Cofondateur de l’hôtel des ventes de Monte-Carlo (HVMC), Franck Baille est au cœur d’une controverse d’experts depuis sa découverte d’un carnet de 65 dessins attribués au peintre néerlandais Vincent Van Gogh (1853-1890). Cet expert en art est en tout cas en pleine enquête pour prouver l’authenticité de sa trouvaille. Jeudi 17 novembre, un ouvrage de Bogomila Welsh-Ovcharov, historienne de l’art canadienne, intitulé Vincent Van Gogh, le brouillard d’Arles : Carnet retrouvé a été publié par les éditions du Seuil (69 euros, 288 pages). Ces dessins, non signés, ont été réalisés non pas sur un carnet à dessin, mais sur un livre de comptes. Ce que l’on appelait un « brouillard », du Café de la Gare, un établissement où Van Gogh séjourna au crépuscule de sa vie. Simultanément, un fac similé des dessins sort en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Autre soutien de poids pour Baille : celui du spécialiste britannique du post-impressionnisme, Ronald Pickvance, qui affirme que ces dessins sont authentiques. Il affirme qu’il s’agit de « la découverte la plus révolutionnaire de l’histoire de l’oeuvre de Van Gogh ». Ce n’est pas l’avis du musée Van Gogh d’Amsterdam. Cette institution de référence a révélé son profond désaccord dès le 15 novembre. « Monotone, maladroit et sans esprit », il s’agirait d’« imitations » pour ce musée. « L’ouvrage édité a été rédigé par Bogomila Welsh et a reçu le soutien de Ronald Pickvance, considérés tous deux comme autorités incontestables sur la période de Van Gogh à Arles. Aujourd’hui, ce ne serait plus le cas ? s’interroge Franck Baille. On a surtout le sentiment du poids de l’institution. Une position établie sans avoir vu les dessins, malgré leurs dires. » Le cofondateur de HVMC réclame donc un débat entre experts et chercheurs. « Nous allons communiquer dans les semaines qui viennent pour dénoncer l’argumentation scientifique très légère de la fondation Van Gogh. Et surtout dévoiler au public des soutiens de poids », indique Franck Baille. Ces 65 dessins, conservés durant des années dans les archives comptables du Café de la Gare à Arles et détenu par une famille modeste, ont refait leur apparition en 2008 par l’entremise de Franck Baille qui a entendu parler de leur existence à l’occasion d’une partie de chasse. Convaincu que ce sont des dessins authentiques, il affirme vouloir mener sa démarche jusqu’au bout contre les « gardiens d’un temple qui voudrait garder leurs périmètres » Affaire à suivre, donc.
Controverse d’experts autour de dessins attribués à Van Gogh
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