lundi 16 février 2026
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Les anges gardiens de Monaco — Franck Florino : « Ils m’ont laissé entrer dans leur monde »

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En 2024, à l’occasion du Grand Prix de Monaco couronné par la victoire de Charles Leclerc, le réalisateur Franck Florino a suivi le quotidien des commissaires de piste, réputés comme les meilleurs du monde dans leur catégorie. Il en est sorti un documentaire, Les anges gardiens de Monaco, diffusé sur Canal+ le 24 mai 2025. Il nous raconte.

En visionnant votre documentaire, on sent que vous avez été véritablement accepté dans le quotidien des commissaires de piste : c’était important pour vous cette immersion ?

Complètement. Et je les remercie profondément. Sans leur confiance, je n’aurais jamais pu capter tout ça. J’étais partout, caméra à l’épaule, et ils m’ont laissé entrer dans leur monde. Ce n’était pas gagné d’avance, mais ils m’ont accepté. On est rentré dans leur intimité, et je ne m’y attendais pas, à ce point. Ce sont eux qui valident le film, c’est pour eux qu’on l’a fait.

Ce n’était pas votre premier projet à Monaco ?

Non. Après mon long métrage de fiction, j’ai réalisé mon premier documentaire ici : Le Grand Prix de Monaco, la légende. C’était en 2019, pour les 90 ans du Grand Prix. On a travaillé avec Yann-Antony Noghès et Check Productions, qui m’avait proposé ce projet, sur un an de travail. On avait travaillé en noir et blanc, avec des comédiens, pour recréer l’époque. C’était une grosse production. Depuis, on a continué à collaborer, notamment avec Canal+ pour les dix ans de diffusion de la Formule 1 (F1) sur leur chaîne. On avait organisé un événement à Monaco, avec toute l’équipe de Canal, une diffusion spéciale, un petit tour monté. C’était génial.

Vous avez aussi suivi Canal+ jusqu’en Australie pour une première projection ?

Oui, c’était la première diffusion F1 de Canal+, à Melbourne. C’était une aventure géniale avec Yann-Antony et Check Productions, qui était encore producteur et auteur. Là encore, j’étais en immersion avec eux, caméra au poing, pour capturer tout ce qu’il se passait. Ce que j’aime, c’est cette complicité qui se crée, ce côté « faire avec » les équipes. C’est ce qui transparaît à l’écran, je pense.

« Sur une course, on ne sait jamais ce qu’il va se passer. Il fallait être hyper réactifs. Et surtout, on a tourné beaucoup. Je pense qu’on est sur une trentaine de jours de tournage, au total »

Vous étiez nombreux à avoir été mobilisés sur ce tournage ?

Pas tant que ça. Beaucoup de plans ont été tournés en solo, en caméra embarquée. Parfois, une deuxième caméra m’accompagnait, notamment quand il fallait suivre d’autres personnages, comme Ugo ou Laura [à ce sujet, lire notre article Les anges gardiens de Monaco, un documentaire inédit sur les commissaires de piste, publié dans ce dossier spécial — NDLR]. On essayait d’anticiper. Mais, sur une course, on ne sait jamais ce qu’il va se passer. Il fallait être hyper réactifs. Et surtout, on a tourné beaucoup. Je pense qu’on est sur une trentaine de jours de tournage, au total.

Justement, parlez-nous de Laura, car elle marque les esprits ?

Oui. Laura, c’est une des nouvelles recrues que l’on a suivies. Une femme dans un univers très masculin. Elle trace son chemin, discrètement, mais sûrement. J’ai été très touché en la filmant, parce que je vivais ses émotions avec elle. Et surtout, on ne savait pas à l’avance si elle allait être retenue, il y avait donc cette tension. Ce sont des histoires de transmission, de générations, et j’espère que le film le rend bien.

On sent aussi une tension, un sens du danger presque palpable…

C’est dangereux, il ne faut pas l’oublier. J’ai entendu énormément de témoignages de commissaires qui ont failli perdre la vie. Certains se sont fait rouler sur le casque, d’autres frôlés de près. Et pourtant, ils reviennent. J’ai eu un choc, moi aussi. Le premier matin, à 5 heures, dans la nuit, quand Laura est montée à son poste, j’étais là. Quand une voiture vous passe à 300 km/h à un mètre de vous, ce n’est pas juste du bruit : c’est un souffle, un choc. Ça vous marque.

Il y a aussi cette séquence incroyable avec les 700 commissaires sur la piste : c’était une idée du réalisateur ?

Oui, Yann-Antony Noghès [le co-producteur monégasque de ce documentaire — NDLR] a eu l’idée de rassembler tous les commissaires pour une photo sur la piste. Ça ne s’était pas fait depuis vingt ans ! C’était un barnum incroyable à organiser : il fallait l’accord du palais princier, la présence de tous, en uniforme, au même moment. On a eu une demi-heure de battement, à 6 heures du matin. J’avais le drone prêt, on a capté ça. Sans filet, comme souvent sur ce tournage. Mais c’était un moment fort.

« J’ai entendu énormément de témoignages de commissaires qui ont failli perdre la vie. Certains se sont fait rouler sur le casque, d’autres frôlés de près. Et pourtant, ils reviennent »

Quel matériel utilisiez-vous ?

Je tourne beaucoup avec un boîtier hybride léger, avec un stabilisateur pratiquement tout le temps. Je privilégie les focales fixes, pour garder une belle profondeur de champ, un rendu presque cinématographique, sans trop le dire non plus. Ce que je veux, c’est être mobile. Pouvoir courir, réagir. Ce tournage était très physique.

Avez-vous de nouveaux projets, dans la même veine ?

Pour l’instant, rien de similaire sur le sport auto, mais je travaille beaucoup à Monaco. D’autres projets sont en préparation, mais je préfère ne pas trop en dire, pour l’instant. Mais oui, je continue à collaborer étroitement avec Monaco.

Pour lire la suite de notre dossier sur le Grand Prix de Monaco 2025, cliquez ici

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