Face aux défis structurels de la caisse autonome des retraites (CAR), le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé, Christophe Robino, prône une approche concertée et mesurée pour préserver la pérennité du régime. Pas de gel du point de retraite, ni de recul de l’âge légal pour l’instant, mais un groupe de travail planche sur des solutions d’ici juin 2026, avec un accent mis sur la sauvegarde du fonds de réserve et sur le pouvoir d’achat des retraités.
Un calendrier a-t-il été fixé pour entériner cette future réforme des retraites ?
Si un calendrier, à proprement parler, n’a, pour le moment, pas été arrêté, un groupe de travail comportant des représentants du gouvernement issus du comité de contrôle et du comité financier et des représentants des employeurs et des salariés des comités de la caisse autonome des retraites (CAR) a bien été constitué, afin de proposer, au regard des conclusions de l’actuaire, des pistes permettant au régime de sortir de son déséquilibre structurel. En effet, il est important de préserver les réserves de la caisse de retraite, car ce sont elles qui permettent de faire face aux aléas du régime en cas de difficultés économiques ou de nouvelle crise sanitaire.
Il y aura du nouveau en 2026 ?
J’ai demandé à ce groupe de travail, en accord avec mon collègue des finances, de nous faire part de ses préconisations pour juin 2026, avec un point d’étape de l’avancement de ses travaux lors des comités de mars 2026. Dans ce dossier, le temps joue contre nous, il ne faudrait pas, comme ce fut le cas en 2012, attendre presque dix ans pour mettre en place cette réforme.
Un gel du point de retraite sur une période de cinq ans est-il à l’étude ?
Je tiens à rappeler que le gel du point retraite n’a jamais été utilisé par la CAR, et que, si une telle mesure devait être envisagée, celle-ci ne saurait être adoptée qu’après une concertation indispensable avec les partenaires sociaux qui, rappelons-le, participent avec le gouvernement à la gestion des caisses sociales monégasques. Je ne suis pas convaincu de la pertinence d’une telle mesure, qui aurait pour effet une baisse durable du pouvoir d’achat des retraités. De plus, son effet sur cinq ans n’entraînerait pas forcément de préservation à long terme du régime des retraites des salariés du secteur privé, et notamment en ce qui concerne la préservation du fonds de réserve de la CAR, s’il n’était pas accompagné d’autres mesures. Quoiqu’il en soit, il appartiendra au groupe de travail de déterminer les réformes qu’il conviendra d’adopter.
« Il est important de préserver les réserves de la caisse de retraite, car ce sont elles qui permettent de faire face aux aléas du régime en cas de difficultés économiques ou de nouvelle crise sanitaire »
Un recul de l’âge légal de départ à la retraite est-il envisagé, et uniquement pour les salariés qui peuvent partir à 60 ans ?
Il faut rappeler que, depuis 1947, contrairement à d’autres pays, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 65 ans à Monaco, avec une possibilité de départ anticipé, sous condition et sans abattement, dès 60 ans. Pour l’heure, il n’a pas été envisagé, contrairement à ce que j’ai pu lire sur certains tracts, de modifier ce paramètre dans le cadre de la réforme que nous aurons à mener pour préserver les retraites des salariés du secteur privé.
Est-il envisagé de dissocier davantage le salaire de base de l’inflation ?
Le taux de dissociation a été fixé, en 2012, par la loi n° 1392 à 1,1 %. Comme cela avait été expliqué à cette occasion, celui-ci permet de dissocier l’évolution du salaire de base par rapport à l’inflation, limitant ainsi le nombre de points distribués par exercice. Il est d’ailleurs à noter que déjà lors des débats législatifs de 2012, les élus du Conseil national s’étaient interrogés sur le caractère approprié et suffisant de cette dissociation. C’est évidemment une possibilité, mais dont les effets ne se mesurent qu’à long terme. Dans l’immédiat, seule la modification de la loi n° 455 du 27 juin 1947 sur la retraite des salariés permettrait d’envisager une modification de ce taux de dissociation.
« Il appartiendra au groupe de travail de déterminer les réformes qu’il conviendra d’adopter »
Le 13 juin 2025, la valeur du point de retraite a-t-elle bien été augmentée de + 0,3 % pour l’exercice 2025-2026 ?
Effectivement, lors des comités de contrôle du mois de septembre 2025, la valeur du point CAR, applicable à compter du 1er octobre 2025, a été augmentée de 0,3 %. Une lettre a été adressée en ce sens par les caisses sociales aux retraités et aux salariés de la principauté. Il est à noter que, si la valeur du point CAR n’a varié que de + 0,3 %, celui du point de la retraite complémentaire de la caisse monégasque de retraite complémentaire (CMRC) a, dans le même temps, augmenté de 1,92 %, permettant ainsi de préserver le pouvoir d’achat des retraités au-delà des variations de l’inflation. Cette majoration de la valeur du point de la CMRC bénéficiera également aux retraités de Monaco restés à l’Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) – Association des régimes de retraite complémentaire des salariés (Arrco) via la « prestation de bonification » versée en novembre 2026, comme prévu par la loi n°1544, du 20 avril 2023.
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