mercredi 10 août 2022
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Culture Sélection de novembre 2021

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Monaco Hebdo sélectionne pour vous le meilleur de la culture du moment. Retrouvez nos coups de cœur Blu-rays, livres, bandes-dessinées et musique.

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Bonne Mère

De Hafsia Herzi

Energie. Dans une cité des quartiers nord de Marseille, on suit le parcours de Nora. Elle a une cinquantaine d’années, et elle est employée comme femme de ménage. Le reste du temps, elle s’occupe de sa famille. Miné par le chômage, son fils aîné, Ellyes, braque une station-service. Arrêté, il finit en prison. Dans l’attente de son procès, son humeur oscille entre abattement et envie de s’en sortir. Nora lui apporte tout le soutien qu’elle peut. On se souvient de Tu mérites un amour (2019), le premier film de Hafsia Herzi, qui avait été sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes. Bonne mère a, lui aussi, attiré l’attention du festival de Cannes et de sa sélection Un certain regard, où il a obtenu le Prix d’ensemble. Sans verser dans le mélo, Hafsia Herzi filme l’énergie qui se dégage de cette famille, portée par Nora.

Bonne Mère, de Hafsia Herzi, avec Halima Benhamed, Sabrina Benhamed, Jawed Hannachi Herzi (FRA, 2021, 1h39), 19,99 euros (DVD seulement, pas de sortie en Blu-ray). Sortie le 7 décembre 2021.

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Laurent Garnier : Off the Record

De Gabin Rivoire

Electro. C’est à une plongée dans l’univers de Laurent Garnier, le pape de la musique électronique en France, que nous convie Gabin Rivoire. On y croise d’autres stars de ce milieu, de Carl Cox à Jeff Mills, en passant par Derrick May. Néophyte dans l’univers de la techno, Gabin Rivoire apporte une fraîcheur bienvenue à ce documentaire, qui puise aussi dans de précieuses images d’archives. Né le 1er février 1966, Laurent Garnier explique qu’il est « un vrai mélomane », fan de disco, de reggae, de new wave, de punk, et de soul : « La house et la techno regroupent l’essence de tous ces genres musicaux. La house, c’était la musique que j’attendais. » Ce DJ star de l’électro, considéré comme le porte-drapeau de la French touch, se dévoile dans ce documentaire, inspiré en partie par son autobiographie, Electrochoc, l’intégrale 1987-2013 (Flammarion). Et c’est passionnant.

Laurent Garnier : Off the Record, de Gabin Rivoire (FRA, 2021, 1h33, documentaire), 49,99 euros (coffret collector Blu-ray). Sortie le 8 décembre 2021.

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Free Guy

De Shawn Levy

Jeu. Shawn Levy, producteur de l’excellente série Stranger Things (2016) et réalisateur de La Nuit au musée (2006) est en forme. Il nous livre un film très drôle, dans lequel un employé de banque (Ryan Reynolds) découvre un jour qu’il n’est qu’un simple figurant dans un jeu vidéo. Comme dans Un jour sans fin (1993), chaque jour, la même partie recommence, sans fin. Mais il décide de se révolter, en changeant la donne et les règles du jeu, à la manière de Ready Player One (2018). Sans être particulièrement novateur, car ce film emprunte aussi beaucoup à The Truman Show (1998), Free Guy emporte l’adhésion grâce à la performance d’acteur de Ryan Reynolds. En creux, entre deux gags, Shawn Levy questionne le fonctionnement du monde du jeu vidéo et des communautés de “gamers”. Spectaculaire, Free Guy remplit le cahier des charges d’un efficace film pop-corn.

Free Guy, de Shawn Levy, avec Ryan Reynolds, Jodie Comer, Joe Keery, Taika Waititi (USA, 2021, 1h55), 19,99 euros (DVD), 24,99 euros (Blu-ray). Sortie le 10 décembre 2021.

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Baby Boss 2 : une affaire de famille

De Tom McGrath

Performance. Avec Baby Boss 2, Tom McGrath démontre que « suite » ne rime pas nécessairement avec « faillite ». Cette fois, les frères Templeton, Tim et Ted, ex-Baby Boss, des bébés espions en costumes et attachés-case, sont devenus adultes. Tim est désormais père au foyer, alors que Ted est à la tête d’un fonds spéculatif. Grâce à une potion magique, ils peuvent redevenir des enfants pendant quarante-huit heures. Ils décident donc d’infiltrer l’école du docteur Armstrong, destinée aux surdoués. Ce docteur s’apprête à lancer une « baby révolution », un mouvement qui vise à punir les parents, accusés de limiter la progression intellectuelle de leurs progénitures. Baby Boss 2 s’attaque au culte de la performance, qui touche désormais les plus jeunes. Le tout, avec un récit déjanté et jouissif.

Baby Boss 2 : une affaire de famille, de Tom McGrath, avec Jérôme Commandeur, Miles Christopher Bakshi, Alec Baldwin (USA, 2021, 1h47), 16,99 euros (DVD), 19,99 euros (Blu-ray), 24,99 euros (Blu-ray 4K). Sortie le 18 décembre 2021.

L’enfer numérique. Voyage au bout d’un like

De Guillaume Pitron

« Péril. » Après deux ans d’enquête et des voyages sur quatre continents, le journaliste Guillaume Pitron livre une enquête fouillée, tournée vers la pollution générée par nos actions numériques quotidiennes. Aujourd’hui, le numérique utilise 10 % de l’électricité produite dans le monde. Et il émet près de 4 % des émissions globales de gaz à effet de serre, alors que le trafic aérien, en temps normal, c’est-à-dire avant la pandémie de Covid-19, n’en génère que 2 %. « La pollution digitale met la transition écologique en péril, et sera l’un des grands défis des trente prochaines années », estime l’auteur du déjà très remarqué La Guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique (2018). Un autre numérique, plus sobre et respectueux de l’environnement, est-il envisageable ? L’enjeu est désormais contenu dans cette question.

L’enfer numérique. Voyage au bout d’un like, de Guillaume Pitron (Les Liens Qui Libèrent), 304 pages, 20 euros.

Le Sniper, son wok et son fusil

de Chang Kuo-Li

Ingrédients. D’un côté, à Tapeï, l’enquêteur Wu est persuadé que le suicide d’un officier du Bureau des commandes et acquisitions de l’armée n’en est pas un. De l’autre, à Rome, le tireur d’élite Ai Li, dit Alex, est contraint de fuir, alors qu’il s’apprêtait à éliminer un conseiller en stratégie du président taïwanais sur ordre des services secrets. Cet ex-marine reconverti en cuisinier est pris en chasse par un homme qui cherche par tous les moyens à le faire disparaître. Trahi, Alex cherche à comprendre. Dans ce thriller survitaminé, Chang Kuo-Li prend pour trame de son thriller l’affaire de la vente des frégates à Taïwan par la France, au début des années 1990. Entre géopolitique, espionnage et polar, Le Sniper, son wok et son fusil distille à merveille ses ingrédients, au service d’un délicieux récit.

Le Sniper, son wok et son fusil de Chang Kuo-Li, traduit du mandarin (Taïwan) par Alexis Brossolet (Gallimard, Série noire), 368 pages, 19 euros, numérique 14 euros.

La bible de la lose du sport français

De la Fédération Française de la Lose

Autodérision. Le compte Twitter satirique de la Fédération Française de la Lose (FFL), qui a déjà séduit plus de 248 000 abonnés, s’amuse à compiler les pires ratés du sport français depuis août 2015. Dans ce livre qui s’annonce parfait pour rire aux éclats sous le sapin de Noël, la FFL a réuni un florilège de ces “loseurs” magnifiques. Aucun sport n’est épargné, aucun athlète non plus. Sur les cent dernières années, des Jeux Olympiques (JO), en passant par les différentes Coupes du monde ou les Tours de France, chaque événement a été passé au peigne fin. Beau joueur, le cycliste français Thibaut Pinot, souvent blessé pendant sa carrière, a signé la préface. Il estime qu’il est « possible qu’avec moins de poisse, je serais un peu moins populaire aujourd’hui », et il reste convaincu que « l’humour et l’autodérision sont les deux remèdes les plus efficaces pour digérer les grandes déceptions ». Nous aussi.

La bible de la lose du sport français de la Fédération Française de la Lose (Marabout), 240 pages, 29,90 euros.

Goldorak

de Dorison, Bajram, Cossun Sentenac et Guillo

Suite. La nostalgie a parfois du bon. Cinq auteurs français, Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo, tous fans de Goldorak, sont parvenus à convaincre les ayants droit japonais de travailler sur une bande dessinée 100 % française, consacrée à ce personnage mythique imaginé par le mangaka Go Nagai. Le récit se déroule dix ans après le 74ème et dernier épisode de la série animée, diffusé en 1977 au Japon et peu après en France. Après avoir remporté le combat contre les forces de Véga, Actarus quitte la Terre pour sa planète, Euphor. Mais quelques fidèles de Vega ont survécu. Un nouveau golgoth, une machine de guerre des soldats de Véga, menace de détruire le Japon, si le pays n’est pas évacué. Dans cette suite, les auteurs apportent une nuance bienvenue, qui tranche avec le manichéisme de l’époque, remettant Goldorak au goût du jour.

Goldorak de Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo, d’après l’œuvre de Go Nagai (Kana), 168 pages, 24,90 euros.

Maxiplotte

de Julie Doucet

Force. De 1987 à 1999, la Québecoise Julie Doucet, a marqué le monde de la bande dessinée (BD). Elle méritait donc une anthologie. Son éditeur présente Maxiplotte comme « une œuvre à la fois subversive, féministe et fantaisiste ». S’il fallait une raison supplémentaire de se ruer sur cette BD, les 400 pages de ce bel objet offrent plus de 200 pages d’inédits. On retrouve Ciboire de Criss ! (L’Association, 1996), Monkey and the Living Dead (L’Association, 1999), deux titres épuisés. Mais aussi quelques histoires tirées de Changements d’adresses (L’Association, 1998). Des reproductions de couvertures, notamment de son célèbre et très personnel fanzine Dirty Plotte, complètent le menu. Le temps a passé, mais la justesse de ton de Julie Doucet reste. La force de son œuvre aussi.

Maxiplotte de Julie Doucet (L’Association), traduit de l’anglais (Canada) par Julie Doucet, JC Menu et Laura Park, 400 pages, 35 euros.

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Midnight Confessions Vol.1

Italoconnection

Hypnotique. Le duo italien Fred Ventura – Paolo Gozzetti nous offre huit titres électro, tous portés par un imparable sens du rythme. Parmi les moments forts de cet album, le titre Virus X, interprété par Étienne Daho, et magnifié par un clip totalement hypnotique, inspiré par Lost Highway (1997) de David Lynch. On a aussi beaucoup aimé Humans et Get Together, deux morceaux portés par des nappes synthétiques aussi élégantes que dansantes. Dans le prolongement de cet album, Fred Ventura et Paolo Gozzetti ont publié en novembre 2021 une série de remixes de Virus X, notamment signés par St. Vincent, Unloved, et Chloé. À ce petit jeu, Chloé livre une version aussi inventive que personnelle de ce titre imparable. Mais c’est dans l’intégralité de Midnight Confessions Vol.1 qu’il faut se plonger. Sans hésiter.

Midnight Confessions Vol.1, Italoconnection (Bordello a Parigi), 15,99 (CD), 35,99 euros (vinyle).

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Imposter

Dave Gahan – Soulsavers

Reprise. Pour Dave Gahan, Imposter est le troisième album co-réalisé et coproduit avec les Soulsavers, un duo anglo-américain composé de Rich Machin et Ian Glover. Après The Light the Dead See (2012) et Angels & Ghosts (2015), Dave Gahan continue de s’émanciper de Depeche Mode, dont il est le chanteur depuis les débuts de ce groupe de new wave, en 1980. Après un premier album en solo, Paper Monsters (2003), Dave Gahan a signé pour la première fois quelques titres d’un album de Depeche Mode, Playing The Angel, en 2005. Pour Imposter, il revisite 12 titres d’artistes qui le touchent, notamment PJ Harvey, Mark Lanegan, Neil Young, Charlie Chaplin, Bob Dylan, Cat Power, Elvis Presley, Mark Lanegan, ou Neil Young. Le premier extrait, Metal Heart, une reprise très électrique de Cat Power, est d’une sidérante beauté. La voix grave et profonde de Dave Gahan fait toujours la différence.

Imposter, Dave Gahan – Soulsavers (Columbia/Sony Music), 16,99 euros (CD), 23,99 euros (vinyle).

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Kid A Mnesia

Radiohead

Bonheur. La réédition de ce mois de novembre 2021 est ici. Pour marquer le 20ème anniversaire de Kid A (2000), et le 21ème anniversaire d’Amnesiac (2001), Radiohead vient de sortir deux magnifiques coffrets. Le premier, Kid A Mnesia Deluxe LP, propose des éditions limitées des trois vinyles, ainsi qu’un livre d’art de 36 pages. Le second, Kid Amnesiette, est limité à 5 000 exemplaires. Il contient le même livre de 36 pages, avec cette fois deux cassettes : une pour Kid A/Amnesiac, et une pour Kid Amnesiae, qui permet d’écouter 12 titres rares ou inédits, et 5 faces B du début des années 2000. Enfin, des éditions limitées des trois albums en vinyle rouge, en vinyle noir, en CD et en format numérique, complètent l’offre. Avec des morceaux dansants, comme Idioteque, ou plus doux, comme Like Spinning Plates, cette réédition est un vrai bonheur. Aérien, le titre inédit, If You Say The Word, est superbe.

Kid A Mnesia, Radiohead (XL Recordings), 17,99 euros (CD), 44,99 euros (Kid A Mnesia Deluxe LP), 75 euros (Kid Amnesiette).

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Monaco Hebdo