vendredi 20 mai 2022
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Et pourquoi pas ?

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Certains patrons s’adonnent à leur passion. C’est le cas de Nicola Frassanito. Le fondateur de Phytoquant endosse désormais la casquette de producteur de musique. Rencontre.

Par Clarine Baudin.

Nicola Frassanito est un directeur d’entreprise pas comme les autres. Né dans les Pouilles en 1955, l’Italien grandit en musique. Porté par les airs festifs des opéras italiens fredonnés jour après jour par son père, sur les chantiers. Cet amoureux de musicalité embrasse pourtant une toute autre carrière. Après avoir été commercial dans les compléments alimentaires, il crée en 2004 sa propre boîte, Phytoquant. Implantée à Monaco, cette entreprise vend également des produits cosmétiques. Mais, poussé par sa passion première, il cumule les projets et passe à l’action. « Je suis un rêveur, mais un rêveur qui se donne les moyens de ses rêves. Cela relève aussi d’une part d’inconscience, sourit-il. Quelqu’un a dit un jour : « Il ne savait pas que c’était impossible, alors il l’a fait ». C’est un peu l’histoire de ma vie… »

Un amateur au Trianon
Comment Nicolas Frassanito a forcé le destin ? En 2011, alors que Phytoquant prépare une conférence à Paris avec le biologiste Bruce Lipton, il décide d’offrir un show à ses convives. Quinze chansons interprétées par… Nicola Frassanito himself. Avant le jour J, c’est le grand chambardement. Ayant toujours chanté à capella, le patron prend des cours de chant, de danse, mais aussi de chorégraphie avec la metteur en scène Manon Savary. La fille de Jérome Savary lui présentera Gérard Daguerre, qui dirige les orchestres à l’opéra comique de Paris jusqu’en 2007. C’est décidé. Le pianiste et arrangeur de Barbara (entre autres) sera le chef d’orchestre de la soirée. Le 25 septembre 2011, il fait son tour de chant au Trianon, sous le regard surpris des 240 invités. A peine arrivé sur scène, le stress s’évapore. Pour Nicola Frassanito, c’est la révélation : « J’ai pris un pied comme jamais ! » De quoi lui donner l’envie de renouveler l’expérience.

Gérard Daguerre en arrangeur
D’autant que suite à la représentation, un ami lui confie qu’il aurait également adoré être sur scène. Il s’agit de Jean-Marc Piumi, médecin de son état, auteur-compositeur-interprète à ses heures perdues. « Un jour, il me fait écouter les morceaux qu’il a composés, en présence de Gérard Daguerre. Quand j’entend sa musique, je lui dis : Jean-Marc, on va faire un CD ! » Gérard Daguerre étant partant pour faire les arrangements musicaux, commence alors l’histoire du CD Et pourquoi pas. Jamais à court d’idées, l’entrepreneur fonde, en parallèle, Sogno Mio (mon rêve, en italien), une maison de production et d’édition musicale monégasque. « Avec Sogno Mio, je veux pouvoir produire des gens qui ne sont pas des artistes mais qui rêvent, comme moi, de faire les cons sur scène », explique-t-il.
Place à la salle Garnier
Pour se faire connaître, l’Italien organise le 3 octobre prochain une grande soirée à l’opéra Garnier de Monaco. Histoire de présenter l’album produit par sa maison de disques au grand public. Un opus « inclassable », où l’on retrouve les compositions de Jean-Marc Piumi ou encore la Tristezza interprétée par Andrea Solime, pilote chez Lamborghini et vice-champion italien en catégorie supertourisme. L’esprit de Et Pourquoi pas ?, Nicola Frassanito l’explique clairement dans l’une de ses chansons : « C’est l’histoire d’une rencontre, (…) le partage d’une passion, d’une inspiration d’amateurs qui donnent corps et vie à leurs rêves… »

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