Océanique
© Photo Fondation prince Albert II

L’objectif étant de financer uniquement des projets durables, un comité d’experts de la fondation prince Albert  II disposera, au sein de cette gouvernance tripartite, d’un droit de veto

Bénéfices

L’intérêt de ce fonds est aussi financier pour les investisseurs. Des signaux faibles semblent indiquer que l’économie bleue est prometteuse : en 2021, par exemple, 2 000 nouvelles start-up ont vu le jour dans le monde, sur des enjeux liés à l’océan. C’est deux fois plus qu’en 2019, selon Anthony Torriani, administrateur délégué de Monaco Asset Management, qui mise sur cette donnée pour convaincre de nouveaux portefeuilles d’investir dans cette économie. L’idée de ce ReOceanFund consiste en effet à se développer autour d’une verticale d’investissements identifiés pour protéger les écosystèmes marins, lutter contre la propagation des déchets plastiques, transformer les façons de se déplacer sur les océans, informer les acteurs du monde océanique, et produire de la nourriture dans les océans de manière raisonnée. Pour chacune de ces thématiques, des entreprises innovantes et des projets vont être identifiés pour étudier les bénéfices d’y investir, notamment auprès de la communauté locale monégasque. C’est d’ailleurs vers elle que s’est tourné le prince Albert II lors de la Monaco Ocean Week : « L’océan a besoin de nous, l’océan a besoin de vous. Il a besoin de vous, parce qu’il est en danger à cause des activités humaines, et parce que les dangers auxquels il fait face menacent aussi tout l’équilibre naturel de notre monde. L’océan a besoin de vous, car l’humanité compte de plus en plus sur lui pour se nourrir, pour trouver de nouvelles ressources, et pour créer un nouveau paradigme de développement. Et l’océan a besoin de vous, car il ne pourra pas répondre à ces besoins si nous ne sommes pas capables de faire preuve d’innovation pour faire émerger une véritable économie bleue. Il faut apprendre à mieux utiliser les mers, en s’appuyant sur une solide expertise scientifique, en faisant preuve de créativité et d’audace. Et, bien sûr, en associant les acteurs économiques. »

Pour revenir au début notre dossier « Traité sur la haute mer : et maintenant ? », cliquez ici.

Newsletter

Une sélection quotidienne d'informations directement dans votre boite Mail