On n’imagine pas la pression que fait peser Nicolas Sarkozy sur ses ministres. Le président français les veut près du peuple. Pas si facile ! Nos encouragements vont à Nathalie Kosciusko-Morizet, dont nos consoeurs Anne Rovan et Nathalie Segaunes rapportent les efforts méritoires dans Déjeuners avec des ministres sous pression (Albin Michel). Quand elle invite la presse, Madame la Secrétaire d’État à la prospective et au développement de l’économie numérique ne dit pas « déjeuner » mais « grailler ». Puis elle insiste sur ses origines immigrées – sans préciser qu’elles ne sont pas vraiment africaines, mais de la meilleure extraction polonaise, avec, en prime, mais chut ! un grand-père devenu ambassadeur de France. Surtout, la délicieuse NKM n’oublie pas de rappeler ses études en lointaine banlieue, à Palaiseau. Vrai. Mais, chut encore ! il s’agissait du campus… de l’École Polytechnique ! Un seul regret : Madame Kosciusko-Morizet ne relève pas que son compagnon, Jean-Pierre Philippe, est l’objet d’une plainte de la part d’un éditeur pour menaces anonymes au téléphone. Pourtant, souvent, la racaille vous pause bien mieux que le populaire. Pour davantage de hauteur de vue, et le goût du style, lisez Dégagements (Gallimard), de Régis Debray. L’écrivain voyage, à sauts et à gambades, sur l’actualité récente. On découvre que Paul Valéry avait prévu Ben Laden (page 120). On regarde le 20 heures de TF1 en compagnie de Julien Gracq, dont le grand-père né en 1839, lui avait raconté les anecdotes de la guerre de Vendée et des Robespierristes du cru, lequel grand-père les tenait de la bouche des anciens Bleus et Blancs de son village (page 66). Voilà qui aide à mettre en perspective le feulement de PPDA et de Claire Chazal.
Z’y va, NKM !
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