vendredi 6 mars 2026
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Culture Sélection de juin 2024

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Dans Culture Sélection, Monaco Hebdo sélectionne pour vous le meilleur de la culture du moment. Retrouvez nos coups de cœur Blu-rays, livres, bandes-dessinées et musique.

Chien de la Casse, de Jean-Baptiste Durand

Jalousie. Dog (Anthony Bajon) et Mirales (Raphaël Quenard) passent une bonne partie de leurs journées à traîner dans les rues du Pouget (Hérault), un petit village du sud de la France. Mirales a pour habitude de se moquer de son ami, et il va souvent trop loin. Le reste du temps, il deale un peu et il s’occupe de sa mère, fatiguée psychologiquement. Plus réservé, Dog ne dit rien et se laisse faire. Mais l’arrivée d’Elsa (Galatea Bellugi) change tout. Elle choisit Dog, avec qui elle a une histoire d’amour, ce qui provoque la jalousie de Mirales. Pour son premier long métrage, Jean-Baptiste Durand évoque avec justesse cette jeunesse coincée entre une campagne qui se vide de ses habitants, et des banlieues où la tension n’est jamais très loin.
Chien de la Casse, de Jean-Baptiste Durand, avec Anthony Bajon, Raphaël Quenard, Galatea Bellugi (FRA, 2023, 1 h 33), 10 euros (DVD), 19,99 euros (Blu-ray, édition exclusive Fnac).

Daaaaaalí !, de Quentin Dupieux

Peintre. On le sait, Quentin Dupieux ne manque jamais d’imagination. Cette fois, il nous propose de suivre une jeune journaliste, Judith (Anaïs Demoustier) qui doit interviewer Salvador Dali (1904-1989). Pour incarner le peintre, Quentin Dupieux n’a pas lésiné sur les moyens, puisqu’il a mobilisé Gilles Lellouche, Edouard Baer, Jonathan Cohen, Pio Marmaï, et Didier Flamand. Malin, Daaaaaalí ! joue sur plusieurs tableaux et à différents niveaux. Quentin Dupieux fait l’éloge de Dali, sans hésiter à l’égratigner, parfois. Les travers du monde des stars sont aussi dénoncés, notamment à travers la prestation de Domain Duris, grimé en producteur délicieusement insupportable. Ce sont autant de bonnes raisons pour se précipiter sur Daaaaaalí !.
Daaaaaalí ! de Quentin Dupieux, avec Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Edouard Baer, Jonathan Cohen, Pio Marmaï, Didier Flamand, Romain Duris (FRA, 1 h 18, 2024), 19,99 euros (DVD), 19,99 euros (Blu-ray).

La Rivière, de Dominique Marchais

Gaves. C’est entre Pyrénées et Atlantique que Dominique Marchais a décidé de poser sa caméra pour s’intéresser aux gaves, ces rivières du Béarn mises en danger par les activités humaines. Face à l’assèchement qui guette, comment protéger la biodiversité ? Le documentariste Dominique Marchais filme celles et ceux qui travaillent à la préservation de cet écosystème, aujourd’hui lourdement menacé. L’auteur du Temps des grâces (2009), de la Ligne de partage des eaux (2014), et de Nul homme n’est une île (2018) questionne aussi des scientifiques, des pêcheurs, et des militants écologistes, pour tenter de comprendre. Ce qui est à la fois nécessaire et passionnant.
La Rivière de Dominique Marchais (documentaire, FRA, 2023, 1 h 44), 19,99 euros (DVD seulement, pas de sortie Blu-ray). Sortie le 2 juillet 2024.

La Zone d’Intérêt, de Jonathan Glazer

Auschwitz. Le quatrième film du cinéaste britannique Jonathan Glazer est aussi glaçant que réussi. Il utilise le hors-champ pour évoquer l’horreur de la guerre et des camps de concentration pendant la Deuxième Guerre mondiale. Pour cela, il raconte le quotidien banal de la famille du commandant historique d’Auschwitz-Birkenau, Rudolf Höss (Christian Friedel). Avec lui, son épouse, sa femme Hedwig (Sandra Hüller) règne sur sa maison et sur son personnel avec rigidité et distance. Leur maison est séparée du camp d’extermination par un simple mur, avec des barbelés. Jonathan Glazer ne montre jamais les horreurs qui se déroulent à l’intérieur du camp d’Auschwitz. Il utilise la bande son pour les matérialiser. Le réalisateur fait aussi appel à dix caméras fixes, installées à plusieurs endroits dans la maison, pour symboliser la rigueur qui y règne.
La Zone d’Intérêt de Jonathan Glazer, avec Sandra Hüller, Christian Friedel, Joha, Karthaus (GB/POL/E.-U., 2023, 1 h 45), 19,99 euros (DVD), 24,99 euros (Blu-ray), 29,99 euros (édition limitée Blu-ray 4K + Blu-ray). Sortie le 5 juillet 2024.

Aliène, de Phœbe Hadjimarkos Clarke

Aliène, de Phœbe Hadjimarkos Clarke

Chasseurs. Deuxième roman pour l’autrice franco-américaine Phœbe Hadjimarkos Clarke. Après Tabor (2021), elle raconte cette fois l’histoire de Fauvel, une jeune femme de 20 ans, éborgnée suite à un tir de lanceur de balles de défense (LBD). Après ce drame, elle s’isole dans une maison loin de tout, à la campagne. Là, elle s’occupe d’Hannah, une chienne clonée qui est à la source d’une bagarre avec les chasseurs du village. Aliène met en scène un conflit entre l’homme et l’animal. « Jamais l’assaillant n’est clairement nommé, jamais la cible n’est clairement identifiée. Fauvel sait être une proie, mais de qui ? », questionne l’éditeur sur la quatrième de couverture. Avec Aliène, Phœbe Hadjimarkos Clarke a remporté le prix du Livre Inter, et c’est amplement mérité.
Aliène de Phœbe Hadjimarkos Clarke (Éditions du Sous-Sol), 288 pages, 19,50 euros.

La Sainte Paix d’André Marois

La Sainte Paix d’André Marois

Cerfs. Lorsque Madeleine annonce à sa voisine Jacqueline qu’elle veut vendre sa maison de campagne pour s’installer en ville, Jacqueline ne le supporte pas. Impossible d’accepter que de nouveaux venus, ou pire encore, des loueurs saisonniers, ne viennent bousculer les habitudes bien établies de Jacqueline. Pour éviter cet insupportable scénario et préserver cette « sainte paix », Jacqueline décide d’assassiner Madeleine et de maquiller ce meurtre en suicide. Une mort violente devrait refroidir les éventuels acheteurs, et ainsi laisser à Jacqueline suffisamment de temps pour finir ses jours en toute quiétude. Le Québécois André Marois dépeint à la perfection cette vie à la campagne, emplie de cerfs et de braconniers, et il nous plonge dans un polar totalement jubilatoire.
La Sainte Paix d’André Marois (Héliotrope, « Noir »), 208 pages, 13 euros (format numérique), 19 euros (format papier).

Tremble la nuit, de Nadia Terranova

Tremble la nuit, de Nadia Terranova

Séisme. Après Gli anni al contrario (2015) et Addio fantasmi (2018), c’est le troisième roman de la Sicilienne Nadia Terranova. Née à Messine en 1978, elle installe son histoire après le tremblement de terre qui a touché Messine et Reggio de Calabre le 28 décembre 1908. Au milieu du chaos, on suit Barbara et Nicola, qui essaient de s’en sortir. À travers leurs récits, peu à peu, c’est l’espoir qui renaît. A Messine, Barbara voit ainsi l’occasion d’échapper à un mariage que son père cherchait à lui imposer, alors qu’elle souhaite fréquenter une université et écrire un roman. A Reggio de Calabre, Nicola n’existait presque plus, possédé par une mère à problèmes, qui pense constamment au diable. Il va enfin pouvoir s’émanciper. Entre Barbara et Nicola, le trait d’union est une voyante à l’accent français. Séisme ou pas, le sud de l’Italie est toujours debout, comme le montre ce livre remarquable.
Tremble la nuit de Nadia Terranova (Quai Voltaire), 192 pages, 22 euros.

La Fortune de Poutine, de Yvonnick Denoël et Gildas Java

La Fortune de Poutine, de Yvonnick Denoël et Gildas Java

Documentée. C’est un sujet qui a été finalement assez peu abordé jusqu’à présent. Les Bretons Yvonnick Denoël et Gildas Java publient une passionnante BD sur la fortune du président russe, Vladimir Poutine. Considéré comme l’un des hommes les plus riches de la planète, Poutine est aussi une personnalité très secrète. Voilà pourquoi le dessinateur Gildas Java a travaillé sur ce roman graphique avec un spécialiste du ren­seignement, Yannick Denoël, à qui l’on doit notamment Le livre noir de la CIA (2007) ou Les espions du Vatican (2021). Selon les services secrets occidentaux, la fortune de Poutine oscillerait entre 150 et 250 milliards d’euros, c’est-à-dire plus que des personnalités comme Elon Musk ou Bernard Arnault, estiment les auteurs de cette BD très documentée.
La Fortune de Poutine, de Yvonnick Denoël et Gildas Java (éditions du Nouveau Monde), 126 pages, 22,90 euros.

#DRCL : Midnight Children de Shin’ichi Sakamoto

#DRCL : Midnight Children de Shin’ichi Sakamoto

Epidémie. Une relecture du Dracula (1897) de Bram Stoker (1847-1912), c’est ce que propose le mangaka Shin’ichi Sakamoto. L’histoire débute à Londres, au XIXème siècle, en pleine épidémie de peste. S’il reste fidèle au roman de Bram Stoker, Shin’ichi Sakamoto se permet quelques ajouts, comme le personnage de Luke, qui n’est pas présent dans le Dracula d’origine. Il mélange Luke au personnage de Lucy, pour créer un être qui n’est ni homme, ni femme. Désormais la victime n’est plus uniquement une femme, mais Luke/Lucy, c’est-à-dire tout le monde. Dans ce manga, Shin’ichi Sakamoto crée un lien entre l’épidémie de peste et la pandémie de Covid-19 qui a frappé le monde en 2020. Après Innocent (2013-2015), une série dans laquelle il s’intéressait à la destinée violente d’une famille de bourreaux du XVIIIème siècle, Shin’ichi Sakamoto réussit avec brio son adaptation de Dracula.
#DRCL : Midnight Children (tome I) de Shin’ichi Sakamoto (Ki-oon), 242 pages, 7,95 euros.

Always Centered At Night, Moby

Voyage. Moby (Richard Melville Hall) signe un brillant retour avec ce Always Centered At Night, qui enchante dès la première écoute. On retrouve les envolées pop de Play (1999), le disque qui lui a ouvert le chemin du succès mondial. Depuis son premier album sobrement intitulé Moby (1992), Richard Melville Hall a été prolifique, puisque Always Centered At Night est son 22ème album studio. Difficile de dire que chacun de ces disques a été réussi, mais Always Centered At Night fait incontestablement partie de ceux qu’il faut sauver. Il suffit d’écouter l’excellent On Air, et de se laisser porter par la voix de Serpentwithfeet pour embarquer, et se laisser porter par le joli voyage que nous propose Moby. Uniquement composé de collaborations, Always Centered At Night brille aussi grâce à Transit, un titre sublime, magnifié par Gaidaa, qui rappelle le brillant Mezzanine (1998) de Massive Attack.
Always Centered At Night, Moby (Mute Records), 14,99 euros (CD), 28,99 euros (vinyle).

Daffodils & Dirt, Sam Morton

Enfance. On connaît Samantha Morton pour ses rôles au cinéma et à la télévision. Elle a fait ses débuts au cinéma dans Under the Skin (1997), avant de convaincre ensuite de grands réalisateurs, comme David Cronenberg, Steven Spielberg, Amos Gitaï, ou Darren Aronofsky, pour ne citer qu’eux. Pour se rapprocher de la musique, on l’a aussi vu dans Control (2007), un excellent biopic sur Joy Division, signé Anton Corbijn. Elle s’est également faite remarquer dans des séries à succès, comme The Walking Dead (2010-2022) et The Serpent Queen (2022). Cette fois, accompagnée du producteur Richard Russell, patron du label XL Recordings, elle sort son premier album. Les 12 titres sont minimalistes et mélancoliques. Sam Morton chante son enfance difficile, entre parents absents, foyers d’accueil, maltraitance et viols. Le résultat est bluffant. Et surtout, d’une beauté abyssale.
Daffodils & Dirt, Sam Morton (XL Recordings/Wagram), 10,99 euros (CD), 22,99 euros (vinyle).

I Hear You, Peggy Gou

House. On l’a vu le 26 mai 2024 sur le circuit de Formule 1 (F1) de Monaco. La DJ et productrice sud-coréenne Peggy Gou est de retour, mais dans les bacs cette fois. Connue pour quelques jolis coups d’éclats, comme (It Goes Like) Nanana (2023), cette star de la scène électronique de Séoul publie en effet son premier album. Pour accompagner cette sortie, elle a mis en ligne un premier single, 1+1 = 11. Le son de Peggy Gou est là, et il emprunte sans vergogne à la house music des années 1990 et 2000. Le clip de 1+1 =11 a pour réalisateur l’artiste contemporain Olafur Eliasson, qui n’hésite d’ailleurs pas à se lancer dans une délicieuse chorégraphie à cette occasion. Pour le reste, le son de Peggy Gou est là, toujours simple, efficace, et dansant, comme sur Lobster Téléphone, par exemple. Un peu plus loin Your Art et Back to One valent aussi le détour, même si l’ensemble de ce disque reste assez inégal.
I Hear You, Peggy Gou (XL Recordings), 10,99 euros (CD), 22,99 euros (vinyle).

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